L’Armée rouge poursuit sa grande manœuvre de libération de l’Ukraine et amorce une série d’opérations visant à reprendre la Crimée et à établir un pont stratégique vers les Balkans. L’Armée allemande, en pleine retraite désorganisée, tente de défendre la ligne du Dniestr et d’évacuer ce qui peut l’être en Crimée, sans grand succès.
Situation territoriale
L’URSS a totalement libéré la rive droite du Dniepr.
Les forces soviétiques atteignent le fleuve Dniestr et franchissent la frontière de la Roumanie dans plusieurs secteurs.
La Crimée, occupée depuis 1941, est attaquée par le nord (péninsule de Perekop) et par la côte orientale (débarquements). La Moldavie soviétique est en cours de libération.
Opérations majeures
- Offensive de Crimée (8 avril – 12 mai) :
- Attaque coordonnée des fronts du 4e et 3e Ukrainien.
- Percée à Perekop, débarquement à Kertch.
- Début de l’encerclement des forces allemandes et roumaines dans la péninsule.
- Suite de l’offensive Ouman-Botoșani : poussée soviétique dans le nord de la Roumanie.
- Fin de la bataille de Tarnopol : les Soviétiques prennent la ville après d’âpres combats (15 avril).
Pertes et forces en présence
- URSS :
- Pertes estimées à 80 000 – 100 000 hommes (tués, blessés) durant le mois.
- Forces engagées en Crimée : 470 000 soldats, 560 chars, 1 200 avions.
- Allemagne et Roumanie :
- Crimée : 230 000 soldats (dont ~120 000 Allemands, ~110 000 Roumains).
- Pertes lourdes durant l’évacuation ratée de Sébastopol (des dizaines de milliers de morts et prisonniers).
État du terrain
- La raspoutitsa (boue de printemps) ralentit l’offensive terrestre sur le front centre.
- En Crimée, le terrain sec et ouvert permet des avancées rapides une fois les défenses percées.
- L’Allemagne manque d’aviation pour couvrir ses troupes face à une supériorité aérienne soviétique nette.
Points d’accrochage et batailles
- Sébastopol : siège entamé à la fin du mois. Résistance acharnée, mais la ville est encerclée.
- Perekop : ligne fortifiée percée par le 4e Front ukrainien.
- Kertch : débarquement réussi du front côtier soviétique.
- Tarnopol : combats de rue prolongés avant la capitulation de la garnison allemande.
Résistances rencontrées
- Défense rigide allemande en Crimée, ordres de Hitler d’interdire toute retraite.
- Contre-attaques locales allemandes dans les Carpates pour protéger les routes vers la Hongrie et la Transylvanie.
- Les divisions roumaines, mal équipées, résistent mal et commencent à subir des pertes massives.
Succès soviétiques
- Percée de la Crimée : la péninsule est pratiquement reconquise à la fin du mois.
- Franchissement du Dniestr : plusieurs têtes de pont établies en territoire roumain.
- Avancée jusqu’à Iași (Jassy) : les avant-gardes soviétiques entrent en Moldavie.
Échecs soviétiques ou ralentissements
- Progression ralentie en Moldavie par le terrain et la logistique.
- Résistance allemande mieux organisée en Galicie et dans les contreforts des Carpates.
Décisions stratégiques
URSS :
- Poursuite de l’opération pour libérer la Crimée.
- Renforcement des fronts ukrainiens pour une future offensive vers la Hongrie et les Balkans.
- Ordre de stabiliser les lignes avancées et de préparer des axes logistiques en vue de l’été.
Allemagne :
- Tentatives d’évacuation de la Crimée (notamment par mer), ordonnées trop tardivement.
- Renforts envoyés en Galicie et en Transnistrie, notamment des divisions SS.
- Refus de Hitler de permettre le repli stratégique, menant à la perte de nombreuses troupes.
Perspectives
L’évacuation de la Crimée tourne au désastre.
L’Armée rouge est prête à poursuivre sa marche vers la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie.
La Wehrmacht est en position de plus en plus fragile au sud. Une nouvelle série de grandes offensives soviétiques se prépare pour l’été, avec en ligne de mire l’effondrement complet du front sud et central.