Alors que les Soviétiques viennent de pulvériser le Groupe d’armées Centre et d’atteindre la Pologne en juillet, le Stavka déclenche une série d’offensives pour libérer les Balkans. Le régime roumain de Ion Antonescu est sur le point de s’effondrer.
L’Allemagne est incapable de défendre simultanément la Prusse orientale, la Pologne, les Carpates, et les Balkans.
Situation territoriale
- Les Soviétiques ont solidement franchi la Vistule à plusieurs endroits (Sandomierz, Magnuszew).
- En Ukraine et en Moldavie, l’offensive Iași–Chișinău provoque l’effondrement total des armées allemandes et roumaines.
- La Roumanie change de camp le 23 août : renversement d’Antonescu, le pays se rallie à l’URSS.
- Les Soviétiques pénètrent dans la Transylvanie, la Bulgarie et menacent la Hongrie.
Opérations majeures
- Offensive Iași–Chișinău (20–29 août) :
- Menée par les 2e et 3e Fronts ukrainiens.
- Encerclement total du Groupe d’armées Sud Ukraine.
- Prise de Iași (21 août) et Chișinău (24 août).
- Destruction de plus de 20 divisions germano-roumaines.
- Coup d’État royal à Bucarest (23 août) :
- Le roi Michel fait arrêter Antonescu, déclare la guerre à l’Allemagne.
- Les troupes soviétiques sont invitées à entrer sans résistance.
- Entrée en Bulgarie (fin août) : préparation de l’occupation soviétique, sans combats majeurs.
Pertes et forces en présence
- URSS :
- Environ 130 000 pertes (tués/blessés) durant Iași–Chișinău.
- Forces engagées : 1,2 million d’hommes, 1 700 chars, 2 000 avions.
- Allemagne et Roumanie :
- Plus de 250 000 soldats allemands et roumains mis hors de combat (dont 180 000 capturés).
- Le Groupe d’armées Sud Ukraine est détruit.
- Début de la désintégration militaire allemande dans les Balkans.
État du terrain
- Conditions idéales pour la guerre de mouvement.
- Le terrain des Carpates est difficile, mais les forces soviétiques contournent les principales positions.
- La logistique soviétique est désormais hautement efficace grâce aux lignes ferroviaires restaurées.
Points d’accrochage et batailles
- Iași et Chișinău : tombent en quelques jours après percée initiale.
- Coupure de la retraite allemande vers la Hongrie : les forces piégées dans le Bugeac sont capturées.
- Bucarest : pas de bataille, les troupes allemandes sont désarmées ou chassées par les Roumains.
Résistances rencontrées
- Fortes poches de résistance allemandes au début de l’offensive, mais rapidement contournées.
- Tentative allemande de rétablir la ligne autour de la rivière Siret : échec.
- En Transylvanie, la résistance s’organise autour des troupes hongroises et allemandes repliées.
Succès soviétiques
- Changement de camp de la Roumanie : gain stratégique majeur.
- Destruction du Groupe d’armées Sud Ukraine.
- Ouverture d’un couloir vers la Yougoslavie, la Bulgarie et la Hongrie.
- Contrôle effectif de tout le bassin danubien jusqu’aux Carpates méridionales.
Échecs soviétiques ou ralentissements
- Progression ralentie en Transylvanie par les reliefs montagneux.
- L’insurrection de Varsovie éclatée le 1er août n’est pas soutenue par l’Armée rouge, stoppée sur la Vistule.
Décisions stratégiques
URSS :
- Poursuite de l’offensive vers la Hongrie, les Balkans et les Carpates.
- Organisation du contrôle politique de la Roumanie et de la Bulgarie.
- Maintien de l’attente devant Varsovie malgré l’insurrection (décision hautement controversée).
Allemagne :
- Tentatives désespérées de reformer une ligne défensive dans les Carpates et en Hongrie.
- Envoi de renforts en Yougoslavie, Budapest, et dans la vallée du Danube.
- Début d’un retrait stratégique désordonné des Balkans occidentaux.
Perspectives
Août 1944 marque l’effondrement du flanc sud du Reich.
L’Armée rouge est en position de franchir les Carpates, d’entrer en Hongrie, d’occuper la Bulgarie et d’approcher Belgrade.
La Roumanie est désormais un allié de l’URSS.
L’Allemagne perd un accès stratégique au pétrole roumain et doit maintenant défendre à la fois l’Est, les Balkans, l’Italie et la France.
Le front s’écroule dans toutes les directions.