La VIIᵉ Armée US et la 1ʳᵉ Armée française ont franchi le couloir du Rhône ; leur avant-garde s’étire désormais de la Saône à la Haute-Saône.
Deux faits dominent la journée :
- la prise complète de Dijon par des éléments de la 1ʳᵉ DB et des FFI (la ville avait été pénétrée la veille)
- la jonction officielle entre les forces venues de Provence (1ʳᵉ DFL) et celles de Normandie (2ᵉ DB) à Nod-sur-Seine, scellant l’unité du front allié en France
Avancées alliées le 12 septembre
Secteur ouest – 1ʳᵉ Armée française
La 1ʳᵉ DB achève de nettoyer Dijon ainsi que les ponts de la rive gauche de l’Ouche, tandis que la 3ᵉ DIA s’installe à Beaune et pousse ses reconnaissances jusqu’à Auxonne. Le manque de carburant bride toutefois toute exploitation immédiate vers la haute vallée de la Saône
Secteur centre – VIᵉ Corps US
- 3ᵉ DI : avant-gardes à Genlis (15 km au sud-est de Dijon) après avoir traversé la rivière Norge.
- 36ᵉ DI : libère Vesoul dans l’après-midi, capturant 400 prisonniers et ouvrant la RN 19 vers Lure
- 45ᵉ DI : protège le flanc est le long de l’Ognon, en direction de Luxeuil.
Jonction Overlord-Dragoon
À 16 h 30, sur la RN 71, le peloton du capitaine Guérard (1ʳᵉ DFL) serre la main du capitaine Gaudet (2ᵉ DB).
L’événement symbolise la réunion des deux fronts français après moins d’un mois de campagne
Opposition et réactions allemandes
Les arrière-gardes de la 11ᵉ Panzerdivision mènent des contre-attaques locales (coups de sonde blindés sur la RN 74 et à l’ouest de Vesoul) avant de décrocher vers la trouée de Belfort . Des détachements de la 198ᵉ DI tentent de barrer les ponts sur la Saône, tous détruits avant leur repli.
Difficultés rencontrées le 12 septembre
- Carburant : VI Corps consomme ~100 000 gallons/jour l’avance roule « sur la réserve » et siphonne un gros dépôt saisi à Besançon trois jours plus tôt
- Ponts détruits : tous les grands ouvrages sur la Saône et l’Ognon sont soufflés ; les divisions passent sur ponts Bailey limités à un char Sherman à la fois, ce qui échelonne la 3ᵉ DI et ralentit la 1ʳᵉ DB
- Chaîne logistique étirée : 450 km séparent les plages varoises du front ; les routes saturées de GMC et de réfugiés allongent chaque navette de munitions et de vivres
- Arrière-gardes mobiles : la 11ᵉ Panzer applique la tactique des « coupures souples », retardant le génie et couvrant la retraite vers la ligne des Vosges.
Bilan à la tombée du jour
- Dijon est totalement dégagée et devient la nouvelle base de commandement de la 1ʳᵉ Armée.
- Vesoul marque la limite nord de la poussée américaine ; le VI Corps se réarticule pour franchir la Moselle.
- La jonction Nod-sur-Seine signe la fin de la phase de poursuite : le front unique des forces françaises se met en place du Cotentin aux Alpes.
Lieu de mémoire
Le mémorial de la jonction des armées à Nod-sur-Seine (Côte-d’Or) commémore l’accolade du 12 septembre 1944 entre 1ʳᵉ DFL et 2ᵉ DB.
Une stèle sur la D 971 porte l’inscription : « Ici s’est faite la jonction de l’Armée de Lattre et de la Division Leclerc ».