La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

L’attentat du cinéma Rex, survenu le 28 septembre 1943 à Paris, constitue l’une des actions les plus audacieuses menées par les Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI), un groupe de résistants composé majoritairement d’immigrés engagés dans la lutte contre l’occupant nazi.

Déroulement de l’événement et circonstances

Le 28 septembre 1943, des membres du groupe FTP-MOI, sous la direction de Missak Manouchian, ont organisé une attaque contre une soirée de propagande allemande au cinéma Rex, situé boulevard Poissonnière à Paris.

L’objectif était de frapper un symbole de l’occupation allemande en plein cœur de la capitale.

L’attaque a causé la mort de plusieurs officiers nazis présents dans la salle.

 Cet acte spectaculaire a démontré la capacité de la Résistance parisienne à agir avec audace et détermination, même dans des lieux fortement surveillés par l’ennemi.

Héros et victimes

Parmi les résistants impliqués dans cette opération figuraient des membres du groupe Manouchian, tels que Marcel Rajman, Leo Kneler, Spartaco Fontanot et Celestino Alfonso.

Leur courage et leur engagement ont été salués, mais cette action a également entraîné une répression accrue de la part des autorités allemandes et de la police française.

De nombreux membres des FTP-MOI ont été arrêtés dans les semaines suivantes, conduisant à l’exécution de 23 d’entre eux au Mont Valérien le 21 février 1944, événement tristement célèbre sous le nom de “l’Affiche rouge”.

Conséquences

L’attentat du cinéma Rex a eu des répercussions significatives. Il a renforcé la détermination des résistants et a inspiré d’autres actions contre l’occupant.

Cependant, il a également entraîné une intensification de la répression, avec des arrestations massives et des exécutions.

La propagande nazie a exploité ces événements pour tenter de discréditer la Résistance, notamment à travers la diffusion de l’Affiche rouge, qui présentait les résistants comme des “terroristes étrangers”.

Lieux de mémoire

Plusieurs lieux à Paris et en Île-de-France rendent hommage aux membres du groupe Manouchian et aux actions des FTP-MOI :

  • Rue du Groupe Manouchian (Paris 20e) : Inaugurée en 1955, cette rue honore la mémoire du groupe.
  • Jardin Olga Bancic (Paris 11e) : Nommé en 2013 en l’honneur de la seule femme du groupe exécutée, ce jardin rappelle son engagement et son sacrifice.
  • Carré des Fusillés au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine : Ce carré accueille les sépultures de plusieurs membres du groupe, dont Missak Manouchian.
  • Mémorial du Mont Valérien (Suresnes) : Ce site commémore les résistants fusillés, avec une cloche monumentale portant les noms des 1 008 fusillés identifiés.

Références bibliographiques

  • Le Sang de l’étranger – Les immigrés de la MOI dans la Résistance, par Stéphane Courtois, Denis Peschanski et Adam Rayski, Éditions Fayard, 1989.Cet ouvrage retrace l’histoire des FTP-MOI, mettant en lumière le rôle crucial des immigrés dans la Résistance française. Il offre une analyse approfondie des actions menées, des motivations des combattants et des conséquences de leurs engagements.
  • Ils étaient juifs, résistants, communistes, par Annette Wieviorka, Éditions Perrin, 2018. Annette Wieviorka explore le parcours de résistants juifs engagés dans la lutte contre l’occupant nazi, en particulier au sein des FTP-MOI. L’ouvrage met en évidence les enjeux identitaires et politiques de leur engagement.
  • Testament, par Boris Holban, Éditions Calmann-Lévy, 1989. Boris Holban, ancien chef militaire des FTP-MOI à Paris, livre un témoignage personnel sur les actions de la Résistance, les dilemmes moraux et les trahisons internes. Son récit offre une perspective unique sur les événements de l’époque.

Références internet

Lumni – Missak Manouchian : le combattant des FTP-MOI
https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000005978/missak-manouchian-et-les-heros-de-l-affiche-rouge-4-morts-pour-la-france.html Cette ressource pédagogique retrace le parcours de Missak Manouchian, leader des FTP-MOI, et son rôle dans les actions de la Résistance, y compris l’attentat du cinéma Rex.

Musée de la Résistance en ligne https://museedelaresistanceenligne.org/media11008-Gustava-Puterflam Ce site présente des documents et témoignages sur les actions des FTP-MOI, notamment l’attentat du cinéma Rex. Il met en lumière le rôle de résistants tels que Gustava Puterflam, qui a échappé aux arrestations de 1943 et participé à l’insurrection parisienne en août 1944.

Fondation Gabriel Péri https://gabrielperi.fr/ftp-moi/ La fondation propose des archives et des études sur les FTP-MOI, offrant un éclairage sur leur engagement et les répressions subies. Elle met à disposition des portraits de résistants et des documents historiques relatifs à leurs actions.

Photo

La façade du cinéma Grand Rex, lieu de l’attentat du 28 septembre 1943, demeure un symbole de la Résistance parisienne et de l’audace des FTP-MOI.

Façade du Cinéma Rex

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