La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La création de la Tchécoslovaquie par le traité de Versailles et les traités associés

La Tchécoslovaquie fut créée à la fin de la Première Guerre mondiale, dans le cadre du démantèlement des Empires centraux — en particulier de l’Empire austro-hongrois.

Sa naissance ne résulte pas uniquement du traité de Versailles (signé le 28 juin 1919), mais aussi de plusieurs autres traités complémentaires, notamment le traité de Saint-Germain-en-Laye (1919) et le traité de Trianon (1920).

Contexte historique

À l’issue de la Première Guerre mondiale, les Alliés souhaitent affaiblir les anciens empires autoritaires (Allemagne, Autriche-Hongrie, Empire ottoman) et redessiner la carte de l’Europe selon le principe des nationalités, inspiré des « Quatorze Points » de Wilson, président des États-Unis.

L’Empire austro-hongrois, vaincu et morcelé, cède la place à plusieurs nouveaux États : l’Autriche, la Hongrie, la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie, qui est proclamée à Prague le 28 octobre 1918, avant même la signature des traités.

Traités ayant officialisé la création de la Tchécoslovaquie

1. Traité de Saint-Germain-en-Laye (10 septembre 1919)

  • Signé entre les Alliés et l’Autriche.
  • Reconnaît officiellement l’indépendance de la Tchécoslovaquie, formée des anciennes terres de la Bohême, de la Moravie, de la Silésie autrichienne (ancienne Autriche) et de la Slovaquie et de la Ruthénie subcarpathique (issues du royaume de Hongrie).
  • L’Autriche renonce à toute prétention sur les populations tchèques et slovaques.

2. Traité de Trianon (4 juin 1920)

  • Signé entre les Alliés et la Hongrie.
  • La Hongrie cède officiellement la Slovaquie et la Ruthénie subcarpathique à la Tchécoslovaquie.
  • Ce traité, très mal accepté par la Hongrie, est à l’origine de tensions persistantes entre les deux pays.

Composition du nouvel État

La Tchécoslovaquie devient une république parlementaire unitaire. Elle regroupe plusieurs groupes ethniques :

  • Tchèques
  • Slovaques
  • Allemands (surtout dans les Sudètes)
  • Hongrois (au sud de la Slovaquie)
  • Ruthènes
  • Juifs et autres minorités

Environ 30 % de la population n’était pas tchèque ou slovaque, ce qui posera rapidement des problèmes d’intégration et de revendications autonomistes, notamment de la part des Allemands des Sudètes.

Statut international et garanties

  • Les grandes puissances (France, Royaume-Uni, États-Unis) reconnaissent le nouvel État.
  • La France, notamment, en fait un pilier de son système d’alliances en Europe centrale pour contenir l’Allemagne.
  • La Société des Nations accepte la Tchécoslovaquie comme membre dès 1920.

Conséquences et enjeux à long terme

  • La Tchécoslovaquie devient un des États les plus industrialisés d’Europe centrale.
  • Elle représente un modèle de démocratie parlementaire, du moins jusqu’à la montée des tensions dans les années 1930.
  • Mais son caractère multinational et ses minorités mécontentes la rendent vulnérable à l’influence extérieure, notamment allemande et hongroise.
  • En 1938, lors des Accords de Munich, ces failles seront exploitées par Hitler pour démanteler l’État tchécoslovaque.

Les accords de Munich.

Les Accords de Munich, signés les 29 et 30 septembre 1938, constituent un tournant majeur dans l’histoire européenne de l’entre-deux-guerres.

Ils ont permis à l’Allemagne nazie d’annexer les Sudètes, une région tchécoslovaque peuplée majoritairement d’Allemands, sans opposition militaire des puissances occidentales.

Contenu des Accords de Munich

Les Accords de Munich prévoyaient :

  • L’évacuation des Sudètes par les troupes tchécoslovaques entre le 1er et le 10 octobre 1938.
  • L’occupation progressive de la région par les troupes allemandes, selon un calendrier précis.
  • La création d’une commission internationale pour déterminer les modalités de l’évacuation et de l’occupation.
  • La tenue éventuelle de plébiscites dans certaines zones pour déterminer leur appartenance future.
  • Le droit d’option pour les habitants souhaitant changer de nationalité.

Ces dispositions ont été prises sans la participation de la Tchécoslovaquie, qui n’était pas invitée à la conférence.

Contexte et circonstances de la signature

La conférence de Munich s’est tenue dans un climat de tension extrême. Après l’annexion de l’Autriche (Anschluss) en mars 1938, Hitler revendiquait les Sudètes, menaçant d’une guerre si ses exigences n’étaient pas satisfaites. Pour éviter un nouveau conflit, les dirigeants français et britanniques ont accepté de négocier.

Les signataires étaient :

  • Adolf Hitler pour l’Allemagne
  • Neville Chamberlain pour le Royaume-Uni
  • Édouard Daladier pour la France
  • Benito Mussolini pour l’Italie

Le but principal des signataires occidentaux était de préserver la paix en Europe, tandis qu’Hitler cherchait à étendre le territoire allemand.

Présence de l’Italie aux accord de Munich.

Benito Mussolini était présent aux Accords de Munich pour plusieurs raisons, tant diplomatiques que stratégiques. Son rôle fut celui d’un intermédiaire supposé impartial, mais en réalité, il servit largement les intérêts d’Adolf Hitler.

1. Volonté d’affirmer l’Italie comme puissance diplomatique européenne

Mussolini cherchait à positionner l’Italie fasciste comme une grande puissance capable de peser sur les affaires européennes. En participant à la conférence de Munich, il montrait que l’Italie ne devait pas être ignorée dans les grands arbitrages du continent.

2. Apparence de médiation entre l’Allemagne et les démocraties

Mussolini se présenta comme un médiateur de bonne volonté, proposant un plan censé éviter la guerre. Ce plan, en réalité préparé à Berlin, fut simplement transmis par lui aux autres participants, renforçant l’illusion qu’il agissait pour la paix.

Cette mise en scène permit aux Britanniques et aux Français de justifier leur capitulation diplomatique, en prétendant qu’une solution négociée « grâce à Mussolini » avait été trouvée.

3. Soutien idéologique et stratégique à Hitler

En réalité, Mussolini et Hitler étaient déjà engagés dans une alliance de fait, renforcée par la guerre d’Espagne (où leurs troupes soutenaient Franco) et par leur opposition commune aux démocraties libérales.

Sa présence visait aussi à renforcer l’Axe Rome-Berlin, formalisé un an plus tard par le pacte d’Acier (1939).

4. Renforcer sa stature personnelle

Sur le plan intérieur, Mussolini utilisait sa participation à Munich pour redorer son image et se présenter comme un pacificateur européen. Cela renforçait sa propagande, fondée sur le mythe d’un Duce capable d’imposer sa volonté aux grandes puissances.

Conséquences des Accords de Munich

Les Accords de Munich ont eu plusieurs conséquences majeures :

  • Affaiblissement de la Tchécoslovaquie : la perte des Sudètes a privé le pays de ses principales défenses naturelles et de ressources industrielles importantes.
  • Renforcement de l’Allemagne : l’annexion des Sudètes a permis à Hitler de renforcer sa position stratégique et économique.
  • Crédibilité des démocraties occidentales entamée : la politique d’apaisement a été perçue comme une faiblesse, encourageant Hitler à poursuivre son expansion.
  • Préparation insuffisante à la guerre : la France et le Royaume-Uni ont perdu un temps précieux pour renforcer leurs armées.

Forces militaires en présence en 1938

En 1938, les forces militaires des principaux pays européens étaient les suivantes :

  • Allemagne :
    • Armée de métier : environ 1 million d’hommes
    • Blindés : environ 2 600
    • Aviation : environ 2 690 appareils
  • France :
    • Armée de métier : environ 0,75 million d’hommes
    • Blindés : environ 2 400
    • Aviation : environ 784 appareils
  • Royaume-Uni :
    • Armée de métier : environ 0,4 million d’hommes
    • Blindés : environ 600
    • Aviation : environ 2 086 appareils

Malgré une supériorité numérique en certains domaines, la France et le Royaume-Uni ont choisi de ne pas intervenir militairement.

Lieux de mémoire

Il n’existe pas de lieu de mémoire spécifique en France dédié aux Accords de Munich. Cependant, le bâtiment où les accords ont été signés, le Führerbau à Munich, est aujourd’hui le siège de la Hochschule für Musik und Theater München. La salle où les accords ont été signés est toujours accessible et constitue un lieu de mémoire important.

Références bibliographiques

Munich 1938 – La paix impossible, par Maurizio Serra, Éditions Perrin, 2024. Cet ouvrage retrace en détail les deux journées de la conférence de Munich, en analysant les motivations des différents acteurs et les conséquences de leurs décisions.

La tragédie tchécoslovaque. De septembre 1938 à mars 1939, par Pierre Buk, Éditions du Sagittaire, Paris, 1939. Ce livre offre une perspective tchécoslovaque sur les événements, en mettant en lumière les conséquences des accords sur le pays.

Offensive allemande en Europe, par Gabriel Louis-Jaray, Éditions Sorlot, Paris, 1939. L’auteur analyse la stratégie allemande d’expansion en Europe, en commençant par les Accords de Munich.

Références internet

Chemins de mémoire : https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/de-la-conference-de-munich-la-seconde-guerre-mondiale

Ce site officiel du ministère des Armées français propose une analyse détaillée des Accords de Munich et de leurs conséquences sur la Seconde Guerre mondiale.

BnF Essentiels : https://essentiels.bnf.fr/fr/image/6a87b9cf-436d-439e-bea2-51f69a9c01b4-accords-munich-1

La Bibliothèque nationale de France offre une présentation synthétique des Accords de Munich, accompagnée de documents d’époque.

Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Munich

L’article fournit une vue d’ensemble complète des Accords de Munich, incluant le contexte, les détails de l’accord, et les réactions internationales.

Les Accords de Munich signature par Neville Chamberlain

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