Jacques BINGEN est né le 16 mars 1908 à Paris (16ᵉ arrondissement) et est décédé le 13 mai 1944 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
Issu d’une famille juive d’origine italienne, Jacques BINGEN est le fils de Gustavo Bingen, financier. Après des études au lycée Janson-de-Sailly, il obtient son baccalauréat avec mention en 1924 et 1925. Il intègre ensuite l’École des Mines de Paris, dont il sort diplômé en 1931, et complète sa formation à l’École libre des sciences politiques.
En 1929, il préside la section française de l’Exposition universelle de Barcelone. Il effectue son service militaire dans l’artillerie en tant qu’élève officier de réserve en 1930-1931.
Engagement dans la Résistance
Mobilisé en 1939 en tant que lieutenant de réserve, Jacques BINGEN sert comme officier de liaison auprès de la 51ᵉ division écossaise.
Blessé au combat le 12 juin 1940 à Saint-Valéry-en-Caux, il parvient à échapper à la capture et rejoint l’Angleterre en juillet 1940. Il se présente au général de Gaulle le 23 juillet 1940 et s’engage dans la France libre.
Dès son arrivée à Londres, Jacques BINGEN est chargé de diriger les services de la Marine marchande de la France libre.
En août 1942, il rejoint le Bureau central de renseignement et d’action (BCRA) et devient adjoint de Louis Vallon à la tête de la section Non Militaire (NM).
Il travaille en étroite collaboration avec Jean Moulin pour unifier les mouvements de Résistance.
Le 16 août 1943, il est parachuté en France en tant que délégué du Comité français de la Libération nationale (CFLN) pour succéder à Jean Moulin.
Il joue un rôle clé dans la création du Conseil national de la Résistance (CNR) et dans l’unification des Forces françaises de l’intérieur (FFI).
Arrestation/évasion
Le 12 mai 1944, Jacques BINGEN est arrêté par la Gestapo en gare de Clermont-Ferrand, suite à la trahison de l’agent double belge Alfred Dormal.
Il parvient à s’évader brièvement en assommant deux de ses gardiens, mais est rapidement repris.
Pour ne pas risquer de révéler des informations sous la torture, il se suicide en ingérant une capsule de cyanure.
Camarades de combat
Jacques BINGEN collabore étroitement avec des figures majeures de la Résistance, telles que Jean Moulin, Louis Vallon, Claude Bouchinet-Serreulles, Pierre Brossolette et Georges Bidault.
Décorations
- Compagnon de la Libération (décret du 10 janvier 1945)
- Chevalier de la Légion d’honneur
- Croix de guerre 1939-1945 avec deux citations
Rues ou lieux de mémoire
- Une rue porte son nom dans le 17ᵉ arrondissement de Paris.
- Un timbre à son effigie a été émis en 1958 dans la série “Héros de la Résistance”.
Références bibliographiques
- “Jean Moulin, La République des catacombes”, Daniel Cordier, Gallimard, 1999.
Cet ouvrage retrace le rôle de Jean Moulin et évoque la collaboration étroite avec Jacques BINGEN dans l’unification de la Résistance. - “La Résistance, une histoire périlleuse”, Laurent Douzou, Points-Seuil, 2005.
L’auteur analyse les enjeux et les tensions au sein de la Résistance, en mentionnant les contributions de Jacques BINGEN.
Références internet
- Ordre de la Libération Fiche détaillée sur Jacques BINGEN, incluant sa biographie et ses actions dans la Résistance.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jacques-bingen - Fondation de la Résistance Portrait de Jacques BINGEN, mettant en lumière son engagement et ses missions.
https://www.fondationresistance.org/pages/rech_doc/jacques-bingen_portrait33.htm - Mines Paris – PSL Hommage à Jacques BINGEN, ancien élève de l’École des Mines, et présentation de son parcours dans la Résistance.
https://www.minesparis.psl.eu/blog/evenements/engagement-et-resistance-hommage-a-jacques-bingen/
Portrait de Jacques BINGEN, Compagnon de la Libération.
