La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La « Saint-Barthélemy grenobloise » désigne une opération de répression particulièrement violente menée par les forces nazies et leurs collaborateurs français (notamment la Gestapo, le SD et des miliciens) à Grenoble, le 29 novembre 1943.

Le terme, emprunté à la Saint-Barthélemy de 1572 — massacre de masse à l’époque des guerres de religion — est utilisé pour souligner la brutalité et la volonté d’extermination ciblée des responsables de la Résistance iséroise.

Contexte de l’opération

En 1943, Grenoble est l’un des foyers les plus actifs de la Résistance intérieure française. La ville, située à proximité du Vercors, héberge de nombreux mouvements : Combat, Libération, Franc-Tireur, ainsi que des réseaux de renseignement. Elle est aussi un centre universitaire et industriel, propice au recrutement de résistants. Ce dynamisme attire la surveillance constante de l’occupant allemand.

Le 29 novembre 1943, en représailles à l’assassinat d’un officier allemand et à la montée des actions de sabotage et de renseignement, les nazis lancent une opération éclair : des unités de la Gestapo, du SD (Sicherheitsdienst, service de sécurité SS) et de la Milice française procèdent à des arrestations et exécutions ciblées dans Grenoble.

Ce jour-là, plusieurs responsables de la Résistance locale sont arrêtés, abattus dans la rue ou exécutés sommairement. Les forces de répression disposent de listes précises de résistants, fruit de dénonciations ou d’infiltrations. Les assassinats sont menés de façon brutale et rapide, sans procès.

Parmi les victimes les plus connues figure Jean BISTÉSI, chef départemental du mouvement Combat, tué en pleine rue à la sortie de l’Institut d’électrochimie de Grenoble.

Objectifs de l’opération

  • Décapiter la Résistance locale en éliminant ses chefs.
  • Démoraliser la population grenobloise, très favorable à la Résistance.
  • Rétablir un climat de terreur à l’approche de la libération.

Cet événement marque profondément la mémoire grenobloise.

Il renforce paradoxalement la détermination de nombreux jeunes à s’engager dans les maquis du Vercors et du Trièves.

La ville de Grenoble, pour son rôle dans la Résistance et les épreuves subies, recevra en 1945 la Croix de la Libération, une des seules six communes françaises à recevoir cette distinction.

Références bibliographiques

  • André Gueslin, Les facs sous Vichy : Étudiants, universitaires et Universités de France, éditions Belin, 1985, Cet ouvrage aborde la situation des universités françaises sous le régime de Vichy. Il consacre un passage important à l’engagement de professeurs et d’étudiants dans la Résistance. Jean BISTÉSI y est cité comme exemple d’enseignant résistant, exécuté par les nazis à Grenoble.
  • Jean-Pierre Husson (dir.), Grenoble, une ville en résistance, 1940-1944, Éditions du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, 2004,Ouvrage collectif richement illustré qui retrace l’histoire de la Résistance à Grenoble. Jean BISTÉSI y figure parmi les principaux responsables du mouvement Combat, avec une description de ses actions, ses pseudonymes et les circonstances précises de sa mort.
  • Emmanuel Saint-Fuscien, Combattre. Une anthropologie historique de la guerre moderne (XIXe-XXIe siècles), Seuil, 2022,Cet ouvrage, plus général, évoque brièvement Jean BISTÉSI dans le contexte de l’organisation de la Résistance scientifique et technique. Il est cité dans un chapitre sur les savants résistants, notamment ceux engagés dans l’électrochimie.
  • Maitron, dictionnaire biographique, Le Maitron des Fusillés 1940-1944, sous la direction de Jean-Pierre Besse et Thomas Pouty, éditions de l’Atelier, 2015,la fiche biographique consacrée à Jean BISTÉSI est précise, documentée à partir des archives de Grenoble. On y trouve ses identités clandestines, son rôle dans Combat, et les conditions exactes de son exécution.

Références internet

  • Maitron – Dictionnaire des Fusillés (1940-1944) Ce site propose une fiche biographique détaillée de Jean BISTÉSI, avec ses pseudonymes, les dates clés de son engagement, son rôle dans le mouvement Combat en Isère et le récit précis de son exécution le 29 novembre 1943. https://fusilles-40-44.maitron.fr/spip.php?article159163
  • Ville de Grenoble – Page « La Résistance à Grenoble » Cette page retrace l’organisation des mouvements résistants grenoblois. Jean BISTÉSI y est mentionné comme figure centrale, avec un passage sur la Saint-Barthélemy grenobloise. Une photographie de la plaque commémorative qui lui est dédiée est également disponible.
    https://www.grenoble.fr/536-la-resistance.htm
  • Wikipédia – Article « Jean Bistési » L’article présente les grandes lignes de la vie de Jean BISTÉSI, son parcours universitaire, son engagement dans le mouvement Combat, et les détails de son assassinat. Il est bien sourcé, notamment à partir du Maitron et d’ouvrages universitaires. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bist%C3%A9si
  • Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère Le site du musée propose des dossiers sur les grandes figures de la Résistance en Isère. Bien que Jean BISTÉSI n’ait pas encore de page entièrement dédiée, il est mentionné dans les ressources consacrées au mouvement Combat et à la répression de novembre 1943. Le musée possède également une plaque à son nom visible dans l’exposition permanente. https://museedelaresistanceenligne.org

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