François Marie Dominique LESCURE, né le 23 avril 1920 à Paris (16e), mort le 13 avril 1992 à Paris
François Marie Dominique Lescure grandit à Paris dans une famille où la vie intellectuelle et l’engagement politique tiennent une place importante. Il est le fils de l’écrivain Pierre de Lescure et de Marie de Gentile. Avant la guerre, il s’implique dans le milieu des organisations de jeunesse, puis rejoint les étudiants communistes en 1938 et adhère au Parti communiste en 1939. Il obtient un diplôme de professeur de français à l’étranger et effectue un séjour en Angleterre à l’été 1939.
Dès l’entrée en guerre et l’interdiction des organisations communistes, il participe à la clandestinité étudiante communiste en région parisienne. Dans les premiers mois de 1940, avec d’autres responsables étudiants, il contribue au lancement de La Relève, organe clandestin des étudiants communistes, ce qui l’inscrit d’emblée dans une Résistance de propagande et d’organisation, structurée autour de la diffusion d’imprimés clandestins.
Son engagement s’articule autour de l’organisation clandestine des étudiants communistes (Union des étudiants et lycéens communistes / Union des étudiants communistes selon les sources), dont la direction parisienne reconstituée agit en milieu universitaire. Les sources convergent pour situer François Lescure, avec Francis Cohen et Suzanne Djian, parmi les animateurs de ce noyau clandestin au début de l’Occupation.
En 1940-1941, il occupe une position singulière, combinant clandestinité et présence dans des structures étudiantes légales, ce qui facilite la production et la circulation d’écrits clandestins. Il prend part aux premières mobilisations universitaires contre l’Occupation, notamment autour des événements de novembre 1940.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté le 3 décembre 1940 lors d’un coup de filet visant des étudiants communistes parisiens, il est libéré le jour même et poursuit une activité de “sous-marin” dans les organisations légales, jusqu’à ce que la répression l’oblige à quitter Paris fin 1941. Il se replie à Grenoble sous faux papiers, reprend ensuite contact avec l’organisation clandestine et assume des responsabilités de jeunesse en région Rhône-Alpes.
En 1944, arrêté près de la frontière franco-espagnole, il est relâché et rejoint, à l’été 1944, un groupe FFI auquel il participe dans le canton de La Chartre-sur-le-Loir avant de regagner Paris après la Libération.
Camarades de combat
Ses principaux compagnons d’action identifiables dans les sources consultées, pour la phase de lancement et de diffusion de La Relève et l’animation clandestine étudiante, sont Francis Cohen et Suzanne Djian. La documentation situe ce trio dans la direction parisienne clandestine étudiante et dans la reconstitution de l’organe clandestin La Relève.
Retour à la vie civile
Après 1945, il devient permanent des organisations de jeunesse communistes, puis journaliste à L’Humanité à partir de 1946. Il occupe ensuite des postes de responsabilité, notamment à France-Nouvelle, et reste journaliste jusqu’à la fin de sa vie.
Décorations
Une nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur est rapportée pour 1991. Cette information apparaît dans une source biographique (qui mentionne explicitement une remise en avril 1991) et est reprise par Wikipédia ; la consultation en ligne de la base Léonore n’a pas permis d’identifier, dans les conditions de recherche du jour, une notice nominative accessible confirmant le décret. L’information est donc retenue comme vraisemblable mais non confirmée par une notice Léonore consultable en ligne.
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire nominatif (voie publique, établissement, plaque) n’a été retrouvé dans les bases officielles consultées en ligne au moment de la recherche.
Références bibliographiques
Dictionnaire historique de la Résistance, François Marcot (dir.), Robert Laffont (coll. Bouquins), 2006. Ouvrage de référence permettant de replacer les trajectoires individuelles dans les grandes séquences et débats historiographiques de la Résistance. Utile ici pour contextualiser le rôle du milieu étudiant, la place des premières manifestations parisiennes et les articulations entre initiatives gaullistes, communistes et patriotiques. Il aide à distinguer mémoire militante et reconstitutions critiques.
Les bataillons de la jeunesse, Albert Ouzoulias, Éditions sociales, 1967.
Récit et mise en perspective d’un acteur communiste sur la Résistance des jeunes, avec de nombreux éléments sur les formes d’action, l’encadrement et la répression. Le lecteur y trouve un cadre utile pour comprendre la clandestinité étudiante, l’usage des tracts et journaux, et la montée vers l’action armée. À croiser avec des travaux plus récents pour l’analyse critique.
1940, un autre 11 novembre, Maxime Tandonnet, Tallandier, 2009.
Étude consacrée à la manifestation du 11 novembre 1940 et à ses enjeux mémoriels. Le livre permet d’appréhender la diversité des acteurs, les modalités d’appel, et la façon dont l’événement a été revendiqué après-guerre. Il apporte une narration structurée, utile pour situer les engagements étudiants dans l’automne 1940.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne Analyse d’un numéro de La Relève (28 juillet 1941) et rappel du contexte de reconstitution clandestine du titre dès 1940 autour d’étudiants parisiens. La notice donne un point d’appui explicite sur l’existence du journal clandestin et cite François Lescure parmi les animateurs identifiés.
https://museedelaresistanceenligne.org/media10803-Appel-aux-tudiants-iLa-Relve-i-28-juillet-1941
Germe-inform (biographie issue d’un travail prosopographique, avec mention d’une source Maitron et Cahiers du Germe) Notice détaillée sur François Lescure : naissance, parcours militant, clandestinité étudiante, arrestations, repli, rôle en 1944 et carrière après-guerre. Le contenu est riche et argumenté, mais relève d’un site de recherche associatif/universitaire : à utiliser comme synthèse et guide de repérage, en recoupant avec bases officielles quand elles sont accessibles.
https://www.germe-inform.fr/?p=279
Wikipédia Notice de synthèse reprenant les grandes étapes du parcours (milieu étudiant, La Relève, arrestations, carrière à L’Humanité) et mentionnant une décoration en 1991. Utile comme aide au repérage, mais à croiser avec des bases officielles et des publications de référence. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Lescure
Dossier d’homologation consulté : non – cote SHD
Aucune cote nominative de dossier d’homologation n’a été identifiée dans les sources consultées en ligne au moment de la recherche.
Observations L’orthographe “François Lescure” et la forme complète “François Marie Dominique Lescure” sont concordantes dans les sources consultées. La question de la Légion d’honneur en 1991 est signalée par des sources secondaires accessibles en ligne, mais n’a pas été confirmée par une notice Léonore nominative consultable le jour de la recherche ; elle est donc présentée comme vraisemblable et à confirmer ultérieurement par un accès direct aux instruments officiels (décret nominatif ou dossier Léonore/Grande Chancellerie).
Indice de fiabilité de la notice Niveau A
Les informations reposent sur plusieurs sources concordantes, notamment le Musée de la Résistance en ligne, les travaux d’Alexandre Courban, le GERME et diverses études historiques consacrées à la Résistance étudiante.
Sources consultées
- Musée de la Résistance en ligne : notice photographique et renseignements sur l’UNEF.
- GERME : biographie détaillée et activités clandestines.
- Wikipédia : parcours général et carrière journalistique.
- Mémoire Vive de la Résistance : notice individuelle.
- Maitron : vérifications complémentaires.