Jacques TROLLEY de PRÉVAUX, né le 2 avril 1888 à Paris, France, mort le 19 août 1944 à Bron, Rhône, France. Nationalité française.
La notice de l’Ordre de la Libération, permet de documenter précisément sa formation. Fils d’un professeur de droit de l’Institut catholique de Lille, Jacques Trolley de Prévaux fait ses études au collège Saint-Joseph de Lille, puis prépare le concours de l’École navale, où il est reçu en 1906. Sorti dans les premiers rangs, il suit ensuite l’école d’application sur le Duguay-Trouin.
Sa carrière militaire avant 1940 est déjà importante. Officier de marine, puis officier d’aéronautique navale, il commande le centre de dirigeables de Marquise-Rinxent pendant la Première Guerre mondiale, ce qui lui vaut déjà la Croix de guerre et la Légion d’honneur.
Après-guerre, il passe par le cabinet du ministre de la Marine, commande La Diligente, dirige le centre d’aéronautique navale de Cuers-Pierrefeu, sert comme attaché naval à Berlin, commande l’Altaïr à Shanghai, puis prend en 1938 le commandement du croiseur Duguay-Trouin.
Engagement dans la Résistance
Au moment de l’armistice, il se trouve à Alexandrie avec la flotte française. Rapatrié à Toulon en novembre 1940, il devient président du tribunal maritime de Toulon en juillet 1941.
C’est dans ce cadre qu’il entre en contact, à Toulon, avec le réseau de renseignements F2 en novembre 1941. Mis en disponibilité par l’amiral Darlan à la mi-décembre 1941 en raison de ses sympathies résistantes, il s’engage alors plus franchement dans l’action clandestine sous le pseudonyme Vox.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Son appartenance au réseau franco-polonais F2 est parfaitement établie.
L’Ordre de la Libération et le Musée de la Résistance en ligne le présentent comme un membre très actif du réseau, d’abord informateur chargé de la Marine, puis chef du sous-réseau Anne dans la zone méditerranéenne. Wikipédia et la synthèse générale sur F2 confirment qu’il prend la tête de ce sous-réseau à la mi-mai 1943.
Missions et actions
Dans un premier temps, il fournit aux Alliés des renseignements maritimes de première importance sur la marine ennemie. Après les arrestations qui frappent le réseau lors de l’occupation de la zone Sud, il participe activement à la reconstruction du dispositif F2 en 1943.
À partir de la mi-mai 1943, il dirige le sous-réseau Anne, couvrant Toulon, Nice et Marseille, soit un espace décisif pour le renseignement naval, les transports allemands vers l’Afrique, les mouvements d’unités navales, la surveillance des aérodromes et les travaux de fortification.
Les sources insistent sur son sens de l’organisation, sa mobilité clandestine et son mépris du danger, malgré une santé déficiente.
La reconnaissance britannique de ces services est explicite : les informations qu’il transmet à Londres sont jugées suffisamment importantes pour lui valoir la Distinguished Service Order.
En France, son action est ensuite consacrée par sa nomination posthume comme Compagnon de la Libération.
Arrestation / évasion / déportation
Le 29 mars 1944, reconnu par les Allemands comme chef de réseau, Jacques Trolley de Prévaux est arrêté avec sa seconde épouse, Lotka, elle aussi engagée dans F2. Incarcéré au fort Montluc à Lyon, il est torturé mais ne compromet aucun de ses camarades et assume sur lui la responsabilité du réseau.
Le 19 août 1944, il est fusillé avec son épouse dans les bois de Bron.
Camarades de combat
Les sources le montrent en relation avec les cadres du réseau F2, notamment Gilbert Foury alias Edwin, auquel il succède à la tête d’Anne, ainsi qu’avec son épouse Lotka Trolley de Prévaux, membre active de l’organisation.
Son nom figure aussi dans les messages d’hommage adressés par de Gaulle à plusieurs responsables du réseau F2 à l’automne 1943.
Retour à la vie civile
Exécuté avant la Libération, sa mémoire est immédiatement intégrée au panthéon résistant et militaire. Il est nommé contre-amiral le 16 avril 1945 avec effet rétroactif, puis Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 18 janvier 1946. Son corps repose à la nécropole nationale de la Doua à Villeurbanne.
Décorations
- Commandeur de la Légion d’honneur, décret non retrouvé dans cette recherche, décoration confirmée par l’Ordre de la Libération.
- Compagnon de la Libération, décret du 18 janvier 1946, Journal officiel non retrouvé dans cette recherche, décoration confirmée par l’Ordre de la Libération.
- Croix de guerre 1914-1918, décret non retrouvé dans cette recherche, décoration confirmée par l’Ordre de la Libération.
- Croix de guerre 1939-1945, décret non retrouvé dans cette recherche, décoration confirmée par l’Ordre de la Libération.
- Distinguished Service Order, Royaume-Uni, décret non retrouvé dans cette recherche, décoration confirmée par l’Ordre de la Libération.
- Virtuti Militari, Pologne, décret non retrouvé dans cette recherche, décoration confirmée par l’Ordre de la Libération.
Lieux de mémoire
Son corps repose à la nécropole nationale de la Doua. Le nom de Jacques Trolley de Prévaux a aussi donné lieu à plusieurs hommages recensés par Wikipédia, notamment une rue à Paris, une avenue à Toulon et d’autres inscriptions mémorielles ; ces éléments secondaires mériteraient un contrôle archivistique local si l’on voulait en dresser une liste exhaustive.
Références bibliographiques
Aude Yung-de Prévaux, Un amour dans la tempête de l’histoire : Jacques et Lotka de Prévaux. Ouvrage central pour la biographie croisée du couple, fréquemment cité dans les notices récentes sur Jacques et Lotka.
Jean Medrala, Les Réseaux de renseignements franco-polonais 1940-1944. Référence essentielle pour replacer l’action de Jacques Trolley de Prévaux dans la structure et la chronologie du réseau F2.
Références internet
Ordre de la Libération. Notice biographique détaillée de niveau A, utilisée ici comme source principale sur la carrière, l’engagement, l’arrestation et les distinctions. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jacques-trolley-de-prevaux
Musée de la Résistance en ligne. Notice contextuelle rappelant la direction du sous-réseau Anne et les circonstances de l’arrestation et de l’exécution. https://museedelaresistanceenligne.org/media5974-Jacques-Trolley-de-Prvaux
Wikipédia. Notice détaillée utile pour compléter la carrière, la mémoire publique et certaines décorations, avec recoupement institutionnel quand cela a été possible. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Trolley_de_Pr%C3%A9vaux
Mémoire Vive de la Résistance, « Réseau F2 ». Fiche de réseau consultée pour la vérification préalable MVR. https://mvr.asso.fr/le-reseau-f2-par-francis-agostini/
Des cotes d’archives SHD sont signalées dans l’appareil documentaire associé à sa notice, notamment GR 16 P 295731, GR 28 P 4 409 6, AC 21 P 660148 et AC 21 P 164189. Elles n’ont pas été consultées directement dans cette recherche en ligne.
Observations
Aucune divergence biographique majeure n’a été relevée sur les dates de naissance, de décès et le rôle de chef du sous-réseau Anne. En revanche, certaines décorations étrangères sont surtout détaillées par Wikipédia ; elles ont été retenues seulement lorsqu’une source institutionnelle en confirmait au moins l’existence.
Sources consultées le 26 avril 2026
Ordre de la Libération, notice Jacques Trolley de Prévaux : état civil, réseau F2, sous-réseau Anne, arrestation, décès, décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jacques-trolley-de-prevaux
Musée de la Résistance en ligne, notice Jacques Trolley de Prévaux : photographie, contexte historique, réseau F2, sous-réseau Anne. https://museedelaresistanceenligne.org/media5974-Jacques-Trolley-de-Prvaux
Wikipédia, Jacques Trolley de Prévaux : page biographique détaillée, mémoire, bibliographie. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Trolley_de_Pr%C3%A9vaux
FranceArchives, fonds privé Jacques Trolley de Prévaux : signalement archivistique. https://francearchives.gouv.fr/findingaid/a8bcadd5ac0afe1969d2c65df33c2261687a1730
Photo retrouvée pour Jacques Trolley de Prévaux sur le Musée de la Résistance en ligne, source Musée de l’Ordre de la Libération.