André Charles Adrien TOLLET, né le 1er juillet 1913 à Paris (XIVe arrondissement), mort le 24 décembre 2001 à Paris (XVe arrondissement), français.
André Tollet naquit dans une famille de petits commerçants parisiens. Après l’école primaire, il entra dans la vie professionnelle comme apprenti tapissier puis exerça comme ouvrier dans l’ameublement. Il découvrit très jeune le syndicalisme révolutionnaire et adhéra en 1928 à la Confédération générale du travail unitaire, puis aux Jeunesses communistes. Il assuma rapidement des responsabilités dans les organisations syndicales du bois et de l’ameublement de la région parisienne.
Avant la guerre, il suivit une formation militante à Moscou et devint l’un des cadres du syndicalisme communiste parisien. Mobilisé en 1939, il fut ensuite arrêté en raison de son activité communiste, interné en France puis transféré dans des camps en Algérie.
Engagement dans la Résistance
Libéré d’Algérie au début de l’année 1943, André Tollet revint clandestinement en métropole. Il fut chargé de réorganiser les syndicats de la région parisienne et participa au rapprochement des tendances communiste et confédérée de la Confédération générale du travail.
Il prit part aux négociations qui aboutirent aux accords du Perreux, conclus le 17 avril 1943 entre les représentants clandestins des deux courants syndicaux. Ces accords restaurèrent l’unité de la Confédération générale du travail et donnèrent au syndicalisme une représentation commune au sein de la Résistance.
Appartenance à un réseau ou mouvement
André Tollet appartenait à la Résistance communiste et syndicale. Il participa au Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France et aux structures clandestines de la Confédération générale du travail.
En septembre 1943, lors de la constitution du Comité parisien de la Libération, il y représenta l’Union des syndicats de la région parisienne. Il en devint le président au printemps 1944. Le comité rassemblait les mouvements de Résistance, les organisations syndicales et les principaux partis clandestins de la capitale.
Missions et actions
À la tête du Comité parisien de la Libération, André Tollet participa à la préparation politique et matérielle de l’insurrection. Le comité devait coordonner les organisations résistantes, préparer la reprise des administrations municipales, assurer le ravitaillement de la population et représenter l’autorité républicaine au moment de la libération de la capitale.
En août 1944, André Tollet soutint le déclenchement de la grève générale et participa à l’installation du Comité parisien de la Libération à l’Hôtel de Ville. Il travailla avec le Conseil national de la Résistance, l’état-major régional des Forces françaises de l’intérieur et le colonel Henri Rol-Tanguy. Il contribua ainsi à donner à l’insurrection une direction civile et politique distincte du commandement militaire.
Après l’arrivée de la 2e division blindée et la capitulation allemande du 25 août 1944, le Comité parisien de la Libération participa à la remise en fonctionnement des services publics et des municipalités de la Seine.
Arrestation / évasion / déportation
Avant son retour clandestin en métropole, André Tollet avait été détenu dans plusieurs camps d’internement français puis algériens en raison de son activité communiste.
Il ne fut pas arrêté pendant sa mission à la tête du Comité parisien de la Libération et survécut aux combats de la Libération de Paris.
Camarades de combat
Au sein du Comité parisien de la Libération, André Tollet travailla notamment avec André Carrel, Georges Marrane, Marie-Hélène Lefaucheux, Léo Hamon et Roger Deniau. Dans la Résistance syndicale, il fut en relation avec Benoît Frachon, Louis Saillant et Robert Bothereau.
Pendant l’insurrection, il coopéra avec Henri Rol-Tanguy et les responsables civils et militaires de la Résistance parisienne.
Retour à la vie civile
André Tollet siégea à l’Assemblée consultative provisoire en 1944 et 1945 comme représentant du Front national et du Comité parisien de la Libération. Il entra au bureau confédéral de la Confédération générale du travail, où il siégea de 1945 à 1951.
Il poursuivit ensuite une longue activité syndicale, politique et mémorielle. Il publia plusieurs ouvrages sur la Résistance ouvrière, la presse syndicale clandestine et son propre parcours. Il présida également l’Association des amis du Musée de la Résistance nationale.
Décorations
- Médaille de la Résistance française avec rosette par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 source Ordre de la Libération
Lieux de mémoire
Une esplanade André-Tollet se trouve place de la République à Paris, lieu emblématique des mobilisations populaires et syndicales auxquelles son parcours demeure associé.
Le Musée de la Résistance nationale et le Musée de la Résistance en ligne conservent des photographies et documents relatifs à André Tollet et au Comité parisien de la Libération.
Références bibliographiques
André Tollet, La Classe ouvrière dans la Résistance, Paris, Éditions sociales, 1969. Cet ouvrage présente le rôle des ouvriers, des syndicats et des militants clandestins dans la Résistance et permet de comprendre la conception qu’André Tollet avait de l’insurrection parisienne.
André Tollet, Le Souterrain, Paris, Éditions sociales, 1974. Ce récit revient sur les structures clandestines communistes et syndicales de la région parisienne.
André Tollet et Jean-Claude Poitou, Les « V.O. » de la nuit. La Vie ouvrière clandestine, 1940-1944, Paris, Éditions de la Vie ouvrière, 1984. L’ouvrage retrace la fabrication et la diffusion clandestines de La Vie ouvrière.
Charles Riondet, Le Comité parisien de la Libération, 1943-1945, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017. Cette étude analyse la composition du comité, sa présidence par André Tollet et son rôle institutionnel avant, pendant et après l’insurrection.
Références internet
Le Maitron. La notice « Tollet André, Charles, Adrien » fournit son état civil, sa profession, son parcours syndical et communiste, ses responsabilités dans la Résistance et son activité après la Libération.
https://maitron.fr/tollet-andre-charles-adrien/
Musée de la Résistance en ligne. La notice consacrée à André Tollet décrit son milieu familial, son apprentissage, son engagement syndical et sa présidence du Comité parisien de la Libération.
https://museedelaresistanceenligne.org/media4643-Andr-Tollet
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote nominative certaine du Service historique de la Défense n’a été retrouvée au cours des présentes recherches.
Observations
Le Musée de la Résistance en ligne donne dans le texte indexé l’année de naissance 1903, tandis que le Maitron, l’état civil repris par les sources biographiques et les notices de référence retiennent le 1er juillet 1913. Cette dernière date est retenue.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — L’identité, la profession, le militantisme syndical, la participation aux accords du Perreux, la présidence du Comité parisien de la Libération et le rôle joué pendant l’insurrection sont établis par plusieurs sources concordantes, dont le Maitron et le Musée de la Résistance en ligne.
Chronologie
| Date | Événement |
| 1er juillet 1913 | Naissance à Paris (XIVe arrondissement). |
| 1928 | Adhésion à la Confédération générale du travail unitaire. |
| 1939-1942 | Mobilisation, arrestation et internement en France puis en Algérie. |
| Début de 1943 | Retour clandestin en métropole. |
| 17 avril 1943 | Participation au processus d’unification syndicale des accords du Perreux. |
| Septembre 1943 | Entrée au Comité parisien de la Libération. |
| Printemps 1944 | Présidence du Comité parisien de la Libération. |
| 19-25 août 1944 | Direction civile de l’insurrection et de la Libération de Paris. |
| 1944-1945 | Membre de l’Assemblée consultative provisoire. |
| 1945-1951 | Membre du bureau confédéral de la Confédération générale du travail. |
| 24 décembre 2001 | Mort à Paris (XVe arrondissement). |
Sources consultées
Le Maitron, notice « Tollet André, Charles, Adrien », a fourni l’état civil, la profession, les engagements syndicaux et politiques, le parcours résistant et les responsabilités exercées après la Libération.
https://maitron.fr/tollet-andre-charles-adrien/
Le Musée de la Résistance en ligne, notice « André Tollet », a apporté des renseignements sur son enfance, son métier, son militantisme et la présidence du Comité parisien de la Libération.
https://museedelaresistanceenligne.org/media4643-Andr-Tollet