La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Stand de tir de Montmuzard (Dijon)

Le stand de tir de Montmuzard, à Dijon, a servi de principal lieu d’exécution par fusillade des condamnations capitales prononcées par les autorités d’occupation entre le 31 août 1940 et le 31 juillet 1944.

Le premier exécuté est identifié comme Louis (Paul) Frizot, ouvrier agricole condamné pour sabotage et fusillé le 31 août 1940.

Au total, cent vingt-six hommes, résistants condamnés à mort par des tribunaux militaires (Feldkommandantur 669, puis juridictions SS au début de 1944) ou otages, y sont passés par les armes.

Les exécutions sont effectuées par des pelotons allemands sur les pas de tir du site, avant l’inhumation des corps au cimetière des Péjoces, dans un « carré des fusillés ».

À compter d’août 1944, les Allemands cessent d’utiliser Montmuzard et déplacent les exécutions vers des lieux périphériques comme le Bois du Roy, à Chevigny-Saint-Sauveur.

Circonstances

Dijon, siège d’importants services d’occupation, connaît dès l’été 1940 une répression judiciaire rapide contre les premiers actes de refus.

La pratique des condamnations capitales s’inscrit d’abord dans le cadre des tribunaux militaires allemands et de la Feldkommandantur 669, puis se durcit en 1944 avec la tenue d’un « tribunal SS » dans la salle des États du palais des ducs.

Le 29 février 1944, quinze résistants de l’Auxois sont condamnés à mort et fusillés à l’aube du 1er mars au stand de Montmuzard, en trois salves de cinq.

L’usage répressif de Montmuzard vise explicitement à terroriser la population et les réseaux locaux ; cependant, les témoignages contemporains soulignent que ces exécutions suscitent l’indignation et ne brisent pas l’élan des maquis et groupes urbains.

Acteurs et figures marquantes

Les forces d’occupation allemandes (Wehrmacht, puis services de sûreté) organisent la procédure et les mises à mort ; la Gestapo à Dijon comprend plusieurs sections actives dans l’instruction et le transfert des condamnés. Côté résistants, de nombreuses appartenances sont attestées : FTPF, FFI (maquis Bernard/Compagnie Vercingétorix), réseaux civils et militaires.

Parmi les victimes identifiées du 1er mars 1944 figurent, notamment,

Les dossiers « Mort pour la France » conservés au Service historique de la Défense (cotes GR 16 P et AC 21 P) confirment ces identifications.

Victimes

Le bilan s’établit à 126 fusillés entre 1940 et 1944, chiffre stabilisé par les croisements entre les notices du Maitron, la documentation de la Fondation de la Résistance (Musée de la Résistance en ligne) et les synthèses locales (CNSRD 21).

Parmi ces victimes figurent des otages et une majorité de résistants condamnés pour sabotages, attaques, hébergement d’armes ou d’agents, et « activité de franc-tireur ».

— 7 mars 1942 (4 normaliens et un camarade, fusillés comme otages) :

— 6 juillet 1942 :

— 26 mai 1943 :

condamnés par le tribunal de guerre allemand et exécutés au stand de Montmuzard ; recoupement des notices individuelles (Maitron) et de la documentation du Musée (Montluc → Dijon, inhumation aux Péjoces).

— 1ᵉʳ mars 1944 – « les quinze de l’Auxois » (affaire Werner) : liste nominative publiée par le Musée de la Résistance en ligne, avec renvoi aux cotes SHD ;

Survivants

Le lieu est par définition celui de l’exécution ; les survivances se lisent surtout dans les parcours des proches, des camarades de détention et des témoins de la prison de la rue d’Auxonne et de Montluc, dont les témoignages ont nourri après-guerre la connaissance fine des procédures et des transferts.

Les commémorations et collectes mémorielles locales (témoignages filmés, dossiers associatifs) permettent de saisir ces voix.

Conséquences

À court terme, les fusillades à Montmuzard visent l’intimidation ; elles s’accompagnent de vagues d’arrestations et d’une propagande d’occupation.

Elles n’empêchent pas la reprise des sabotages et l’essor des maquis de Côte-d’Or et du Morvan.

Après-guerre, les exécutions de Montmuzard deviennent un pivot de la mémoire civique dijonnaise avec la création d’un mur des fusillés, l’institution d’un carré des fusillés aux Péjoces, des cérémonies annuelles et une pédagogie municipale et départementale soutenue.

Mémoire et lieux commémoratifs

Le site est aujourd’hui matérialisé par le « mur des fusillés » à proximité de l’ancien stand de Montmuzard, rue Jean-Moulin / rond-point du 8-Mai-1945, portant l’inscription « Ici 126 patriotes ont été fusillés 1940-1945 ».

Le cimetière des Péjoces conserve un carré dédié aux fusillés de Montmuzard.

La Ville de Dijon et les associations mémorielles tiennent des commémorations régulières ; des supports pédagogiques municipaux et départementaux, ainsi que des expositions (Archives départementales de la Côte-d’Or, 2024–2025), intègrent l’histoire du site.

Références bibliographiques

Références internet

Appellations

Appellation principale confirmée : « stand de tir de Montmuzard » (Dijon, Côte-d’Or). Lieu de mémoire actuel : « mur des fusillés » (rue Jean-Moulin / rond-point du 8-Mai-1945). Périmètre temporel retenu par les sources : 31 août 1940 – 31 juillet 1944. À partir d’août 1944, les exécutions sont déplacées hors du site, notamment au « Bois du Roy » (Chevigny-Saint-Sauveur).

Divergences signalées

Les sources consultées convergent sur le bilan de 126 fusillés et sur l’intervalle 1940–1944 ; des variantes ponctuelles d’état civil ou d’orthographe de victimes apparaissent entre bases (ex. prénoms composés, homonymies), corrigées par les cotes « Mort pour la France » du SHD ; ces écarts ont été signalés par le Musée de la Résistance en ligne dans ses notices nominatives.

Avertissement sur homonymies

Homonymies fréquentes pour certains patronymes (Menestrier/Ménestrier ; Guillier/Guilier ; Carrière/Carrière Charles né 1904/1911 selon bases). La validation des identités repose sur le croisement Maitron – SHD – Mémoire des Hommes.

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