La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale est « SR Air », pour Service de renseignement de l’Armée de l’air. Les sources utilisent également « réseau SR Air ». Il s’agit d’un service clandestin de renseignement militaire reconstitué après la défaite de 1940 autour d’officiers de l’Armée de l’air.

Le réseau doit être distingué de plusieurs organisations issues ou proches de lui, notamment Samson et les différents groupes régionaux désignés par des noms de code tels que Villon.

Création du réseau

Le colonel Georges RONIN entreprend dès l’été 1940 de reconstituer clandestinement un service de renseignement aérien. Paul BADRÉ indique dans son témoignage conservé au Service historique de la Défense que la reconstitution est « semi-clandestine » et qu’elle commence peu après l’armistice. Des contacts avec les services britanniques sont établis dès février-mars 1941.

La mission est de recueillir des renseignements militaires sur l’aviation, les aérodromes, les installations allemandes, les unités et les défenses, puis de les transmettre aux Alliés.

Organisation interne

Le SR Air fonctionne par secteurs régionaux et groupes spécialisés. Les agents collectent les données ; des liaisons assurent leur transmission vers les centrales. Des radios clandestines sont progressivement utilisées pour communiquer directement avec Londres et Alger.

Le réseau SR-Air Villon, actif dans la région Montpellier–Nîmes, constitue un exemple documenté. Il collecte des informations sur les forces allemandes et utilise des postes émetteurs-récepteurs clandestins. Gérard HUBIÈRE y devient technicien-radio en août 1943.

Le SHD conserve un dossier général « Réseau SR Air et SR Marine », cote GR 28 P 3 123, comprenant notamment états d’agents et propositions de citations.

Actions menées pendant la Résistance

Les missions portent sur les terrains d’aviation, mouvements d’appareils, défenses antiaériennes, radars, emplacements militaires, unités et travaux allemands. Les agents doivent répondre aux questionnaires transmis par la centrale et fournir des observations précises.

Les renseignements transmis aux Alliés permettent de préparer ou d’affiner certaines opérations aériennes contre des objectifs militaires. Le groupe Villon en fournit un exemple précis.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le SR Air entretient des contacts avec l’Intelligence Service britannique. Il travaille également avec des mouvements de Résistance, notamment Ceux de la Libération. Robert MASSON est recruté en 1941 et sert de liaison avec ce mouvement avant de créer plus tard le réseau Samson.

Après le débarquement allié en Afrique du Nord et les réorganisations successives des services français, certaines composantes sont intégrées dans les structures de renseignement de la France combattante puis de la DGSS.

Chefs et figures marquantes

Georges RONIN est l’organisateur central du SR Air après la défaite de 1940.

Paul BADRÉ participe à la reconstitution du service et au recrutement des agents. Son témoignage de 1976 est conservé au SHD.

Robert MASSON rejoint le SR Air en 1941 puis devient une figure importante du renseignement clandestin et fonde le réseau Samson. Il survit à la guerre.

André DUTHILLEUL, alias Oscar, exerce des fonctions opérationnelles importantes. Arrêté en décembre 1943, il est déporté et meurt en mai 1945 après l’évacuation de Neuengamme.

Pierre PONTAL dirige le groupe SR-Air Villon jusqu’à son arrestation le 4 juin 1944.

Victimes et morts

Le réseau subit arrestations, exécutions et déportations. Pierre DOUCET, agent de SR Air 40 en Normandie, est arrêté le 14 décembre 1942 et fusillé au Mont-Valérien le 28 mai 1943.

André DUTHILLEUL meurt le 2 mai 1945 lors de la catastrophe du Thielbek, après avoir été déporté à Neuengamme.

Survivants identifiés

Robert MASSON et Gérard HUBIÈRE figurent parmi les agents ayant survécu à la guerre.

Fin du réseau

Le SR Air cesse d’exister sous sa forme clandestine avec la Libération et la réorganisation des services spéciaux français. Ses agents et archives sont intégrés aux structures de renseignement de la France libérée.

Conséquences et mémoire

Le SR Air représente l’une des principales continuités clandestines des services militaires français après 1940. Ses archives sont aujourd’hui conservées notamment au Service historique de la Défense et aux Archives nationales.

Fiabilité A — excellente.

Références bibliographiques

Le SR Air Jean BÉZY, France-Empire, Paris, 1979, 318 p.

Mes missions au clair de lune Robert MASSON, Éditions de la Pensée moderne, 1975.

Les réseaux de Résistance de la France combattante. Dictionnaire historique Stéphane LONGUET et Nathalie GENET-ROUFFIAC (dir.), Economica, 2013.

Références internet

Service historique de la Défense témoignage de Paul Badré concernant la reconstitution et l’activité du SR Air. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/628380

Service historique de la Défense dossier général SR Air et SR Marine, cote GR 28 P 3 123.

Chemins de mémoire présentation du réseau SR-Air Villon et de l’activité radio de Gérard Hubière. https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/un-poste-emetteur-recepteur-mk-v

Sources consultées —

MVR ; Maitron ; Fondation de la Résistance ; Musée de la Résistance en ligne ; Mémoire des Hommes ; Ordre de la Libération ; Gallica/BnF ; SHD ; Archives nationales ; Chemins de mémoire ; Centre régional Résistance & Liberté.

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