La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

SOLDEVILA Jaume

Jaume SOLDEVILA [« Jaïme », « Jaime » à l’état civil, « Jacques » en français], né le 26 avril 1906 à Escart (province de Lérida, Espagne), mort le 21 février 1998 à Toulouse (Haute-Garonne)

Originaire d’Escart, dans la province de Lérida, Jaume Soldevila s’établit en France avant-guerre.

Il épouse en 1931, à Granges-sur-Lot (Lot-et-Garonne), Generosa Cortina, également originaire de la province de Lérida.

 Les éléments d’état civil et la trajectoire familiale sont établis par le groupe de recherches local de Castelmaurou/Gragnague, qui a travaillé sur les biographies liées au bois de la Reulle.

Installé en Haute-Garonne, il s’implique dans l’aide aux évadés et dans les liaisons. Les sources locales et prosopographiques indiquent son appartenance à la filière SOL du réseau belge « Jean » et un rattachement P1 au réseau français « Françoise ». Ces indications recoupent la notice individuelle publiée par le Maitron.

Il opère dans des réseaux d’évasion et de liaison alliés : filière SOL du réseau « Jean » (belge) et réseau « Françoise » (français). La notice individuelle du Maitron confirme l’identification et les variantes de son identité civile, et situe son action dans le tissu résistant toulousain.

Ses activités couvrent l’accueil, la cache et l’acheminement de personnes recherchées, ainsi que des liaisons au service de réseaux transfrontaliers actifs entre le Sud-Ouest et l’Espagne. Les travaux locaux restituent son rôle d’agent de filière et de liaison, en continuité avec l’intense activité transpyrénéenne du printemps 1944 autour de Toulouse.

Arrestation / évasion /

Arrêté et emprisonné à la prison Saint-Michel de Toulouse, il est extrait le 27 juin 1944 avec d’autres détenus.

Conduit au bois de la Reulle, à la limite de Castelmaurou et Gragnague, il parvient à s’évader au moment de la mise en place du peloton d’exécution qui assassine quinze résistants.

Blessé, il se cache et survivra.

Le 19 septembre 1944, il dépose à la gendarmerie de Verfeil, ce témoignage permettant la découverte du charnier de la clairière du bois de la Reulle et l’identification des victimes.

Ces faits sont établis par la notice événementielle et la notice individuelle du Maitron, par la reproduction municipale de la notice, ainsi que par les synthèses associatives.

Camarades de combat

Sa trajectoire croise celles des résistants toulousains extraits de Saint-Michel le 27 juin 1944 (Joseph Guillaut, Noël Pruneta, Pierre Cartelet, Claude Charvet, Marcel Joyeux, Jean-Baptiste Giorgetti, entre autres).

Il appartient au groupe de détenus remis à la Sipo-SD puis au détachement de la division « Das Reich » déployé à Castelmaurou.

Retour à la vie civile

Rescapé, Jaume Soldevila demeure en Haute-Garonne et décède à Toulouse le 21 février 1998. Les sources locales documentent ce parcours postérieur, tandis que son épouse Generosa Cortina, arrêtée en même temps que lui, a été déportée à Ravensbrück et en est revenue.

Décorations

Aucune décoration française ou étrangère n’a été retrouvée dans les bases officielles consultées (Ordre de la Libération – section Médaille de la Résistance, Base Léonore, Mémoire des Hommes). L’absence est notée au vu des recherches nominales publiques.

Lieux de mémoire

La clairière et la stèle du bois de la Reulle commémorent chaque année l’exécution du 27 juin 1944 et mentionnent le rôle du survivant dont le témoignage a permis la découverte de la fosse.

Les associations mémorielles toulousaines (Mémorial François-Verdier, groupe de recherches du bois de la Reulle) inscrivent son nom dans leurs présentations et cérémonies.

Références bibliographiques

  • Les Fusillés 1940-1944. Dictionnaire biographique, Claude Pennetier (dir.), Éditions de l’Atelier, 2015. Ouvrage-référence issu du Maitron : notices événementielles et individuelles sur les exécutions et massacres, sources et bibliographie. La fusillade du bois de la Reulle y est traitée en détail, avec renvois aux victimes et au survivant.
  • Toulouse pendant la Seconde Guerre mondiale, collectif, Presses universitaires du Midi, 2019. Synthèse du contexte toulousain 1940-1944 : réseaux, Sipo-SD, prison Saint-Michel et répression de l’été 1944. L’ouvrage permet d’inscrire l’évasion de Jaume Soldevila dans la dynamique locale de juin-juillet 1944. Wikipédia
  • La mémoire en bandoulière. Les fusillés du bois de la Reulle, Groupe de recherches des fusillés du bois de la Reulle, 2017.
    Publication locale appuyée sur archives, enquêtes et identifications (y compris ADN) ; restitue les biographies des victimes et du survivant, et documente la genèse des commémorations.

Références internet

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