Situation militaire sur le front de l’Est au 1er Juillet 1943 – J+740 de l’opération Barbarossa
Le front de l’Est entre dans une phase critique. L’Union soviétique a pris l’ascendant stratégique depuis la fin de l’année 1942, et 1943 s’annonce comme l’année du basculement définitif.
Au 1er juillet, la situation est calme en apparence, mais c’est une accalmie trompeuse : les deux camps ont massé d’immenses forces autour du saillant de Koursk, et une bataille décisive s’y prépare.
La Wehrmacht s’apprête à lancer l’opération Citadelle, qui sera la dernière grande offensive allemande sur le front de l’Est.
Progrès effectués et territoires acquis
Depuis la fin des combats de mars, la ligne de front n’a quasiment pas bougé. L’Armée rouge contrôle un vaste saillant en forme d’arc autour de la ville de Koursk, bordé au nord par Orel, au sud par Belgorod et Kharkov. La ligne du front s’est figée pendant plus de deux mois, le temps que les deux camps préparent l’affrontement.
Résistances rencontrées
Les offensives soviétiques de l’hiver 1942–43 ont montré que l’Armée rouge pouvait avancer, mais au prix de pertes massives.
La contre-attaque allemande en mars (bataille de Kharkov) a révélé que la Wehrmacht restait redoutable.
En juin, les Soviétiques ont anticipé une offensive allemande sur Koursk, et organisé la défense en profondeur sur trois lignes successives, appuyées par des dizaines de milliers de canons, de chars et de mines.
Succès, échecs, morts et prisonniers
Le mois de juin est essentiellement une période de préparatifs, de concentrations de forces et d’escarmouches :
- Aucun territoire significatif n’a changé de mains.
- Les pertes sont limitées aux combats de reconnaissance, aux frappes aériennes préventives, et aux sabotages.
- Les deux camps attendent que l’autre engage la bataille.
État du terrain
L’été est installé. Le terrain est sec, dur et favorable à la guerre mécanisée :
- Les routes sont praticables.
- Les champs sont secs, mais parsemés de mines côté soviétique.
- La visibilité est bonne, les conditions de vol favorables.
Les deux armées peuvent engager pleinement leurs forces.
Points d’accrochage et batailles
Les zones critiques à la veille de l’opération Citadelle sont :
- Nord du saillant : secteur d’Orel, tenu par le groupe d’armées Centre (Model).
- Sud du saillant : secteur de Belgorod et Tomarovka, tenu par le groupe d’armées Sud (Manstein).
- Centre du saillant : ville de Koursk, point névralgique, tenu par les fronts soviétiques Central, Voronej, et Steppe.
Il ne s’agit pas encore de batailles ouvertes, mais de concentrations de forces et de préparations au choc imminent.
Forces en présence
URSS :
- Environ 1 900 000 soldats rassemblés pour la défense de Koursk.
- Plus de 5 000 chars, 25 000 pièces d’artillerie, 3 000 avions.
- Trois fronts principaux mobilisés :
- Front Central (général Rokossovski)
- Front de Voronej (général Vatoutine)
- Front de la Steppe (réserve stratégique)
Allemagne :
- Environ 900 000 soldats mobilisés pour l’opération Citadelle.
- Environ 2 700 chars et canons d’assaut, dont les nouveaux Panther, Tigre et Ferdinand.
- Plus de 2 000 avions.
- Les groupes d’armées Centre (Model) et Sud (Manstein) mèneront l’attaque.
Perspectives stratégiques et décisions militaires
Allemagne :
- Hitler a fixé la date du lancement de l’opération Citadelle au 5 juillet 1943.
- Il espère percer le saillant de Koursk par le nord et le sud, encercler et anéantir les forces soviétiques, puis reprendre l’initiative stratégique.
- Les généraux, notamment Manstein et Guderian, expriment leurs doutes : le temps joue contre eux, les chars sont en retard, les Soviétiques ont fortifié à l’extrême.
URSS :
- Les renseignements soviétiques (notamment via les espions du réseau Lucy et d’autres sources en Suisse et à Londres) confirment une attaque imminente.
- Joukov, Vassilevski et Staline décident de ne pas lancer d’attaque préventive, mais de laisser venir les Allemands, de les épuiser sur des défenses préparées, puis de contre-attaquer avec des réserves massives.
Conclusion au 1er juillet 1943
Le plus grand choc de blindés de l’histoire est sur le point d’éclater. L’Allemagne engage ses dernières forces disponibles pour tenter de redresser la situation stratégique. L’Union soviétique est prête à supporter le choc et à frapper en retour.
Tout se joue autour de Koursk. Le mois de juillet marquera l’un des tournants majeurs de la Seconde Guerre mondiale.