La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

SARCEY Paulette

Paulette SARCEY, née Paula Szlifke le 11 avril 1924 à Paris, morte le 4 mai 2020 à Montreuil. (L’existence de Paulette Sarcey et les principaux jalons de son parcours sont confirmés par plusieurs sources institutionnelles et mémorielles, notamment le Maitron (notice biographique), le Musée de la Résistance nationale (communiqué de décès), le Mémorial de la Shoah (notice d’hommage) et des documents officiels de la Ville de Paris relatifs à l’apposition d’une plaque commémorative).

Jeunesse et formation Paulette Sarcey naît à Paris dans une famille juive originaire de Pologne, arrivée en France en 1923. Elle grandit dans le nord-est parisien, dans un environnement populaire où les sociabilités militantes (communistes, syndicales) structurent fortement le quotidien. Le Mémorial de la Shoah souligne son enfance à Belleville et situe son entrée en Résistance dès l’adolescence, dans les quartiers populaires du nord-est de Paris et de la proche banlieue.

Engagement dans la Résistance Son engagement clandestin est attesté à partir de 1940, alors qu’elle n’a que seize ans. Les sources mémorielles concordent pour la situer dans le sillage des Jeunesses communistes et des structures communistes juives de la Main-d’œuvre immigrée (MOI), dans la dynamique de reconstruction des réseaux clandestins à Paris. Le communiqué du Musée de la Résistance nationale insiste sur le fait qu’elle appartient à un groupe de jeunes communistes traqués par les Brigades spéciales de la Préfecture de police, ce qui ancre son parcours dans l’histoire de la répression anticommuniste et « anti-terroriste » menée par la police française sous l’Occupation.

Appartenance à un réseau ou mouvement L’appartenance de Paulette Sarcey à la mouvance MOI communiste est explicitement documentée par la Fondation de la Résistance, qui cite Paula Szlifke (Paulette Sarcey) comme compagne d’Henri Krasucki et mentionne leur rôle dans la mise en place d’une organisation de jeunesse au sein de la MOI à Paris au début de la guerre. Le Musée de la Résistance nationale la présente, à son décès, comme résistante liée aux FTP-MOI, et le texte d’hommage du Mémorial de la Shoah la rattache aux Jeunesses communistes et à la MOI.

Missions et actions Les sources consultées décrivent surtout des activités clandestines relevant de l’organisation militante, de la propagande et de l’action collective au sein d’un groupe de jeunes communistes juifs parisiens. Le Mémorial de la Shoah évoque un engagement précoce dans les quartiers populaires et, dans son hommage détaillé, insiste sur les liens maintenus entre groupes de déportés issus de la Résistance communiste juive, ce qui met en lumière la continuité d’un collectif (de la clandestinité à la déportation) plutôt qu’un acte isolé. Le communiqué du Musée de la Résistance nationale apporte un élément factuel précis sur l’après-arrestation : grâce à un médecin, elle parvient à correspondre avec Adam Rayski et lui transmettre un rapport sur les circonstances de la chute de son groupe, indiquant un souci de rendre compte et de préserver la mémoire immédiate des faits au sein de l’organisation.

Arrestation / évasion / déportation / Paulette Sarcey est arrêtée le 23 mars 1943 lors d’une vaste vague d’arrestations visant son groupe, après une traque menée par les Brigades spéciales de la Préfecture de police. Le Musée de la Résistance nationale précise qu’elle est torturée, puis hospitalisée à l’Hôtel-Dieu avant d’être transférée à Drancy.

Elle est déportée le 23 juin 1943 de Drancy à Auschwitz par le convoi n° 55. Le Mémorial de la Shoah confirme le convoi 55, donne son matricule à Auschwitz (46650), puis retrace l’évacuation de janvier 1945 lors des « marches de la mort », le passage par Ravensbrück et Neustadt-Glewe, et la libération le 2 mai 1945.

Camarades de combat Les sources officielles mémorielles consultées citent explicitement Henri Krasucki parmi ses proches compagnons de jeunesse et de lutte clandestine, ainsi que Marcel Rayman dans le même environnement militant au début de la Résistance. Le communiqué de la Fondation de la Résistance lie également Paula Szlifke à Henri Krasucki dans la structuration d’une section jeunesse de la MOI. Adam Rayski est nommé comme responsable contacté après son arrestation via une correspondance clandestine depuis l’hôpital.

Retour à la vie civile Revenue en France au printemps 1945, Paulette Sarcey s’inscrit durablement dans le militantisme de mémoire, notamment auprès d’organisations liées à la Résistance immigrée et à la mémoire de la déportation. Le Musée de la Résistance nationale indique qu’elle travaille après-guerre dans les foyers de l’UJRE et qu’elle s’investit dans plusieurs organisations, dont le Musée de la Résistance nationale, tout en témoignant inlassablement, en particulier auprès des jeunes. Son témoignage est également fixé par l’édition, puisqu’elle publie en 2015 un récit autobiographique, fruit d’un long travail de transmission.

Décorations officielles Les bases de référence demandées ont été consultées, mais aucune preuve nominative de décorations (décret, notice de décoration, dossier accessible) n’a été retrouvée dans les bases officielles exigées pour les confirmer de manière probante. La Ville de Paris, dans un document administratif préparatoire à une plaque commémorative, mentionne qu’elle aurait été « chevalier de la Légion d’honneur » et évoque aussi, au conditionnel de l’attribution municipale, la médaille militaire et la croix de guerre avec palmes ; toutefois ce document municipal ne constitue pas un acte de nomination dans l’ordre ni un décret de décoration, et les recherches dans les bases nationales en libre accès n’ont pas permis d’identifier le décret nominatif correspondant.

Absence confirmée après consultation du site officiel de l’Ordre de la Libération (Paulette Sarcey n’y figure pas comme Compagnon de la Libération).
Absence confirmée après consultation de la Base Léonore (dossiers de Légion d’honneur) : aucun dossier à son nom n’a été trouvé dans cette base.
Absence confirmée, à ce stade, d’un décret nominatif la concernant retrouvé via les recherches Légifrance et Gallica effectuées sous les formes « Sarcey Paulette », « Szlifke Paula », « Légion d’honneur », « médaille militaire », « croix de guerre ».

Information trouvée sur Wikipédia, non confirmée dans les sites officiels : la fiche Wikipédia évoque des distinctions, mais aucune confirmation nominative n’a été retrouvée dans les bases officielles consultées ci-dessus au moment de la vérification.

Lieux de mémoire associés au résistant Une plaque commémorative en hommage à Paulette Sarcey est liée à l’adresse 165, rue Pelleport, Paris (20e arrondissement), lieu présenté comme celui où elle a vécu dans sa jeunesse. Cette plaque est documentée par des actes municipaux de la Ville de Paris (délibération et exposé des motifs).

Aucun établissement scolaire, rue, place, jardin ou autre voie publique portant officiellement le nom de « Paulette Sarcey » n’a été identifié dans les recherches en ligne effectuées pour cette fiche, en dehors de cette plaque commémorative. L’existence d’articles de presse évoquant une « voie » en lien avec Paulette Sarcey est signalée dans des revues de presse, mais sans document de dénomination municipale exploitable ici, elle n’a pas été retenue comme fait établi pour la rubrique des lieux de mémoire.

Références bibliographiques

Paula, survivre obstinément, Paulette Sarcey avec Karen Taïeb, Tallandier, 2015. Ouvrage-témoignage centré sur l’itinéraire d’une jeune juive communiste engagée dans la Résistance à Paris, l’arrestation, Drancy, la déportation à Auschwitz-Birkenau et la survie jusqu’à la libération. Il éclaire la sociabilité militante de Belleville, le fonctionnement des collectifs résistants issus de la MOI, et la place du serment de témoigner dans l’après-camp.

La Cité de la Muette, Jean-Patrick Lebel, film documentaire, 1986 (souvent mobilisé dans les actions pédagogiques et mémorielles). Le film donne une place importante à la parole de survivants liés à Drancy et Auschwitz, dont Paulette Sarcey, et constitue une source audiovisuelle majeure de transmission de la mémoire de l’internement et de la déportation.

Références internet

Maitron (notice biographique « SARCEY Paulette [née SZLIFKE Paula]… »). La notice retrace le cadre familial, l’engagement communiste et MOI, la clandestinité, l’arrestation et la déportation, puis l’après-guerre et la place du témoignage. https://maitron.fr/sarcey-paulette-nee-szlifke-paula-epouse-swiczarczyk-change-en-sarcey-denommee-martine-par-les-brigades-speciales/

Musée de la Résistance nationale – Champigny-sur-Marne (communiqué « Le MRN salue la mémoire de Paulette Sarcey », 5 mai 2020). Le communiqué donne une chronologie précise de l’arrestation (23 mars 1943), du transfert à Drancy, de la déportation (convoi 55, 23 juin 1943) et rappelle l’activité de transmission et l’engagement associatif après-guerre. https://www.musee-resistance.com/communique/paulette-sarcey/

Mémorial de la Shoah (hommage « Paulette Sarcey décédée ce lundi 4 mai… »). La notice détaille le convoi 55, le matricule à Auschwitz, la marche de la mort, l’itinéraire Ravensbrück/Neustadt-Glewe et la libération, et replace Paulette Sarcey dans l’histoire de la Résistance communiste juive parisienne. https://www.memorialdelashoah.org/hommage-a-paulette-sarcey-decedee-ce-lundi-4-mai-2.html

Fondation de la Résistance (Lettre de la Fondation / dossier historique). Le document mentionne Paula Szlifke (Paulette Sarcey) dans la reconstruction d’une organisation de jeunesse au sein de la MOI à Paris autour d’Henri Krasucki, apportant un ancrage institutionnel à son appartenance militante. https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance108.pdf

Ville de Paris (Direction des affaires culturelles, projet de délibération et exposé des motifs pour l’apposition d’une plaque au 165 rue Pelleport). Le document municipal justifie l’hommage, rappelle des éléments biographiques, et fixe le texte de la plaque. https://a06-v7.apps.paris.fr/a06/jsp/site/plugins/odjcp/DoDownload.jsp?id_entite=52438&id_type_entite=6

Paulette SARCEY
Paulette SARCEY

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