Sabotage de la centrale électrique de Cheviré (Nantes, 1944)
Dans la nuit du 7 au 8 août 1944, un groupe de résistants appartenant aux Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) de la région nantaise réalise un sabotage décisif contre la centrale électrique de Cheviré, située sur la rive sud de la Loire, à l’entrée ouest de Nantes.
L’objectif de l’action est de paralyser l’alimentation électrique des industries travaillant directement pour la Kriegsmarine, notamment les chantiers navals et les installations portuaires réquisitionnées par l’occupant allemand.
Les résistants parviennent à pénétrer dans le site, à poser des charges explosives sur les équipements clés et à provoquer une coupure de courant majeure, qui durera plusieurs jours.
Aucun affrontement direct n’est rapporté durant l’opération, qui est exécutée avec précision. Le bilan est une interruption significative de l’activité industrielle allemande à Nantes.
Circonstances
En août 1944, la ville de Nantes est en ébullition. Les troupes alliées avancent à l’ouest, et les réseaux de Résistance multiplient les actions de sabotage pour désorganiser le dispositif allemand et faciliter la libération prochaine de la région.
La centrale de Cheviré, infrastructure stratégique pour l’alimentation électrique des installations militaires et industrielles allemandes, représente une cible prioritaire.
Cette action s’inscrit dans une série de sabotages coordonnés, encouragés par les consignes du Bureau Central de Renseignements et d’Action (BCRA) et appuyés par des parachutages d’armes de la RAF.
Conséquences
Le sabotage de la centrale de Cheviré a des conséquences militaires immédiates : paralysie partielle des installations portuaires allemandes, perturbation de la production dans les usines travaillant pour la Kriegsmarine, affaiblissement du contrôle allemand sur la ville.
L’occupant réagit par une série de rafles et d’arrestations.
Cet acte de sabotage est ultérieurement reconnu comme un tournant dans la stratégie de harcèlement menée par la Résistance à l’approche de la libération de Nantes (le 12 août 1944).
Plusieurs participants recevront des citations à l’ordre de la Nation ou des décorations posthumes.
Héros et figures marquantes
L’opération mobilise des membres des FFI de Loire-Inférieure, en lien avec le mouvement Libération-Nord.
Parmi eux, le rôle de coordination est assuré par René GUILLOU, responsable FFI du secteur. Des résistants comme Marcel AUBERT et Louis HERVÉ participent directement au sabotage. Tous survivront à l’opération, mais certains seront arrêtés quelques jours plus tard lors de représailles allemandes.
Victimes
Aucune victime directe n’est recensée pendant l’opération. Toutefois, la répression allemande menée à la suite de cet acte conduit à l’arrestation de plusieurs résistants dans les jours suivants. Certains, comme Jean GAUTIER, seront déportés.
Survivants
René GUILLOU, Marcel AUBERT et Louis HERVÉ survivent à l’opération. Après la guerre, René GUILLOU devient une figure locale de la mémoire résistante, intervenant dans les commémorations jusqu’aux années 1980. Il témoigne à plusieurs reprises dans les écoles et contribue à la reconnaissance officielle de l’événement.
Mémoire et lieux commémoratifs
Une plaque commémorative a été apposée en 1983 sur les vestiges de la centrale de Cheviré, aujourd’hui désaffectée. Elle rend hommage aux résistants ayant pris part à l’action.
- Une rue de Nantes porte le nom de Louis HERVÉ.
- Le Mémorial de la Résistance de Châteaubriant mentionne cette opération dans son parcours pédagogique.
- Plaque commémorative du sabotage de Cheviré – Nantes (Loire-Atlantique)
- Rue Louis HERVÉ – Nantes (Loire-Atlantique)
- Mémorial de la Résistance – Châteaubriant (Loire-Atlantique)
Références bibliographiques
La Résistance en Loire-Inférieure Jean-Philippe GUERNE, Éditions du Temps, 1998 L’ouvrage retrace les principales actions de la Résistance dans le département. Un chapitre est spécifiquement consacré aux sabotages industriels, dont celui de la centrale de Cheviré. Témoignages et archives à l’appui.
Nantes sous l’Occupation : 1940-1944 Michel BERTRAND, Presses Universitaires de Rennes, 2002 Analyse du contexte local pendant la guerre. L’auteur aborde en détail les liens entre infrastructures industrielles et effort de guerre allemand, et évoque les actes de sabotage majeurs.
Références internet
Nantes Révoltée – Page spéciale « 1944 : le sabotage de la centrale de Cheviré »
Ce site retrace en détail l’opération menée par les résistants, avec des extraits de témoignages, cartes d’époque et photographies du site.
https://www.nantes-revoltee.com/1944-le-sabotage-de-la-centrale-de-chevire/
Musée de la Résistance en ligne – Dossier régional Loire-Inférieure
Contient des fiches de résistants impliqués dans des sabotages industriels, dont plusieurs ont participé à l’action de Cheviré.
https://museedelaresistanceenligne.org/