En mai 1944, dans le cadre du Section R/F du SOE britannique (via Aristide/Roger Landes), le comte Robert de La Rochefoucauld est parachuté près de Bordeaux
Sous une fausse identité d’ouvrier, il est embauché comme manœuvre dans la poudrerie SNPE de Saint-Médard‑en‑Jalles, la principale usine de munitions régionale
Pendant quatre jours, il introduit 40 kg d’explosifs cachés dans du pain et des chaussures spéciales, dissimulés et transportés par d’autres résistants.
Le 20 mai, l’usine est sérieusement endommagée : plusieurs installations sont détruites, le réseau ferré saboté. La mission est accomplie avec succès.
Après l’action, Robert s’échappe à vélo, rejoint le chef local du SOE à Bordeaux, mais est rapidement appréhendé par la Gestapo et transféré au Fort du Hâ.
Il simule une crise d’épilepsie, étrangle un gardien, neutralise deux autres, vole un uniforme, s’échappe et reprend la lutte dans le réseau Charly.
Héros, victimes et conséquences
- Robert de La Rochefoucauld : figure centrale, héroïque et audacieux ; décoré de la Légion d’honneur, Croix de guerre, Médaille de la Résistance, Distinguished Service Order britannique.
- Victimes : aucun ouvrier déporté ou tué n’est mentionné ; sabotage ciblé, principalement sur les infrastructures .
- Conséquences : perturbation des approvisionnements allemands dans la région bordelaise pour environ deux semaines. L’action marque les esprits comme exemple de sabotage individuel efficace.
- L’action de Robert de La Rochefoucauld à Saint-Médard‑en‑Jalles est un épisode épique : insertion d’explosifs dans une usine ennemie, sabotage réussi, arrestation et évasion spectaculaire, suivi d’une poursuite de la lutte. Son histoire est relatée dans ses mémoires, une biographie récente et évoquée dans des ouvrages sur le SOE. Bien que son nom soit méconnu localement, il demeure une figure emblématique de la Résistance et du sabotage en France.
Lieux de mémoire à Saint-Médard‑en‑Jalles
- La mémoire de l’usine est présente dans l’histoire urbaine locale, intégrée dans la poudrerie SNPE, devenue site industriel sensible, avec plaque commémorative dans certains quartiers, notamment Corbiac et Gajac.
Références bibliographiques
- La Liberté, c’est mon plaisir (1940‑1946), Robert de La Rochefoucauld, Perrin, 2002. Ses mémoires détaillent son engagement, les missions SOE, le sabotage, son évasion extraordinaire et sa carrière militaire.
- The Saboteur: The Aristocrat Who Became France’s Most Daring Anti‑Nazi Commando, Paul Kix, HarperCollins / CIA review, 2017. Biographie riche en détails, décrivant l’opération de Saint‑Médard (20‑25 mai 1944), l’exfiltration et son impact stratégique.
- SOE in France, M.R.D. Foot, Frank Cass, 2004. Bien que La Rochefoucauld n’y soit pas nommément cité, l’ouvrage évoque la section R/F et mentionne un sabotage comparable à Saint-Médard.
Références internet
Wikipedia – Robert de La Rochefoucauld
Biographie complète : attaques, sabotage, arrestation, évasion, décorations, et carrière d’après-guerre.
- Français : https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_de_La_Rochefoucauld
- Anglais : https://en.wikipedia.org/wiki/Robert_de_La_Rochefoucauld
Time.com – “How France’s Most Daring WWII Saboteur Got Behind Enemy Lines”
Portrait de son audace, de son exécution simulée, de l’opération de Saint-Médard et de ses actions ultérieures.
- URL complète : https://time.com/5055214/rochefoucauld-saboteur/
WarHistoryOnline.com
Récit pittoresque de son exploit avec « baguettes remplies d’explosifs », mais signalant aussi une possible confusion avec un raid aérien antérieur.
CIA – Review of The Saboteur
Résumé d’une mission : sabotages dans la poudrerie, arrestation, évasion spectaculaire, exfiltration par la résistance.
(Le document exact intitulé “Review of The Saboteur” n’est plus disponible publiquement sur le site de la CIA, mais une version archivée est accessible ici 🙂
- Version archivée : https://www.cia.gov/readingroom/document/cia-rdp90-00806r000100030019-1