Paul RUFF, né le 7 janvier 1913 à Sidi Bel Abbès (Algérie), mort le 16 octobre 2000 à Maisons‑Laffitte (Hauts‑de‑Seine, France).
Issu d’une famille juive algéroise cultivée, Paul RUFF naquit à Sidi Bel Abbès où son père Maurice Ruff était inspecteur des cultures. Il effectua ses études secondaires à Alger puis prépara l’École normale supérieure (rue d’Ulm) à Paris, devenant agrégé de mathématiques en 1934. Cette formation scientifique rigoureuse fut le socle de son engagement intellectuel et syndical.
Après la débâcle de 1940, il fut mobilisé en tant que sous‑lieutenant dans une unité de DCA. Rapidement révoqué de ses fonctions enseignantes par le régime de Vichy (loi du 3 octobre 1940 portant statut des Juifs), il perdit sa nationalité avec l’abrogation du décret Crémieux.
Dès lors, il rejoignit un groupe clandestin à Alger piloté par José Aboulker et Henri d’Astier de la Vigerie.
En tant que chef du groupe dit « D », il organisa la prise du central téléphonique interrégional d’Alger la nuit du 7 au 8 novembre 1942, facilitant ainsi l’arrivée des forces alliées lors de l’opération Torch.
Il mobilisa et coordonna près de 400 résistants, majoritairement juifs et syndicalistes, pour mener à bien cette action décisive.
Il fit partie du réseau de résistance organisé à Alger avant le débarquement allié, en contact avec les groupes de José Aboulker et Jean Athias.
Ce réseau était essentiellement de formation universitaire ou syndicaliste, attaché à l’idée d’une émancipation républicaine et antidiscriminatoire . Ce groupe fut structuré en cellules à l’image des mouvements d’action résistante interne.
Missions et actions
Sa mission la plus marquante reste l’opération du 8 novembre 1942 à Alger. En tant que chef du groupe D, il coordonna l’occupation du central téléphonique, coupa les communications entre les autorités vichystes, empêcha l’installation d’une arme sur la terrasse du Fort Kouba, et maintint la communication entre les cellules.
L’action se déroula avec peu de violences et permit aux Alliés de sécuriser Alger rapidement.
Camarades de combat
Parmi ceux qui agissaient à ses côtés figuraient Hugues FANFANI, Bernard AMIOT, Yves DECHEZELLES, le Dr Stanislas CVIKLINSKI, Annie et Michel BRUDNO, le Dr Becache et Laurent PREZIOSI (témoignages et articles historiques identifient ces noms).
Retour à la vie civile
Après la guerre, Paul RUFF reprit des fonctions dans l’Éducation nationale. Il fut dirigeant syndical au sein du SNES puis de la FEN entre 1948 et 1966. Il exerça une influence marquée dans l’enseignement et le syndicalisme intellectuel jusqu’à sa mort en 2000.
Décorations
Aucune décoration officielle (Médaille de la Résistance, Légion d’honneur, etc.) n’est confirmée dans les bases officielles (Ordre de la Libération, Base Léonore, Fondation de la Résistance).
Lieux de mémoire associés
Aucun lieu public, rue ou établissement scolaire ne porte son nom à ce jour.
Références bibliographiques
- Fanfani Hugues, Ruff Paul, « Weill Claudie, La première Libération : la nuit du 7 au 8 novembre 1942 à Alger », Matériaux pour l’histoire de notre temps, n° 39‑40, 1995, pp. 57‑61. Témoignages croisés de participants à l’opération, reconstituant les modalités de l’action clandestine à Alger.
Références internet
- Wikipédia – Paul Ruff présente sa biographie complète : naissance à Sidi Bel Abbès, formation, internement à Alger, rôle sur le putsch du 8 novembre 1942, engagement syndical post‑guerre.
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Ruff - Maître‑y, article sur Ruth (Chemins non officiel) confirment l’interconnexion des résistants algérois juifs dans le mouvement d’Alger sous Aboulker, avec mention précise de Paul Ruff comme chef cadre du groupe D.
https://www.judaicalgeria.com/pages/commentaires‑et‑tempoigtnages‑sur‑paul‑ruff.html