La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le réseau Sabot est un réseau belge de renseignement créé en 1941 par le major Pierre Bouriez, alias « Sabot », à la suite de son parachutage en zone non occupée.

Il relève de la Sûreté de l’État belge (en exil à Londres) et travaille en étroite liaison avec les services britanniques (SIS/SOE) et, en France, avec des organismes de la France libre.

Sa mission initiale consiste à coordonner, depuis la France et la Belgique, des liaisons de renseignements et d’évasion au profit des Alliés et des services belges à Londres.

La direction est assurée par Pierre Bouriez (« Sabot »).

Son adjoint identifié dans les sources est Pierre de Stexhe, dit « Raymond/Léopold/Pierre Labbé ».

L’organisation fonctionne par postes et sous-réseaux régionaux en France et en Belgique, avec des agents P1/P2 (catégories de clandestinité) et des courriers assurant les liaisons vers l’Espagne et le Portugal.

Après des coups durs subis en 1942-1943, l’ensemble se recompose en sous-ensembles régionaux ou thématiques, parfois rebaptisés, tout en restant dans l’orbite des Services spéciaux belges et des Alliés.

Sabot centralise et transmet des renseignements militaires (mouvements ferroviaires, objectifs stratégiques, installations) collectés en Belgique et en France, organise la circulation du courrier clandestin vers les postes belges de la péninsule Ibérique, et participe à des filières d’évasion et d’acheminement de documents.

Dans le Nord de la France et en zone Sud, des agents de Sabot coopèrent avec d’autres réseaux pour l’exfiltration et la logistique.

Les sources font état d’une forte activité de liaisons et de finance de réseaux en 1942, Sabot servant alors d’intermédiaire majeur pour répartir des fonds aux organisations belges.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

En France, Sabot collabore avec d’autres réseaux belges implantés comme Zéro-France, Ali-France et Delbo-Phénix ; des recoupements sont attestés avec des réseaux français locaux et, ponctuellement, avec l’OSS américain selon les secteurs.

Des échanges de courriers ont également concerné le réseau Tégal, autre service belge actif en Belgique occupée.

Chefs et figures marquantes

Pierre BOURIEZ, fondateur et chef (« Sabot ») : officier belge, parachuté en 1941, il dirige le réseau et assure les liaisons avec Londres ; sa position s’affaiblit fin 1942 en raison des difficultés accrues et des tensions inter-services.

Pierre de STEXHE, adjoint : cadre du Service de renseignement et d’action (SRA), adjoint de Bouriez au sein de Sabot ; arrêté et déporté en régime « Nuit et Brouillard ».

Louis GOVERS, cadre local : réfugié belge en Ardèche, il sert d’interface avec des responsables français ; arrêté avec son épouse le 29 septembre 1943.

François DEWEER (« Speed »), agent : parachuté avec Bouriez et actif dans les liaisons postales entre France et réseaux belges.

Plusieurs agents français identifiés dans les bases mémorielles (Drôme, Savoie, etc.) ont servi Sabot comme agents P1/P2 ou correspondants. .

Victimes / morts

Les sources académiques soulignent la lourde répression contre les réseaux belges opérant en France, avec des arrestations et déportations touchant leurs états-majors.

Pour Sabot, l’adjoint Pierre de Stexhe est déporté « NN », et plusieurs cadres locaux sont arrêtés à l’automne 1943 (ex. Louis Govers).

Des fusillés et déportés liés à Sabot apparaissent dans les bases prosopographiques, parfois avec double appartenance à d’autres réseaux.

Survivants identifiés

Des agents français passés par Sabot ont survécu et ont témoigné après-guerre dans des dépôts d’archives (Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, FranceArchives). Ces témoignages permettent de documenter les liaisons postales, les relais d’évasion et l’articulation avec les Services belges de Londres.

Fin du réseau

L’arrestation de Pierre Bouriez et de plusieurs responsables en 1943 provoque l’éclatement de Sabot en sous-réseaux, lesquels poursuivent leurs activités en se rattachant plus directement à d’autres structures belges en France (Zéro-France, Ali-France, Delbo-Phénix) ou à des postes belges de l’Ibérie.

À partir de 1943, des organismes de remplacement – notamment le Poste de Commandement Belge puis le Poste Central des Courriers – reprennent des fonctions de centralisation auparavant assurées par Sabot.

Conséquences et mémoire

Sur le plan stratégique, Sabot a servi de relais essentiel entre les réseaux belges opérant en Belgique et les postes alliés/ belges en France et en Ibérie, particulièrement pour le courrier et la distribution de fonds en 1942. La répression de 1942-1943 a entraîné des pertes humaines et une recomposition de l’appareil clandestin belge en France.

La mémoire du réseau est présente dans des inventaires d’archives publiques françaises (séries 72AJ/80 et fonds du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale), dans des études académiques sur les réseaux belges en France, et dans des notices prosopographiques de musées et bases mémorielles.

Références bibliographiques

  • La guerre secrète des espions belges, 1940-1944
    Emmanuel Debruyne, Racine, 2008. Ouvrage de référence issu d’une thèse, il analyse l’ensemble des réseaux de renseignement belges (Zéro, Luc-Marc, Clarence, Tégal, etc.) et leurs liens avec Londres. Il éclaire le rôle des relais installés en France, dont Sabot, dans la collecte, la transmission du renseignement et la gestion des courriers et financements. cegesoma.beOpenEdition Journals
  • « Un réseau belge du Nord : Ali-France »Erik Verhoeyen, Revue du Nord, 1994. Article académique sur un réseau « voisin » opérant en France ; il documente de manière précise les interfaces entre réseaux belges de France et montre comment Sabot a d’abord assuré des relais qui seront ensuite repris par d’autres structures (Poste de Commandement Belge, Poste Central des Courriers). Apports utiles pour contextualiser Sabot dans l’ensemble des réseaux belges en France. Persée
  • Tégal : un réseau de renseignements en Belgique occupée (1940-1944)
    Emmanuel Debruyne, Labor, 2008. Monographie d’un réseau belge opérant surtout en Belgique ; l’ouvrage met en lumière les échanges de courrier et les liaisons vers la France, citant ponctuellement le rôle de Sabot dans le transit des correspondances et la coopération inter-réseaux. JBH – BTNG – RBHCLa Librairie
  • Fonds « Réseaux belges en France » et inventaires FranceArchives (séries 72AJ/80) mentionnant explicitement « Réseau Sabot — Résistance belge en France ». Ces ensembles décrivent les thématiques, les dossiers de témoins et les pièces relatives aux liaisons et au courrier. FranceArchivesesistoire.fr

Références internet

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