Le réseau Jean Marie, connu sous le nom codé britannique Donkeyman, est créé à la fin de l’année 1942, sous l’égide du SOE (Special Operations Executive), section F (française), dirigée à Londres par Maurice Buckmaster.
Il prend véritablement son ampleur en 1943, confié à Henri Frager, ancien numéro 2 du réseau CARTE, qui en devient le chef opérationnel sous le nom de code « Paul ».
Le réseau Donkeyman – Jean Marie était structuré autour :
- D’un chef réseau (Henri Frager) basé principalement en région parisienne et Bourgogne.
- D’agents radio en liaison directe avec le SOE Londres.
- De responsables régionaux pour l’organisation des parachutages d’armes et d’explosifs et la structuration des maquis.
- De groupes locaux de résistants intégrés aux maquis FFI sous l’autorité du réseau.
Actions pendant la Résistance
- Organisation de parachutages d’armes et de matériel pour les maquis du centre et de la Bourgogne.
- Coordination des sabotages ferroviaires et attaques contre les lignes de communication allemandes avant et après le Débarquement.
- Encadrement de plus de 2000 maquisards, formés pour le harcèlement des troupes allemandes et la libération progressive des secteurs.
- Participation à la collecte de renseignements stratégiques sur les mouvements de troupes et le repli ennemi.
Ses réseaux
Le réseau Donkeyman travaillait en liaison avec :
- Le SOE Buckmaster (section F) à Londres.
- Le réseau CARTE avant son intégration SOE.
- Les groupes locaux de l’Armée Secrète (AS) puis FFI, notamment en Bourgogne, dans l’Yonne et la Nièvre.
Ses chefs
- Henri Frager, chef réseau, pseudonyme « Paul », ancien bras droit d’André Girard (CARTE), puis agent SOE autonome.
- Peter Churchill, chef de la mission SOE Spindle, collaborateur ponctuel de Donkeyman.
- Roger Bardet, adjoint de Frager, qui le trahira plus tard auprès de l’Abwehr.
Ses héros
- Henri Frager, chef du réseau, arrêté et exécuté à Buchenwald en octobre 1944.
- Les nombreux maquisards du réseau Donkeyman morts dans les combats de libération en Bourgogne.
Ses morts
Le réseau subit des pertes importantes lors des arrestations de 1944 :
- Henri Frager, arrêté le 2 juillet 1944 à Paris, déporté à Buchenwald, exécuté le 5 octobre 1944.
- Plusieurs agents radios et liaisons capturés, torturés et fusillés ou morts en déportation, leurs noms étant recensés dans les mémoriaux locaux (Yonne, Nièvre).
Le réseau Jean Marie – Donkeyman fut dissous à la Libération de la Bourgogne et de Paris en août-septembre 1944. Ses maquisards furent intégrés aux FFI et son encadrement SOE rapatrié en Angleterre.
Monument de mémoire
Un mémorial spécifique au réseau Jean Marie – Donkeyman existe à Grandchamp (Yonne), lieu de parachutages et d’entraînement des maquisards, où une stèle honore Henri Frager et ses hommes.
Références bibliographiques
- Unearthing Churchill’s Secret Army, par John Grehan & Martin Mace, Pen & Sword Military, Barnsley, 2012. Cet ouvrage détaille l’ensemble des réseaux SOE en France, dont Donkeyman, ses missions, ses chefs, ses réussites, ses arrestations et sa dissolution après la Libération.
- Agents secrets de Churchill – Le SOE en France, 1940-1944, par Michael R. D. Foot, Tallandier, Paris, 2008. Ouvrage de référence sur le SOE, son organisation, ses réseaux (notamment Donkeyman), et le rôle d’Henri Frager.
- Henri Frager, chef du réseau Jean-Marie (Donkeyman), par Fabrice Bourrée, CD-Rom La Résistance dans l’Yonne, ARORY-AERI, Auxerre, 2004. Biographie régionale de Frager et historique détaillé du réseau Jean Marie en Bourgogne.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media5261-Plaque-en-hommage-Henri-Frager Notice sur Henri Frager, chef du réseau Donkeyman, son arrestation, son exécution et la mémoire du réseau.
- Fondation de la Résistance Article présentant l’organisation du réseau Donkeyman, ses missions de parachutages et ses combats en Bourgogne. : https://www.fondationresistance.org/pages/recherche/?q=réseau+Donkeyman