La forme principale retenue est Le Coq Enchaîné. Les variantes observées dans les sources sont Le Coq enchaîné, Le Coq Enchainé et groupement Le Coq Enchaîné.
Il s’agit d’un mouvement de Résistance lyonnais, également présenté comme un réseau dans certaines sources, actif principalement dans le Rhône, la Loire et la Haute-Savoie.
Le Musée de la Résistance en ligne le qualifie de mouvement éponyme lié au journal clandestin Le Coq enchaîné, tandis que Le Souvenir Français de Haute-Savoie le présente comme un réseau de résistance de la région lyonnaise et de la Haute-Savoie.
Le Coq Enchaîné est constitué à Lyon, Rhône, France, au cours du dernier trimestre 1941.
Le Musée de la Résistance en ligne indique que les quatre premiers fondateurs officiels sont Georges DUNOIR, Lucien DEGOUTTE, Jean FOUSSERET et Louis PRADEL. Le groupe se forme autour d’un idéal laïque, radical-socialiste ou socialiste, avec une composante maçonnique pour certains de ses membres.
Organisation interne
Le mouvement recrute dans les milieux syndicalistes, socialistes, radicaux et proches de la mouvance d’Édouard HERRIOT.
Les sources citent notamment Louis PRADEL, Lucien DEGOUTTE, Georges DUNOIR, Henri CHEVALIER, Serge BOIRON, Ferdinand RIBIÈRE et Léonce CRABBE parmi les militants ou responsables.
Le Souvenir Français de Haute-Savoie indique que l’effectif atteint environ quatre cents militants, principalement dans le Rhône et la Loire, avec une antenne en Haute-Savoie.
Actions menées pendant la Résistance
Le Coq Enchaîné publie un journal clandestin dont le premier numéro est daté de mars 1942.
Ce journal traite de la situation militaire et politique en France et à l’étranger, des exactions allemandes, de la répression et des collaborateurs.
Son sous-titre exprime clairement son objectif : Le Coq enchaîné !… est là pour libérer la France.
Le mouvement organise aussi des relais au profit de Juifs cherchant à se réfugier en Suisse. Des contacts sont établis avec le Special Operations Executive britannique ; selon les sources consultées, ces contacts conduisent à la réception des premières armes parachutées à destination de la Résistance en mai 1942.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le mouvement accueille des dissidents de Franc-Tireur et entretient des relations avec le SOE.
À partir de 1943, après son ralliement à la France libre, il évolue vers une activité de renseignement sous la direction de Jean FOUSSERET.
Il travaille alors pour le réseau Brutus, devenu ensuite Andromède puis Jove.
Chefs et figures marquantes
Georges DUNOIR participe à la fondation du mouvement et à la création du journal clandestin. Déporté à Dachau et revient de déportation.
Lucien DEGOUTTE est cité parmi les fondateurs officiels.
Jean FOUSSERET, médecin socialiste, joue un rôle central dans le mouvement et dirige l’activité de renseignement à partir de 1943 ; il est arrêté le 11 décembre 1943, déporté à Buchenwald et survit à la déportation.
Louis PRADEL, futur maire de Lyon, est cité parmi les quatre fondateurs officiels.
Albert CHAMBONNET, futur Compagnon de la Libération, est mentionné parmi les militants passés par Le Coq Enchaîné.
Victimes et morts
Les sources consultées mentionnent la répression frappant les dirigeants et militants du mouvement, notamment l’arrestation de Jean FOUSSERET, la déportation de Georges DUNOIR à Dachau et l’assassinat d’Antonin JUTARD par la Milice le 17 novembre 1943.
Une source mémorielle signale que Le Coq Enchaîné aurait compté seize morts et vingt-trois déportés, dont treize revenus, mais cette donnée doit être vérifiée par dépouillement nominatif complémentaire avant intégration définitive dans une base biographique.
Survivants identifiés
Jean FOUSSERET revient de Buchenwald. Georges DUNOIR revient de Dachau. Louis PRADEL survit à la guerre et devient maire de Lyon après-guerre. Les sources consultées ne permettent pas d’établir ici une liste complète des survivants du mouvement.
Fin du réseau
À partir de 1943, Le Coq Enchaîné se transforme progressivement. Ses militants sont attirés par les grands mouvements de Résistance, tandis que l’organisation devient un réseau de renseignement lié à Brutus, puis Andromède et Jove. Les arrestations de responsables à la fin de 1943 désorganisent fortement le mouvement.
Conséquences et mémoire
Le Coq Enchaîné occupe une place importante dans l’histoire de la Résistance lyonnaise par son journal clandestin, ses contacts précoces avec les services britanniques, son rôle dans les premiers parachutages d’armes et son évolution vers le renseignement.
La mémoire du mouvement est conservée par le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, par les notices du Musée de la Résistance en ligne, par Le Souvenir Français de Haute-Savoie et par des travaux universitaires ou documentaires consacrés à la Résistance lyonnaise.
Références bibliographiques
Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de François MARCOT, Robert LAFFONT, collection Bouquins, 2006. Cet ouvrage de référence comporte une entrée consacrée au Coq Enchaîné et permet de situer ce mouvement dans l’ensemble des organisations clandestines françaises.
Histoire de la Résistance en France, Henri NOGUÈRES, Robert LAFFONT, 1967-1981. Cette vaste synthèse nationale permet de replacer Le Coq Enchaîné dans le contexte général de la naissance des mouvements de Résistance et des débats sur l’unification sous l’autorité de Jean MOULIN.
Le Coq Enchaîné, mouvement de Résistance et journal clandestin, Didier BOUILLOT, mémoire de maîtrise, Université Lyon II, 1993. Travail universitaire spécifiquement consacré au mouvement et à son journal clandestin ; il constitue une référence spécialisée, mais son accès direct n’a pas été vérifié dans cette recherche.
Lyon dans la Seconde Guerre mondiale, sous la direction d’Isabelle von BUELTZINGSLOEWEN, Laurent DOUZOU et Jean-Dominique DURAND, Presses universitaires de Rennes, 2016. Cet ouvrage collectif éclaire le contexte lyonnais de la Résistance, de la répression et des formes culturelles ou politiques d’opposition à l’Occupation.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne présente le journal clandestin Le Coq enchaîné, son premier numéro, ses fondateurs, son idéologie et ses objectifs politiques. https://museedelaresistanceenligne.org/media6060-iLe-Coq-enchan-i-mars-1942
Le Souvenir Français de Haute-Savoie propose une fiche synthétique sur Le Coq Enchaîné, son implantation lyonnaise et haut-savoyarde, ses effectifs, ses liens avec le SOE, son évolution vers le renseignement et la répression subie par ses responsables. https://souvenir74.fr/maquis/reseau-de-resistance-le-coq-enchaine/
Bibliothèque universitaire Lyon 3 présente Le Coq Enchaîné comme un mouvement radical, socialiste et franc-maçon lyonnais, auteur d’un journal clandestin, lié aux services secrets anglais et à un service de renseignement militaire et économique. https://bu.univ-lyon3.fr/le-coq-enchaine
Mémoire Vive de la Résistance conserve une page documentaire intitulée Le Coq Enchainé Mai 42, correspondant à un document de presse clandestine et non à une fiche historique autonome de mouvement. https://mvr.asso.fr/le-coq-enchaine-mai-42/
Gallica BnF conserve des exemplaires numérisés de titres portant le nom Le Coq enchaîné, utiles pour l’étude de la presse clandestine et des variantes de titre, avec prudence car certaines occurrences concernent aussi un titre parisien distinct. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb327483322/date
Fiabilité
Fiabilité A. Les informations principales sont confirmées par plusieurs sources croisées, dont le Musée de la Résistance en ligne, le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, Le Souvenir Français de Haute-Savoie, l’Université Lyon 3 et le Maitron, même si l’accès direct à la notice Maitron complète a été techniquement limité.
Sources consultées date de vérification : 2 mai 2026
Mémoire Vive de la Résistance, page Le Coq Enchainé Mai 42, document de presse clandestine, https://mvr.asso.fr/le-coq-enchaine-mai-42/
Mémoire Vive de la Résistance, recherche Groupement Le Coq Enchaîné, aucune fiche autonome de mouvement retrouvée, https://mvr.asso.fr/
Musée de la Résistance en ligne, Le Coq enchaîné, mars 1942, journal clandestin, fondateurs, contexte historique, https://museedelaresistanceenligne.org/media6060-iLe-Coq-enchan-i-mars-1942
Musée de la Résistance en ligne, plaque en hommage aux fondateurs du mouvement Le Coq Enchaîné, source repérée mais non exploitée en détail dans cette synthèse, https://museedelaresistanceenligne.org/media7101-Plaque-en-hommage-aux-fondateurs-du-mouvement-Le-coq-enchan-Lyon
Maitron Résistance, Réseau de résistance Le Coq enchaîné Rhône, existence de l’entrée repérée mais accès direct complet non obtenu, https://maitron.fr/organisationetcourant/reseau-de-resistance-le-coq-enchaine-rhone/
Le Souvenir Français de Haute-Savoie, Le Coq Enchaîné, fiche de réseau et implantation Haute-Savoie, https://souvenir74.fr/maquis/reseau-de-resistance-le-coq-enchaine/
Bibliothèque universitaire Lyon 3, Le Coq Enchaîné, présentation du mouvement et du documentaire de Bernard Maigrot et Didier Bouillot, https://bu.univ-lyon3.fr/le-coq-enchaine
Ordre de la Libération, notice Stéphane PIOBETTA, mention d’un autre Coq Enchaîné parisien lié aux Bataillons de la Mort, utile pour signaler un risque de confusion, https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/stephane-piobetta
Ordre de la Libération, notice Albert CHAMBONNET, mention du Coq Enchaîné dans son parcours résistant, https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/albert-chambonnet
Gallica BnF, Le Coq enchaîné, exemplaires numérisés et variantes de titre, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb327483322/date
Mémoire des Hommes, consultation générale, aucune fiche autonome de réseau exploitée pour cette notice, https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Service historique de la Défense, consultation indirecte par signalements bibliographiques et archivistiques, aucune cote directement exploitée dans cette recherche, https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
Observation sur les risques de confusion
Il existe un risque de confusion entre Le Coq Enchaîné lyonnais, objet de cette fiche, et des titres ou groupes parisiens portant un nom proche, notamment Le Coq enchaîné lié aux Bataillons de la Mort.
La fiche ci-dessus concerne uniquement le mouvement lyonnais fondé à Lyon à la fin de 1941 autour de Georges DUNOIR, Lucien DEGOUTTE, Jean FOUSSERET et Louis PRADEL.