La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

L’existence du réseau est confirmée par plusieurs sources mémorielles et archivistiques concordantes. Le Musée de la Résistance en ligne identifie explicitement un « Réseau Andromède-Athénée », homologué le 16 novembre 1946, actif de juillet 1943 à la Libération, et renvoie au dossier d’homologation conservé au Service historique de la Défense sous la cote 17 P 74. Les archives du SHD signalent en outre un ensemble documentaire intitulé « ANDROMEDE-ATHENEE », ce qui confirme son existence institutionnelle et archivistique.

Les sources montrent que le réseau a porté plusieurs dénominations au cours de son activité clandestine. Le Musée de la Résistance en ligne indique qu’il fut appelé successivement « Nestlé » à partir de juillet 1943, puis « Capricorne » en février 1944, puis « Méridien » en mars 1944, avant d’être homologué après-guerre sous le nom d’« Andromède-Athénée ».

Dans la documentation locale drômoise et dans plusieurs notices de résistants, la forme « Nestlé-Andromède » est très fréquente. Il faut donc distinguer le nom d’homologation d’après-guerre, Andromède-Athénée, des appellations opérationnelles utilisées pendant la clandestinité.

Création du réseau

Le réseau est créé en juillet 1943 à l’initiative d’Albert KOHAN, agent du réseau Gallia revenu de Londres avec mission d’implanter un réseau de renseignement exclusivement militaire en zone sud pour le compte du BCRA.

Le Musée de la Résistance en ligne précise que le poste central est d’abord installé à Lyon et que l’organisation vise à structurer un appareil de renseignement et de transmissions couvrant une partie importante du territoire. Les sources consultées ne permettent pas de fixer avec certitude un unique lieu de fondation au sens strict ; Lyon apparaît cependant comme le principal centre de commandement initial attesté.

Organisation interne

Le réseau présente une organisation hiérarchisée et cloisonnée. D’après le schéma conservé par le SHD et analysé par le Musée de la Résistance en ligne, Andromède-Athénée comprend un poste central installé à Lyon jusqu’en avril 1944, puis une structure partagée entre Lyon et Paris.

Il est divisé en deux zones, Nord et Sud, chacune dotée de services propres de codes, transport, sécurité et secrétariat, reliés à une centrale de liaisons.

À l’intérieur de ces zones, les subdivisions régionales portent des noms de vents, tels « Brise », « Rafale », « Siroco » ou « Zéphyr ». Cette structuration confirme qu’il s’agit d’un réseau de renseignement et de transmissions d’ampleur nationale, et non d’un simple groupe local.

Actions menées pendant la Résistance

Les actions attestées relèvent principalement du renseignement militaire, de l’observation des mouvements ennemis, des transmissions clandestines et de la préparation logistique d’opérations aériennes.

Dans la Drôme, André VINCENT-BEAUME explique avoir organisé un maillage d’informateurs sur les cantonnements allemands, les transports ferroviaires et l’aérodrome de la Trésorerie, tout en recherchant des points d’émission radio et des terrains susceptibles de servir aux atterrissages ou parachutages.

Le réseau ne se définit donc pas d’abord par le sabotage, que ses chefs tendent même à écarter au profit de l’observation et de la transmission. Les sources indiquent aussi qu’il entretient des capacités d’opérations aériennes, notamment en Isère et en Seine-et-Marne.

Implantation territoriale

Les sources consultées montrent une implantation forte en zone sud, en particulier dans la vallée du Rhône et la Drôme, mais aussi une extension au nord à partir de 1944. Le Musée de la Résistance en ligne présente Nestlé-Andromède comme l’un des réseaux de renseignement les mieux connus de la Drôme, où il s’appuie sur des sociabilités locales préexistantes et sur des relais administratifs, enseignants ou ferroviaires. Après la scission d’avril 1944, la création d’une centrale à Paris pour la zone Nord confirme une extension plus large de l’organisation.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Andromède-Athénée travaille pour le BCRA et entretient des relations étroites avec d’autres réseaux de la France combattante. Le Musée de la Résistance en ligne cite explicitement des liens avec Electre, Ajax, Gallia, Écarlate, Pourpre et Vermillon. Dans la Drôme, plusieurs notices de résistants montrent aussi des circulations entre Andromède, le NAP, les maquis du Vercors, Gallia ou encore d’autres structures de renseignement. Il ne s’agit donc pas d’un réseau isolé, mais d’une organisation insérée dans l’ensemble du dispositif de la Résistance intérieure rattachée à la France combattante.

Chefs et figures marquantes

Albert KOHAN joue un rôle fondateur : revenu de Londres, il met le réseau sur pied et le dirige jusqu’à sa mort le 17 décembre 1943 dans un accident d’avion lors de son retour en Angleterre.

Henri JACQUIER-GARNIER, souvent désigné sous le pseudonyme « Mistral », lui succède ensuite à la tête du réseau ; les sources le présentent comme sous-chef pour la vallée du Rhône, puis comme principal responsable après la disparition de KOHAN.

André VINCENT-BEAUME apparaît comme l’un des créateurs ou organisateurs majeurs dans la Drôme. Les sources locales mentionnent aussi Drey dit « Amieux », sous-officier d’aviation chargé de l’implantation régionale, ainsi que Chevalier dit « Roland », qui remplace Ferlin à la fin de décembre 1943 dans la Drôme.

Victimes et morts

Plusieurs figures liées au réseau sont mortes en service, exécutées ou déportées.

Albert KOHAN meurt le 17 décembre 1943 des suites d’un accident aérien après une mission Londres-France-Londres liée à la mise en place de Nestlé-Andromède.

Dans la Drôme, Ernest DIEBOLD, utilisé comme correspondant sur les trafics ferroviaires, est arrêté, déporté et meurt au camp d’Ohrdruf selon le témoignage conservé par le Musée de la Résistance en ligne. Les notices du Maitron et d’autres mémoriaux confirment aussi l’engagement d’agents Andromède exécutés ou morts en déportation, comme Florentin MOUCHET, agent de liaison du réseau, ou encore Joseph LIMANDAS, actif dans Andromède-Athénée, arrêté puis déporté. Les sources complémentaires mentionnent également, pour l’ensemble du réseau homologué, huit tués et quarante-trois déportés, dont vingt-deux non revenus ; ce chiffrage, repris par des sites mémoriels d’anciens Français libres, doit être utilisé avec prudence tant qu’il n’a pas été recoupé par une source archivistique directe dans cette recherche.

Survivants identifiés

Parmi les survivants identifiés figurent André VINCENT-BEAUME, présenté comme l’un des organisateurs majeurs du réseau dans la Drôme et, après-guerre, comme correspondant départemental du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Henri JACQUIER-GARNIER survit également à la guerre et apparaît dans les sources de mémoire des Français libres comme ayant poursuivi l’encadrement du réseau jusqu’à l’été 1944. Plusieurs notices individuelles du Musée de la Résistance en ligne et du Maitron confirment aussi la survie d’agents locaux qui ont ensuite participé à la transmission mémorielle régionale du réseau.

Fin du réseau

La fin du réseau ne correspond pas à un démantèlement unique et simple. Les sources montrent d’abord une réorganisation profonde en avril 1944, avec une scission entre zone Nord et zone Sud.

Après le départ d’Henri JACQUIER-GARNIER pour Londres le 9 juillet 1944, la direction est confiée à Maxime BLUM à partir du 13 août 1944 selon les sources mémorielles des Français libres. Le Musée de la Résistance en ligne indique que le réseau fonctionne jusqu’à la Libération. La formule la plus solide consiste donc à parler d’une transformation et d’une poursuite de l’activité jusqu’à la Libération, plutôt que d’une date unique de dissolution.

Conséquences et mémoire

L’importance stratégique du réseau tient à son rôle de collecte de renseignement militaire et de transmissions pour le BCRA, dans un cadre structuré et interrégional. Dans la Drôme, il participe à la connaissance des implantations allemandes, des transports, des aérodromes et à la préparation de points techniques utiles aux opérations clandestines. Sa mémoire est conservée par le dossier d’homologation du SHD, par le Musée de la Résistance en ligne, par les notices de résistants qui lui sont rattachés et par des fonds d’archives signalés dans FranceArchives. L’histoire mémorielle du réseau passe donc largement par les archives d’homologation, les biographies de ses agents et les travaux régionaux sur la Drôme et le Vercors, davantage que par un grand monument national spécifique identifié dans cette recherche.

Divergences et précautions

La principale divergence relevée concerne la dénomination exacte du réseau selon les moments et les sources. « Andromède » seul apparaît dans certaines notices individuelles, « Nestlé-Andromède » dans les sources régionales et « Andromède-Athénée » dans le cadre de l’homologation. Ces désignations ne paraissent pas renvoyer à des structures entièrement différentes, mais à des états successifs ou à des appellations parallèles d’un même ensemble clandestin. En revanche, les effectifs globaux et le bilan précis des pertes ne sont pas suffisamment recoupés par des sources institutionnelles directement ouvertes dans cette recherche pour être tenus ici pour absolument définitifs.

Références bibliographiques

Les réseaux de résistance de la France combattante. Dictionnaire historique, sous la direction de Stéphane Longuet et Nathalie Genet-Rouffiac, Economica, 2013. Cet ouvrage de référence est explicitement mobilisé par le Musée de la Résistance en ligne pour contextualiser Andromède-Athénée. Il apporte un cadre solide sur les réseaux rattachés à la France combattante, leur organisation, leurs missions et leur homologation après-guerre. Pour Andromède, il constitue manifestement l’un des points d’appui historiographiques majeurs.

Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, sous la direction de François Marcot, avec Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Robert Laffont, 2006. Cette somme est signalée dans les ressources bibliographiques dédiées aux réseaux et mouvements de la Résistance. Elle ne remplace pas le dictionnaire spécialisé de 2013, mais fournit le cadre général indispensable pour replacer Andromède dans l’ensemble de la Résistance intérieure et de la France libre.

La désobéissance. Histoire d’un mouvement et d’un journal clandestins, Libération-Sud, 1940-1944, Laurent Douzou, Odile Jacob, 1995. L’ouvrage porte avant tout sur Libération-Sud, mais il est cité dans la bibliographie liée à Albert KOHAN. Il éclaire utilement l’environnement militant et organisationnel dans lequel le futur fondateur d’Andromède a évolué avant son rattachement au BCRA et la mise en place du réseau.

Des réseaux et des hommes. Contribution à l’histoire du renseignement, L’Harmattan, 2000. Cet ouvrage est également cité dans la bibliographie associée à Albert KOHAN. Il paraît utile pour comprendre le fonctionnement concret des réseaux de renseignement et la place d’Andromède dans l’histoire des services clandestins de la France combattante, même si cette recherche n’a pas permis d’en vérifier directement le détail chapitre par chapitre.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne. Cette ressource fournit l’élément le plus précis consulté ici sur l’organisation du réseau, son homologation, ses variantes de nom, sa structure interne, son implantation territoriale et ses liens avec d’autres réseaux. Le schéma d’Andromède-Athénée est directement relié au dossier d’homologation conservé au SHD. https://museedelaresistanceenligne.org/media9314-Schma-du-rseau-de-transmissions-Andromde-Athne

Musée de la Résistance en ligne. Cette notice régionale sur André VINCENT-BEAUME apporte des informations très précieuses sur l’implantation drômoise de Nestlé-Andromède, ses méthodes d’observation, ses responsables locaux, le rôle des transmissions radio et les limites posées aux actions de sabotage. https://museedelaresistanceenligne.org/media518-Andr-Vincent-Beaume-en-1953

Musée de la Résistance en ligne. Cette exposition consacrée aux réseaux agissant dans la Drôme replace Nestlé-Andromède parmi les principaux réseaux de renseignement du département et montre ses interactions avec d’autres structures de Résistance locales. https://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=2&sstheme=224&stheme=31&theme=7

Service historique de la Défense. Le SHD conserve le dossier d’homologation du réseau sous la cote 17 P 74 et référence explicitement un ensemble d’archives « ANDROMEDE-ATHENEE ». Cette ressource est essentielle pour confirmer l’existence archivistique et administrative du réseau après-guerre. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1447212

Ordre de la Libération. Plusieurs notices individuelles, notamment celle de Gustave ANDRÉ, permettent de vérifier l’usage du nom « Andromède » dans des parcours personnels et d’observer le lien du réseau avec le BCRA et les transmissions clandestines. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/gustave-andre

Sources consultées : date de vérification : 13 mars 2026. Maitron Résistance : recherche sur « Andromède » sans notice générale de réseau retrouvée dans cette recherche, mais plusieurs notices individuelles utiles, notamment Florentin MOUCHET, Jean LOUBET, Henri GRIMAUD et d’autres agents liés au réseau ; ces notices confirment l’existence de la dénomination dans les parcours personnels. Musée de la Résistance en ligne : source principale de cette fiche, avec le schéma du réseau Andromède-Athénée, l’exposition sur les réseaux agissant dans la Drôme et les notices ou médias consacrés à André VINCENT-BEAUME et à divers agents. Service historique de la Défense : confirmation de l’existence archivistique du réseau par la cote 17 P 74 et par l’entrée « ANDROMEDE-ATHENEE ». Ordre de la Libération : consultation de notices individuelles confirmant l’usage opérationnel du nom « Andromède » dans des parcours de résistants rattachés au BCRA. FranceArchives : repérage de fonds mentionnant « Réseau Andromède-Nestlé-Athénée » et des dossiers d’archives associatifs ou historiques, utiles pour la mémoire documentaire du réseau. Fondation de la Résistance : résultat direct limité dans cette recherche ; une ressource de dons d’archives mentionne toutefois le réseau Andromède dans le parcours de Gaston PAPIN. Mémoire des Hommes : aucune notice de synthèse directement exploitable sur le réseau n’a été trouvée dans cette recherche. Gallica : recherche effectuée, sans résultat probant directement exploitable sur le réseau lui-même. Wikipédia : consultation complémentaire uniquement pour Albert KOHAN, utilisée comme source secondaire d’appoint et recoupée avec les données institutionnelles et mémorielles.

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