Dès 1940, des enseignants, journalistes, ouvriers se mobilisent pour la transmission d’informations essentielles aux réseaux de résistance.
Grâce à leur profession, ils :
- Recueillent des informations sur mouvements de troupes, rafles, réquisitions STO, via contact citoyen ou observatoire local.
- Discrètement rédigent et transmettent bulletins clandestins, faux billets, rapports codés aux réseaux comme la Confrérie Notre-Dame, les ACP, Combat, OCM, Libération‑Nord.
- Créent des réseaux d’enseignement sous couverture : le Comité National des Instituteurs (Louis Aragon, Émile Bottigelli) assure la diffusion du renseignement dans les écoles et collèges, infiltre les mairies et diffuse les messages de la BBC.
Réseaux, héros & répression
- Émile Bottigelli, inspecteur et fondateur du Comité des Instituteurs, arrêté en 1943 et déporté à Sachsenhausen.
- Yves Lavoquer, journaliste dans les Côtes‑d’Armor (pseudonyme Hervé), renseigne les mouvements OCM et la presse régionale, puis devient rédacteur en chef de Libération-Champagne.
- Jean Guignebert, journaliste et homme de radio, .
Leur activité entraîne aussi arrestations, tortures, exécutions ou déportations, mais leurs relais assurent l’alerte avant les actions alliées ou les évacuations.
Références Bibliographique
L’École des années noires. Une histoire du primaire en temps de guerre, entre Vichy et République (1938-1948) Matthieu Devigne, Presses Universitaires de France, 2018 Cet ouvrage retrace la vie de l’école primaire sous Vichy et l’Occupation, en montrant comment maîtres et maîtresses passent progressivement du loyalisme contraint à différentes formes de refus et de résistance. Il analyse les surveillances, dénonciations et sanctions visant les instituteurs républicains, mais aussi l’organisation de réseaux de solidarité, de diffusion de tracts et de journaux clandestins dans et autour des écoles. Il éclaire le rôle de l’école comme relais d’informations locales (mouvements de troupes, rafles, réquisitions, STO) et comme lieu privilégié de sociabilité pour les premiers noyaux résistants. OpenEdition Journals+2OpenEdition Journals+2
Les enfants de la défaite : la Résistance, l’éducation et la culture Jean-François Muracciole, Presses de Sciences Po, 1998 Étude de fond sur la manière dont les résistants pensent l’école, la culture et la jeunesse entre 1940 et 1944, en lien avec leurs projets de refondation républicaine. L’auteur montre comment enseignants, intellectuels et militants utilisent leur profession pour observer la société, alimenter les réseaux de renseignement et organiser la circulation clandestine des idées et des textes. De nombreux passages éclairent la participation d’instituteurs et de professeurs à la presse clandestine, aux faux papiers et aux liaisons avec Londres et la BBC, ainsi qu’aux débats sur la future réforme de l’enseignement. museedelaresistanceenligne.org+3documentation.insp.gouv.fr+3Google Livres+3
Les enfants de la guerre. Vivre, survivre, lire et jouer en France, 1939-1949 Gilles Ragache, Perrin, 1997 À partir d’archives et de témoignages, ce livre suit le quotidien des enfants sous l’Occupation, en insistant sur le rôle des adultes médiateurs, au premier rang desquels les enseignants. Il montre comment ces derniers filtrent ou détournent les consignes officielles, font circuler lectures interdites, journaux résistants ou messages implicites dans les classes. L’ouvrage éclaire ainsi la fonction des maîtres comme observateurs privilégiés des réalités locales (razzias, pénuries, départs au STO) et comme vecteurs discrets de la contre-propagande. OpenEdition Journals+2auschwitz.be+2
Les Écoles dans la guerre. Acteurs et institutions éducatives dans les tourmentes guerrières (XVIIe–XXe siècles) Jean-François Condette (dir.), Presses Universitaires du Septentrion, 2014 Ce volume collectif consacre plusieurs chapitres à la Seconde Guerre mondiale et à la France occupée, en étudiant les comportements professionnels des enseignants face aux injonctions des pouvoirs. Il met en lumière le passage d’une partie du corps enseignant à la Résistance, leur rôle dans la diffusion de l’information, la dissimulation de réfractaires ou de juifs et l’animation de réseaux locaux. On y trouve des analyses sur la mise en place de structures comme le Comité national des instituteurs et sur les écoles comme points d’appui pour les mouvements de Résistance. Musée de la Résistance de Châteaubriant+2resistance60.fr+2
La Lutte clandestine en France. Une histoire de la Résistance, 1940-1944 Sébastien Albertelli, Julien Blanc, Laurent Douzou, Éditions du Seuil, 2019 Synthèse récente qui décrit la Résistance comme un ensemble de pratiques clandestines (renseignement, presse, logistique, faux papiers) plus que comme une simple addition de mouvements. Les auteurs détaillent la manière dont les réseaux s’appuient sur des professions « en vue » ou mobiles – instituteurs, journalistes, employés de mairie, ouvriers qualifiés – pour recueillir les informations de terrain et les faire remonter vers Londres. L’ouvrage consacre plusieurs passages à la presse clandestine (Combat, Libération, Libération-Nord, Défense de la France, etc.) et aux circuits de diffusion, en montrant la place qu’y occupent enseignants, typographes, militants syndicaux et ouvriers. La Cliothèque+3Seuil+3LARHRA+3
Presse clandestine, 1940-1944 Claude Bellanger, Armand Colin, 1961 Ouvrage pionnier consacré à l’ensemble de la presse clandestine française, qui décrit les conditions matérielles d’impression, de rédaction et de diffusion des journaux de Résistance. Bellanger y étudie les grands titres (Combat, Libération, Libération-Nord, Défense de la France, Résistance, etc.) et les feuilles plus spécialisées, en insistant sur le rôle des militants de terrain – ouvriers d’imprimerie, employés de bureau, enseignants, journalistes – dans la collecte du renseignement et la circulation des numéros. Il reconstitue les réseaux de distribution qui s’appuient sur les écoles, les mairies, les entreprises ou les administrations comme lieux de stockage et de relais de ces bulletins. Le Monde diplomatique+3Livre Rare Book+3museedelaresistanceenligne.org+3
Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre François Marcot (dir.), Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2006 Ce dictionnaire de référence offre des centaines d’entrées consacrées aux mouvements (Combat, Libération, Libération-Nord, OCM, Front national de l’enseignement, etc.), aux réseaux de renseignement (Confrérie Notre-Dame) et aux grandes organisations syndicales ou professionnelles. On y trouve aussi de nombreuses notices biographiques d’instituteurs, de professeurs, de journalistes et d’ouvriers engagés dans la Résistance, ainsi que des articles thématiques sur la presse clandestine, le renseignement militaire, le STO ou la propagande alliée. L’ouvrage permet de documenter précisément les liens entre milieux professionnels, collecte d’informations locales et transmission vers les états-majors de la Résistance ou vers Londres. museedelaresistanceenligne.org+5Fondation de la Résistance+5sb13b8827143a7d59.jimcontent.com+5
Références Internet
L’École et la Résistance – Dossier pédagogique du Musée de la Résistance nationale (CNRD 2022-2023) Ce dossier de 114 pages revient en détail sur la place de l’école dans la politique de Vichy et sur les formes de résistance des enseignants, notamment par la diffusion d’idées républicaines, l’aide aux élèves menacés et la participation aux mouvements et réseaux. Il expose clairement la création du Comité national des instituteurs (CNI), la mise en place de journaux d’enseignants comme L’École laïque et L’École de Bara, et montre comment les instituteurs utilisent leurs fonctions (mairies, écoles, secrétariats) pour observer les rafles, les réquisitions ou le STO et transmettre ces informations à la Résistance. musee-resistance.com+1
https://www.musee-resistance.com/wp-content/uploads/2022/12/CNRD2023_dossier-MRN_version-Web.pdf
CNRD 2022-2023 : « L’École et la Résistance : des jours sombres au lendemain de la Libération (1940-1945) » – Musée de la Résistance en ligne Cette exposition en ligne présente le basculement de l’école de la IIIe République vers l’école vichyste, puis les différentes formes de résistance pédagogique et politique d’une partie du corps enseignant. Elle montre comment des instituteurs et professeurs rejoignent les mouvements (Front national, Libération, etc.), participent à la presse clandestine, cachent des enfants ou des réfractaires et servent de relais d’informations. De nombreux exemples illustrent le lien entre observation de la vie locale (arrestations, réquisitions) et renseignement transmis aux réseaux. museedelaresistanceenligne.org+2museedelaresistanceenligne.org+2
https://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=95&stheme=497&theme=275
L’école et la Résistance dans l’Oise – Résistance 60 Cette page synthétique replace le rôle des écoles normales et des instituteurs de l’Oise dans l’histoire plus large de l’école républicaine puis de la Résistance. Elle insiste sur la position particulière des maîtres, souvent aussi secrétaires de mairie, qui disposent d’un accès privilégié aux informations administratives et aux mouvements de population, ce qui en fait des relais essentiels pour les réseaux locaux. Elle donne des exemples précis de parcours d’enseignants, de leur entrée en clandestinité et de leur participation à la diffusion de tracts, de journaux et de mots d’ordre résistants. resistance60.fr+2resistance60.fr+2
https://www.resistance60.fr/socio-enseignants
Les instituteurs, premiers « résistants » – Politis Cet article de vulgarisation historique revient sur la longue tradition d’engagement des instituteurs républicains et explique pourquoi ils apparaissent très tôt comme un milieu particulièrement hostile à Vichy. Il montre comment nombre d’entre eux participent dès 1940 à la circulation de nouvelles non censurées, à l’accueil de réfractaires ou de juifs et à la diffusion de la presse clandestine. L’auteur insiste sur la façon dont leur implantation dans les villages, leurs fonctions administratives et leurs réseaux syndicaux facilitent la collecte de renseignements et leur transmission aux mouvements et réseaux de Résistance. POLITIS
https://www.politis.fr/articles/2021/05/les-instituteurs-premiers-resistants-43173/
21 – Les instituteurs résistants – Association CEDREL (brochure PDF) Cette brochure retrace, à partir de nombreux exemples locaux, le rôle des instituteurs ruraux pendant l’Occupation, en mettant l’accent sur leur double fonction d’enseignants et de secrétaires de mairie. Elle décrit comment cette position leur donne accès à des registres, listes, ordres de réquisition ou fichiers du STO qu’ils peuvent copier, falsifier ou transmettre à la Résistance. Le texte détaille des cas concrets de collecte de renseignements, de diffusion de tracts et de journaux clandestins, ainsi que d’utilisation de l’école comme boîte aux lettres ou cache pour armes, papiers et personnes recherchées. association-cedrel.fr+1
https://association-cedrel.fr/wp-content/uploads/2020/02/Instituteurs-resistants.pdf
Parcours d’instituteurs socialistes et syndicalistes dans la Résistance – Fondation Jean-Jaurès Cet article analyse la trajectoire de plusieurs instituteurs socialistes et syndicalistes qui s’engagent dans la Résistance, en s’appuyant sur des recherches récentes et sur les fonds du Musée de la Résistance nationale. Il montre comment leurs pratiques militantes antérieures (presse syndicale, réunions, collecte d’informations) sont réinvesties dans la clandestinité, notamment pour organiser la diffusion de journaux, de tracts et de bulletins d’information. L’étude insiste sur la coopération entre ces enseignants et les mouvements et réseaux (Front national, CNI, mouvements unifiés) pour structurer des circuits de renseignement au plus près des populations. Jean Jaurès+2Jean Jaurès+2
https://www.jean-jaures.org/publication/parcours-dinstituteurs-socialistes-et-syndicalistes-dans-la-resistance/
Enseignants résistants 1939-1945 – VRID (Vienne, région Poitou-Charentes, PDF) Ce document rassemble des notices consacrées à des enseignants résistants (instituteurs, professeurs) de la Vienne, en décrivant pour chacun les formes concrètes de leur engagement. On y voit des exemples d’aide à des aviateurs alliés, de passage de la ligne de démarcation, de fabrication de faux papiers avec des collègues, mais aussi de participation à la diffusion de journaux clandestins et de messages venus de Londres. L’ensemble met en évidence les pratiques de renseignement « au ras du sol » permises par l’ancrage local des enseignants et leurs contacts quotidiens avec les habitants. vrid-memorial.com+1
https://www.vrid-memorial.com/wp-content/uploads/2023/01/Enseignants-et-Resistance.pdf
La presse clandestine – Chemins de mémoire (Ministère des Armées) Cette notice institutionnelle présente le contexte de censure instauré dès 1940 et la naissance de la presse clandestine comme réponse directe des mouvements de Résistance. Elle rappelle le rôle décisif de ces journaux pour diffuser informations et analyses non contrôlées, rendre compte des rafles, des réquisitions et des exactions, et relayer les consignes venues de Londres et de la BBC. Le texte souligne que la fabrication et la diffusion de ces feuilles reposent sur des réseaux de militants issus de divers milieux professionnels – journalistes, employés, ouvriers, enseignants – qui mettent à profit leurs lieux de travail pour imprimer et faire circuler la presse. Chemins de Mémoire+2Chemins de Mémoire+2
https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-presse-clandestine
La presse clandestine dans le catalogue général 1939-1945 – Bibliothèque nationale de France Cette page de la BnF présente les collections de journaux clandestins conservés et décrit leur diversité (journaux de mouvements, feuilles professionnelles, publications régionales ou de réseaux). Elle insiste sur l’importance de ces titres pour comprendre le fonctionnement de la Résistance intérieure, la circulation des informations sur les rafles, les déportations, le STO et les combats, ainsi que la manière dont ces feuilles pénétraient dans tous les milieux sociaux. La notice renvoie à des inventaires qui permettent de repérer, parmi d’autres, des journaux émanant du Comité national des instituteurs ou de milieux ouvriers et syndicalistes. Bibliothèque nationale de France+2Gallica+2
https://www.bnf.fr/fr/la-presse-clandestine-dans-le-catalogue-general-1939-1945
Journaux de la Résistance de la zone sud – Sélection Gallica (BnF) Cette sélection Gallica donne accès à de nombreux titres clandestins édités en zone sud, dont L’École de Bara, organe du Comité national des instituteurs (zone sud), avec plusieurs numéros de 1944. Chaque notice rappelle l’éditeur (mouvement ou réseau) et la fonction du journal comme organe d’information, de liaison et de combat, permettant d’illustrer concrètement la place des enseignants dans la presse clandestine. La présence d’autres titres ouvriers ou régionaux montre comment instituteurs, typographes, militants communistes ou socialistes coopèrent pour structurer une véritable « contre-presse » de la Résistance. Gallica+2Fondation de la Résistance+2
https://gallica.bnf.fr/selections/fr/html/journaux-de-la-resistance-de-la-zone-sud
Confrérie Notre-Dame (CND) – Musée de la Résistance en ligne Cette notice présente la Confrérie Notre-Dame comme l’un des principaux réseaux de renseignement militaires de la Résistance, créé dès l’été 1940 par Gilbert Renault, dit « Rémy ». Elle montre comment le réseau s’appuie sur des relais civils très divers – fonctionnaires, enseignants, cheminots, employés de mairie – pour observer les mouvements de troupes, les installations militaires ou les conséquences locales des rafles et réquisitions, avant de transmettre ces informations à Londres. Le texte fournit un cadre précis pour comprendre le rôle des professions « ordinaires » dans la collecte systématique d’informations. museedelaresistanceenligne.org+2museedelaresistanceenligne.org+2
https://museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=127&stheme=483&theme=254
Presse clandestine : journal « Combat » – CHRD Lyon Cette notice de musée retrace l’histoire du journal clandestin Combat, né à Lyon en 1941, qui donne rapidement son nom au Mouvement de libération française. Elle insiste sur l’importance de la presse dans la constitution des mouvements de Résistance, en expliquant comment la rédaction, l’impression et la diffusion de Combat mobilisent des équipes dactylographes, de journalistes, d’ouvriers, de militants et de porteurs souvent issus des milieux enseignants ou employés. La fiche rappelle que le mouvement s’intègre ensuite aux Mouvements unis de la Résistance (MUR), ce qui permet de connecter les réseaux de presse aux réseaux de renseignement et d’action. Wikipédia+3chrd.lyon.fr+3Wikipédia+3
https://www.chrd.lyon.fr/musee/collections/presse-clandestine-journal-combat
Presse et radio en France pendant la Seconde Guerre mondiale – Dossier pédagogique Réseau Canopé (PDF) Ce dossier pédagogique analyse l’articulation entre radio et presse pendant la guerre, en soulignant la place des émissions de Londres et de la BBC comme sources d’information et de mots d’ordre pour la Résistance intérieure. Il explique comment la presse clandestine reprend, commente et adapte ces messages pour des publics spécifiques (ouvriers, fonctionnaires, enseignants, étudiants) et comment les réseaux utilisent les structures professionnelles pour diffuser journaux et consignes. On y trouve également des tableaux synthétiques sur les principaux mouvements (MUR, MLN, OCM, CDLR, CDLL…) et leurs organes de presse, utiles pour situer les titres cités sur votre site.
https://www.reseau-canope.fr/fileadmin/user_upload/Academies-ateliers/DT_Aquitaine_Limousin_Poitou-Charentes_ALCP/Academie_Bordeaux/Atelier_Canope_24_Perigueux/2e-guerre-mondiale_Presse-et-radio-en-France.pdf