Pierre REBIÈRE, né le 15 mai 1909 à Saint-Priest-Taurion, Haute-Vienne, France, mort le 5 octobre 1942 à Suresnes, Hauts-de-Seine, France.
Issu d’une famille ouvrière, Pierre REBIÈRE travaille très tôt comme métallurgiste. Il s’installe en région parisienne et devient un militant actif de la Fédération des métaux CGT et du Parti communiste français (PCF) dans les années 1930. Son parcours est celui d’un cadre ouvrier politisé, formé à l’action syndicale et aux luttes sociales de l’entre-deux-guerres. Avant le conflit, il réside à Levallois-Perret.
Mobilisé en 1939, il reprend le contact avec l’appareil clandestin du PCF après la défaite. Dès l’été 1941, suite à l’invasion de l’URSS, il intègre l’Organisation spéciale (OS) puis les Bataillons de la Jeunesse. Son engagement est total et marqué par une volonté de porter des coups directs à l’occupant. Il devient rapidement un cadre de confiance pour la direction nationale du Parti, notamment pour l’organisation de la lutte armée dans les grandes agglomérations.
Il appartient aux Bataillons de la Jeunesse (mouvement de jeunesse communiste combattant) et est rattaché aux Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF). Il opère sous la direction de cadres comme Fernand Zalkinow ou Albert Gueusquin. Ses missions l’amènent à coordonner des groupes de combat entre Paris et la province, notamment dans le Sud-Ouest.
Missions et actions
Pierre REBIÈRE est envoyé à Bordeaux à l’automne 1941 pour dynamiser la résistance armée. Le 21 octobre 1941, il est le principal responsable et l’exécuteur de l’attentat contre le conseiller d’administration militaire Hans Reimers à Bordeaux.
Cette action, menée avec Henri FERNET, déclenche les représailles de Souge. De retour à Paris, il participe à l’organisation de nombreux sabotages ferroviaires et attentats contre des officiers allemands, s’affirmant comme l’un des pionniers de la guérilla urbaine en France.
Arrestation / évasion / déportation
Il est arrêté le 15 décembre 1941 par la Brigade Spéciale n°2 (BS2) à Paris. Torturé durant de longs interrogatoires, il ne livre aucune information sur ses complices bordelais. Interné à la prison de la Santé puis à Fresnes, il est traduit devant le tribunal du Gross Paris. Condamné à mort le 30 septembre 1942, il est fusillé au stand de tir du Mont-Valérien le 5 octobre 1942.
Camarades de combat
Ses liens sont étroits avec Henri FERNET, son second lors de l’action de Bordeaux. En région parisienne, il collabore avec les membres du groupe de Fernand Zalkinow. Son épouse, Marcelle Rebière, est également une militante active engagée dans le soutien logistique à la Résistance.
Retour à la vie civile
Mort pour la France à l’âge de 33 ans, Pierre REBIÈRE n’a pas connu la Libération. Sa postérité est marquée par la reconnaissance du PCF qui fait de lui l’un de ses martyrs emblématiques. Son courage sous la torture a permis de protéger les structures clandestines de Bordeaux pendant plusieurs mois.
Décorations
• Médaille de la Résistance française Décret du 11 mars 1947 JO du 27 mars 1947
• Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume (Source Wikipédia, décret non retrouvé)
• Croix de Guerre 1939-1945 avec palme à titre posthume (Source Wikipédia, décret non retrouvé)
Lieux de mémoire
Son nom figure sur le monument des fusillés du Mont-Valérien à Suresnes, Hauts-de-Seine, France.
Une rue porte son nom à Paris, France (17e arrondissement).
Une plaque commémorative est apposée au 65 rue Jules-Guesde à Levallois-Perret, Hauts-de-Seine, France.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Priest-Taurion, Haute-Vienne, France.
Références bibliographiques
Les fusillés (1940-1944) : dictionnaire biographique des fusillés et exécutés par condamnation et comme otages sous la direction de Claude Pennetier. Cet ouvrage contient une notice biographique très documentée sur le parcours militant et résistant de Pierre REBIÈRE, s’appuyant sur les archives du PCF et les dossiers de justice allemande.
Bordeaux 1940-1944 par Dominique Lormier. Ce livre consacre des passages précis à l’attentat de la barrière du Médoc et au rôle de coordinateur joué par Pierre REBIÈRE dans le dispositif des Bataillons de la Jeunesse en Gironde.
Références internet
Le Maitron Fusillés Ce site propose une biographie complète détaillant son activité syndicale avant-guerre et son rôle de premier plan dans les attentats de 1941. https://www.google.com/search?q=https://fusilles-40-44.maitron.fr/spip.php%3Farticle161474
Musée de la Résistance en ligne Ce site présente des documents relatifs aux représailles consécutives à l’attentat mené par Rebière à Bordeaux. https://www.google.com/search?q=https://museedelaresistanceenligne.org/
Dossier d’homologation consulté Dossier SHD de Pierre REBIÈRE, cote GR 16 P 501869 (Dossiers individuels des résistants).
Observations Une confusion orthographique est parfois relevée dans certains rapports de police d’époque écrivant REBIERRE avec deux R.