La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

PONS Eugène Flavien Alias : La Source|Pilate

Eugène Flavien PONS, alias « La Source » et « Pilate », né le 15 mai 1886 à Saint-Étienne (Loire), mort le 24 février 1945 au camp de concentration de Neuengamme (Allemagne), français.

Eugène Pons naquit à Saint-Étienne dans une famille liée au monde de la presse, son père étant journaliste. Sensible au catholicisme social, il fut proche du mouvement du Sillon. Marié et père d’un enfant, il s’établit à Lyon après la Première Guerre mondiale et exerça le métier d’imprimeur.

Engagement dans la Résistance

Dès 1940-1941, Eugène Pons mit son savoir-faire professionnel et son imprimerie au service de la Résistance. En mai 1941, il accepta d’imprimer pour Jean Stetten-Bernard un tract affirmant, en réponse au président Franklin Roosevelt, que le peuple français refusait la collaboration.

Son imprimerie fonctionnait officiellement pendant la journée, tandis que les travaux clandestins étaient exécutés la nuit et pendant les fins de semaine. Pons fabriqua des journaux, des tracts et de faux papiers destinés notamment à faciliter l’évasion de prisonniers.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Eugène Pons travailla pour Combat, les Mouvements unis de Résistance, Témoignage chrétien et plusieurs organes de presse clandestine. Il imprima notamment des numéros ou des documents de Combat, de Franc-Tireur, de La Marseillaise et des Cahiers du Témoignage chrétien.

Son rôle relève moins d’une appartenance exclusive à une organisation que d’une coopération technique au service de plusieurs mouvements. Son atelier constituait un maillon important du système clandestin lyonnais de composition, d’impression et de diffusion.

Missions et actions

Eugène Pons imprima les Cahiers et Courriers du Témoignage chrétien à partir de mars 1942. Il participa également à l’impression de Franc-Tireur, de La Marseillaise et, en collaboration avec André Bollier et Joseph Martinet, du journal Combat.

Il fut chargé d’imprimer le faux Nouvelliste daté du 31 décembre 1943. Avec son gendre Pierre Barnier et plusieurs ouvriers, il réalisa en un week-end un tirage de 25 000 exemplaires. Francisque Vacher grava le cliché du titre, Pons ne disposant pas de caractères identiques à ceux du quotidien original.

L’opération permit de substituer dans les kiosques lyonnais le faux journal à l’édition collaborationniste authentique. Les exemplaires clandestins relataient les actions de la Résistance, les revers allemands et le défilé d’Oyonnax.

Arrestation / évasion / déportation

Le 21 mai 1944, la Gestapo perquisitionna l’imprimerie. Aucun document compromettant ne fut découvert. Eugène Pons aurait d’abord pu être libéré, mais il protesta afin de défendre son ouvrier Charles Lang, arrêté parce que les Allemands le considéraient comme ressortissant allemand en raison de son origine alsacienne. Pons fut alors maintenu en détention.

Interné à la prison de Montluc, il fut transféré le 1er juillet 1944 au camp de Compiègne. Le 15 juillet, il fut déporté dans un convoi d’environ 1 500 hommes à destination de Neuengamme. Il mourut d’épuisement dans ce camp le 24 février 1945.

Camarades de combat

Eugène Pons travailla notamment avec son gendre Pierre Barnier, son contremaître Verrier, les ouvriers Charles Planchet et Charles Lang, Jean Stetten-Bernard, le père Pierre Chaillet, Louis Cruvillier, Louis Besacier, Joseph Martinet, André Bollier, Adrien Némoz et Fernand Belot.

Retour à la vie civile

Eugène Pons ne revint pas de déportation. Sa reconnaissance et sa mémoire furent prises en charge après la guerre par sa famille, ses compagnons, les organisations issues de la Résistance et la municipalité de Lyon.

Décorations

  • Médaille de la Résistance française avec rosette à titre posthume par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O51397.
  • Officier de la Légion d’honneur à titre posthume — Source : Musée de la Résistance en ligne ; décret non retrouvé lors des présentes recherches.
  • Croix de guerre — Source : Musée de la Résistance en ligne ; décret et caractéristiques exactes non retrouvés lors des présentes recherches.
  • Mention « Mort pour la France » — Source : Musée de la Résistance en ligne.

Lieux de mémoire

Une rue du quatrième arrondissement de Lyon porte le nom d’Eugène Pons depuis une délibération municipale du 26 novembre 1945.

Une plaque apposée au 21 rue René-Leynaud, emplacement de son ancienne imprimerie, rappelle son activité de maître imprimeur résistant et sa mort à Neuengamme. Son nom figure également sur une plaque collective de l’église Saint-Eucher.

Références bibliographiques

Marcel Pons, Eugène Pons : imprimeur, chrétien, résistant, martyr, Éditions du Témoignage chrétien, 1991. Cette biographie familiale constitue l’ouvrage spécifiquement consacré à Eugène Pons. Elle documente son catholicisme social, son métier, son engagement clandestin, son arrestation et sa déportation.

François Marcot, Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006. Cet ouvrage permet de replacer l’activité d’Eugène Pons dans l’histoire de la presse clandestine, des imprimeurs résistants et des mouvements lyonnais.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne. La notice consacrée à la plaque Eugène-Pons fournit une biographie développée, décrit son atelier, ses collaborateurs, l’impression du faux Nouvelliste, son arrestation, sa déportation et ses lieux de mémoire. https://museedelaresistanceenligne.org/media10702-Plaque-la-mmoire-dEugne-Pons-Lyon

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote certaine de dossier d’homologation au Service historique de la Défense n’a été retrouvée lors des présentes recherches.

Observations

La date précise d’arrestation est donnée au 21 mai 1944 par le Musée de la Résistance en ligne..

Les données relatives à la Médaille de la Résistance sont divergentes et doivent être vérifiées dans le décret original ou les dossiers de l’Ordre de la Libération.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, les pseudonymes, l’activité d’imprimeur clandestin, la participation au faux Nouvelliste, l’arrestation, la déportation et le décès d’Eugène Pons sont établis par plusieurs sources concordantes, dont une notice institutionnelle détaillée. Des incertitudes limitées subsistent concernant la chronologie exacte de ses décorations.

Chronologie

DateÉvénement
15 mai 1886Naissance à Saint-Étienne (Loire).
Mai 1941Impression d’un tract confié par Jean Stetten-Bernard.
Mars 1942Début de l’impression régulière des publications de Témoignage chrétien.
31 décembre 1943Diffusion du faux Nouvelliste, imprimé à 25 000 exemplaires.
21 mai 1944Arrestation dans son imprimerie.
1er juillet 1944Transfert de Montluc à Compiègne.
15 juillet 1944Déportation vers Neuengamme.
24 février 1945Mort au camp de Neuengamme.
26 novembre 1945Attribution de son nom à une rue de Lyon.

Sources consultées

Le Musée de la Résistance en ligne, notice « Plaque à la mémoire d’Eugène Pons, Lyon », a fourni les renseignements sur son activité d’imprimeur, ses collaborateurs, le faux Nouvelliste, son arrestation, sa détention à Montluc, sa déportation et les hommages lyonnais. https://museedelaresistanceenligne.org/media10702-Plaque-la-mmoire-dEugne-Pons-Lyon

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