Jean Justin Louis PERROT, né le 24 juin 1904 à Rives (Isère), mort le 29 novembre 1943 à Grenoble (Isère)
Issu d’un milieu industriel de la région grenobloise, Jean Perrot suit des études brillantes, prépare Polytechnique, puis s’oriente vers le droit. Docteur en 1933, il entre dans les affaires familiales (établissements Sappey) tout en cultivant des engagements civiques. Une grave chute de cheval en 1924 l’handicape plusieurs années sans interrompre sa carrière.
Engagement dans la Résistance
Très tôt hostile à l’Occupation, il rejoint les structures départementales clandestines et prend des responsabilités au sein de l’appareil de direction isérois, notamment au directoire des Mouvements unis de la Résistance, sous le pseudonyme « De La Mothe ».
Appartenance à un réseau ou mouvement
Chef départemental du mouvement Franc-Tireur en Isère, rôle attesté par la notice du Maitron et par les synthèses locales grenobloises.
Responsable de l’organisation, de la liaison inter-mouvements et du financement, il œuvre à l’unification des forces résistantes du bassin grenoblois à l’automne 1943, période de très forte répression qui prélude à la « Saint-Barthélemy grenobloise ».
Arrestation / évasion / déportation
Le 29 novembre 1943, deux agents de la Gestapo se présentent à son usine de la rue Bresson ; une violente altercation éclate. Perrot est grièvement blessé par rafales de mitraillette et succombe à l’hôpital à 19 h, nouvelle victime des exécutions ciblées de la fin novembre 1943 à Grenoble.
Camarades de combat
Il travaille en lien avec le docteur Gaston Valois, Albert Reynier, et interagit – non sans tensions – avec Eugène Chavant dans le cadre des structures M.U.R. départementales.
Décorations
- Médaille de la Résistance avec rosette à titre posthume par décret du 03 Janvier 1946 JO 13 Janvier 1946
- Côte du dossier : 1O49553
Aucune autre décoration individuelle n’a pu être confirmée dans les bases officielles consultées .Son statut de « Mort pour la France » est indiqué par les lieux de mémoire et les synthèses locales ; la fiche nominative n’a pas été retrouvée via le moteur ouvert de Mémoire des Hommes lors de cette vérification.
Lieux de mémoire
À Grenoble, une avenue Jean-Perrot perpétue sa mémoire ; une plaque commémorative rappelle son assassinat sur le site des établissements Sappey. D’autres stèles rappellent les victimes de la Saint-Barthélemy grenobloise.
Références bibliographiques
Grenoble en Résistance, 1939-1944. Parcours urbains, Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère / Conseil départemental, 2014. Ouvrage de médiation historique retraçant les hauts lieux grenoblois de la clandestinité, dont l’usine Sappey et l’avenue Jean-Perrot, avec notices biographiques et documents d’archives.
Le Vercors, histoire et mémoire d’un maquis, Gilles Vergnon, Éditions de l’Atelier, 2002. Replace l’assassinat de Perrot dans la séquence de répression de novembre 1943 et les recompositions des directions résistantes de l’Isère.
Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier et social (Le Maitron) – notices « Jean Perrot », coord. Claude Pennetier, en ligne. Notice prosopographique sourcée sur sa trajectoire militante et clandestine, utile pour les dates, pseudonymes et responsabilités.
Références internet
Le Maitron – « PERROT Jean, Justin, Louis (pseudonyme De La Mothe) »
Notice détaillée : état civil, fonctions au sein de Franc-Tireur et circonstances de la mort le 29 novembre 1943.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/perrot-jean-justin-louis-pseudonyme-de-la-mothe/
Ville de Grenoble – « Le théâtre de la Résistance »
Synthèse municipale illustrée sur la vague d’arrestations et d’exécutions des 25-29 novembre 1943, mentionnant l’assassinat de Jean Perrot.
https://www.grenoble.fr/612-le-theatre-de-la-resistance.htm
LICRA – « La Saint-Barthélemy grenobloise »
Article de contextualisation sur la séquence répressive de fin novembre 1943 à Grenoble, avec rappel des principales victimes et des modalités d’exécution.
https://www.licra.org/le-25-novembre-1943-la-saint-barthelemy-grenobloise
Dossier d’homologation consulté : non – cote SHD non retrouvée en ligne. (Recherche nominative infructueuse dans GR 16 P ouverte au public.)
Observations orthographiques et divergences
Le pseudonyme « De La Mothe » (ou « Delamothe ») est attesté ; on rencontre des variations mineures d’orthographe. Les récits de sa dernière journée divergent parfois sur l’heure exacte de l’attaque, mais convergent sur le décès à l’hôpital le 29 novembre 1943.
Sources consultées (sélection raisonnée) : Le Maitron (notices « Perrot » et événements de novembre 1943) ; Ville de Grenoble ; LICRA ; Musée de la Résistance de l’Isère (parcours urbains).