L’Organisation Universitaire (OU) est créée à partir de 1942-1943, en zone Sud, sous l’impulsion des Mouvements Unis de la Résistance (MUR). Elle naît du besoin de coordonner l’action des étudiants et lycéens dans la Résistance, d’assurer la relève intellectuelle et d’intégrer la jeunesse scolarisée au combat clandestin.
Organisation
- La OU est structurée comme une section spécifique des MUR dédiée aux jeunes :
- Elle dispose d’un responsable régional, d’adjoints, d’un bureau d’études politiques et d’équipes locales dans les lycées et facultés.
- Elle publie ses propres tracts et journaux clandestins (ex. Le Marseillais à Marseille) pour la diffusion d’informations, l’appel à la résistance et la préparation politique de l’après-Libération.
Actions pendant la Résistance
- Propagande et sensibilisation anti-vichyste et anti-allemande au sein des lycées et facultés.
- Diffusion de journaux clandestins étudiants.
- Participation au renseignement local sur l’occupant et la Milice.
- Formation d’étudiants pour leur intégration dans les Groupes Francs ou le maquis.
- Préparation de la reconstruction de l’enseignement supérieur après la Libération.
Ses réseaux
La OU n’est pas un réseau de renseignement autonome mais agit comme une structure intégrée aux MUR avec des liaisons directes avec :
- Combat (via la branche jeunes).
- Franc-Tireur (sections étudiantes).
- Libération-Sud (groupes universitaires).
Elle coopère également avec les Groupes Francs étudiants et la SAP (Section Atterrissage Parachutage) pour la logistique et les liaisons.
Ses chefs
- Albert CHABANON (« Valmy ») : normalien, agrégé de lettres, chef régional de l’OU en Provence, fusillé à Signes en juillet 1944.
- Guy FABRE (« Berger ») : adjoint régional, responsable du bureau d’études politiques de l’OU, fusillé à Signes.
- René MARIANI : responsable marseillais, arrêté et exécuté.
Ses morts
- Albert CHABANON, chef régional, intellectuel et organisateur majeur.
- Guy FABRE, militant ouvrier et intellectuel, figure morale de l’OU.
- Jean-Pierre DUBOIS, décorateur, secrétaire de terrain de l’OU, fusillé en 1944.
La OU subit une répression brutale en juin-juillet 1944 :
- Arrestation de la quasi-totalité de son encadrement à Marseille.
- Fusillade de Signes le 18 juillet 1944, où périrent Albert Chabanon, Guy Fabre, Jean-Pierre Dubois et d’autres membres du réseau.
Après la Libération, la OU est dissoute en tant que structure clandestine. Ses survivants participent à la reconstruction universitaire, à la création des syndicats étudiants (UNEF) et à l’encadrement politique de la jeunesse dans la France libérée.
Références bibliographiques
- Midi rouge, ombres et lumières. Histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône (1930-1950), Tome 3 – Résistance et Occupation, par Robert Mencherini, Éditions Syllepse, Paris, 2011. Cet ouvrage retrace l’histoire des organisations résistantes à Marseille, consacre un chapitre détaillé à l’OU des MUR, son organisation, ses chefs et sa répression en 1944.
- Les Groupes Francs des MUR (Bouches-du-Rhône, 1943-1944), par Madeleine Baudouin, PUF, Paris, 1962. Étude approfondie sur les structures combattantes et civiles des MUR, incluant la OU et sa participation à la préparation politique clandestine.
- Albert Chabanon, résistant et normalien marseillais, par Michel David, Éditions CRDP, Marseille, 1990. Biographie d’Albert CHABANON, chef régional de l’OU, présentant son action, ses écrits et son exécution à Signes.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media7939-Albert-Chabanon Notice sur l’OU des MUR à travers la biographie d’Albert Chabanon, son organisation, ses publications et la rafle de juin-juillet 1944.
- Fondation de la Résistance : https://www.fondationresistance.org/pages/recherche/
- Organisation+Universitaire
Articles retraçant l’histoire de l’Organisation Universitaire, son intégration aux MUR, ses missions et son écrasement en 1944.