Yvonne ODDON, Née le 22 février 1902 à Gap (Hautes-Alpes), Décédée le 26 juin 1982 à Versailles (Yvelines)
Originaire d’une famille protestante des Hautes-Alpes, Yvonne ODDON est une brillante élève. Elle suit des études à la Sorbonne, puis se forme à la bibliothéconomie à l’École des Chartes, et à l’École de l’American Library in Paris.
Elle devient ensuite bibliothécaire en chef au Musée de l’Homme, institution rattachée au Muséum national d’histoire naturelle. Très attachée à la diffusion de la culture et du savoir, elle milite pour un accès élargi à la lecture.
Son engagement dans la Résistance
Dès 1940, elle participe activement à la création du réseau du musée de l’Homme, un des tout premiers noyaux de Résistance intellectuelle à Paris. Elle s’implique dans :
- La rédaction de tracts et de journaux clandestins, comme le périodique “Résistance”
- L’aide à des prisonniers évadés, notamment en hébergeant ou en organisant des passages vers la zone libre
- La diffusion de messages codés et de correspondances secrètes
Elle agit en étroite collaboration avec Boris VILDÉ, Anatole LEWITSKY, et Germaine TILLION.
Arrestation et déportation
Elle est arrêtée le 10 février 1941, en même temps que d’autres membres du réseau. Incarcérée à la prison de Fresnes, puis à la Santé, elle échappe à la peine de mort (à la différence de ses camarades masculins) mais est déportée à Ravensbrück en Allemagne en 1943, dans le convoi des « 31000 » (femmes résistantes françaises).
Elle survit à la déportation et revient en France en 1945, affaiblie mais déterminée à poursuivre ses engagements.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Yvonne ODDON reprend son activité de bibliothécaire, mais se consacre aussi à :
- La formation des bibliothécaires (notamment à l’ENSSIB, l’école nationale du secteur)
- L’Union internationale des bibliothécaires
- La transmission de la mémoire résistante, notamment au sein d’associations d’anciens déportés
Elle devient une figure respectée du monde culturel et universitaire.
Décorations
Yvonne ODDON a reçu plusieurs distinctions honorant son courage et son engagement :
- Chevalier de la Légion d’honneur
- Croix de guerre 1939-1945
- Médaille de la Résistance française
Rues ou lieux de mémoire à son nom
- Rue Yvonne-Oddon à Paris (13ᵉ arrondissement)
- Plaque commémorative au Musée de l’Homme, en hommage aux membres du réseau
- Inscription au Mémorial de Ravensbrück en Allemagne
- Mention dans les hommages rendus aux “31000” (les résistantes françaises déportées à Ravensbrück)
Références bibliographiques
Ouvrages consacrés ou la mentionnant :
- Le Réseau du musée de l’Homme – Agnès Humbert, éd. Allia
- Germaine Tillion : Une femme-mémoire – Tzvetan Todorov, éd. Gallimard
- La Résistance au musée de l’Homme – Collectif, éd. Gallimard (Découvertes)
- Résistantes : 1940-1945 – Thomas Rabino, éd. Tallandier
- Dictionnaire des résistants déportés – Jean-Pierre Besse, éd. CNRS
- La déportation des femmes françaises à Ravensbrück – Marie-Josèphe Bonnet, éd. Tallandier
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne – Notice biographique détaillée, documents, archives du réseau
https://museedelaresistanceenligne.org/media6036-Yvonne-Oddon - Site de l’Amicale de Ravensbrück – Dossier sur les 31000, dont faisait partie Yvonne ODDON https://www.ravensbruck.org/fr/memoire/31000/oddon-yvonne
- Muséum national d’Histoire naturelle – Hommage aux résistants du musée
https://www.mnhn.fr/fr/actualites/memoire-des-resistants-du-museum