Massacre de Babyn Yar,
En septembre 1941, après l’invasion nazie de l’URSS, la population juive de Kyïv est rassemblée les 29 et 30 septembre dans le ravin de Babyn Yar. En l’espace de deux jours, environ 33 771 Juifs sont systématiquement fusillés par les SS, les Einsatzgruppen et la police locale, souvent après avoir été dénudés et alignés en rangées
Les exécutions se poursuivent ensuite jusqu’en 1943, visant aussi Roms, prisonniers de guerre soviétiques, patients psychiatriques et opposants ukrainiens .
Témoins, héros : quelques Juifs survivants (environ une centaine), ainsi que villageois et prêtres qui ont documenté les faits ou aidé les victimes ; Patrick Desbois a retracé de nombreux sites via Yahad-In Unum.
Conséquences
- Babyn Yar devient le plus grand massacre collectif de l’Holocauste par balles en URSS.
- Plusieurs communautés entières disparaissent.
- Pendant de longues années, l’événement est omni-négationniste sous l’ère soviétique, présenté comme meurtre des « citoyens soviétiques » sans mention de la spécificité juive.
- Ce n’est qu’après l’indépendance de l’Ukraine que la mémoire juive est réhabilitée, avec des dizaines de mémoriaux distincts, installations artistiques et le projet du Babyn Yar Holocaust Memorial Center.
Lieux de mémoire à Kyïv
- Monument soviétique (1976) : sculpture en bronze représentant un groupe de victimes, érigé sans référence explicite aux Juifs .
- Menorah de bronze : statue distincte élevée après 1991, symbole explicite du souvenir juif .
- Crystal Wall of Crying : mur contemporain en verre noir conçu par Marina Abramovič (installé en 2021), « Mur des pleurs » de 40 m.
- Synagogue symbolique en bois : pavillon tournant en forme de livre pop-up, œuvre de Manuel Herz.
- Installations artistiques : « Mirror field », colonnes Sefirot, sculptures dédiées aux enfants (Tatiana Markus), etc. .
- Babyn Yar Holocaust Memorial Center (BYHMC) : inauguré en 2016, centre éducatif et mémoriel en construction pour 2025/26.
- Avenue Stepan Bandera : artère renommée à proximité, symbolisation actuelle du débat entre mémoire nationale et réconciliation historique.
Références bibliographiques
- Babi Yar: A Document in the Form of a Novel, par Anatoly Kuznetsov, Yunost/Robert Laffont, Paris, 2011. Roman-document redécouvrant les événements atroces du ravin, à travers le regard d’un adolescent témoin. Crucial pour comprendre l’expérience vécue et le travail de mémoire précoce.
- Bitter War of Memory: The Babyn Yar Massacre, Aftermath, and Commemoration, par Victoria Khiterer, Purdue University Press, West Lafayette, 2025. Analyse historique rigoureuse de l’exécution, puis de la mémoire soviétique réprimée et de sa renaissance, avec études des monolithes actuels.
- Le Livre noir, par Ilya Ehrenbourg et Vassili Grossman, Actes Sud, Arles, 1995. Compilation monumentale de témoignages et documents d’époque – inclut des récits émouvants sur Babyn Yar et d’autres exactions extrajudiciaires soviétiques.
- Extermination : la machine nazie. Einsatzgruppen à l’Est, 1941–1943, par Richard Rhodes, Éditions Autrement, 2004. Décrit la mise en œuvre des unités mobiles de tuerie, avec Babyn Yar comme étape paradigmatique.
Références internet
- Babyn Yar Holocaust Memorial Center : https://babynyar.org/en
Présentation du site, des installations (mur de cristal, synagogue symbolique), missions éducatives et historique du projet. - US Holocaust Memorial Museum : https://encyclopedia.ushmm.org/content/en/article/kiev-and-babi-yar Notice historique documentant le déroulement des meurtres, les exécutions ultérieures, et l’ampleur des victimes (100 000 personnes) dreamstime.com+6babynyar.org+6en.wikipedia.org+6press.purdue.edu+11encyclopedia.ushmm.org+11fr.wikipedia.org+11en.wikipedia.org.
- The New Yorker : https://www.newyorker.com/magazine/2022/04/18/the-holocaust-memorial-undone-by-another-war Article sur la lutte pour la création des mémoriaux à Babyn Yar et les pertes récentes causées par la guerre jewishnews.co.uk+3newyorker.com+3en.wikipedia.org+3.
- Time : https://time.com/6102593/ukraine-holocaust-memorial-kremlin-propaganda/
Analyse critique du projet de mémorial, ses commanditaires et enjeux politiques autour du site en.wikipedia.org+2time.com+2time.com+2.