La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La dénomination principalement attestée est « maquis de Ronquerolles ».

Les sources emploient également « maquis de Seine-et-Oise Nord », notamment pour désigner l’organisation militaire placée sous le commandement de Philippe Viannay.

Il s’agit d’un maquis et d’une formation combattante des Forces françaises de l’intérieur regroupant principalement des résistants issus du mouvement Défense de la France et des Francs-tireurs et partisans locaux.

Les implantations principales se trouvent dans le secteur de Ronquerolles et de Belle-Église, à la limite de l’ancienne Seine-et-Oise et de l’Oise.

Création du Maquis

L’organisation militaire du secteur de Seine-et-Oise Nord est mise en place sous l’autorité de Philippe Viannay au cours de l’année 1944.

Le Musée de la Résistance en ligne indique qu’il prend le commandement FFI de Seine-et-Oise Nord en février 1944 et s’installe dans le maquis de Ronquerolles sous le pseudonyme de « commandant Philippe ».

Après le débarquement allié du 6 juin 1944, des groupes armés sont installés notamment à la ferme des Tuileries, à Ronquerolles, alors en Seine-et-Oise, et dans le bois du Ménillet, sur la commune de Belle-Église, Oise, France. Leur objectif est désormais la lutte armée contre les forces allemandes, en particulier par le sabotage des communications et des transports.

Le maquis s’inscrit dans l’évolution du mouvement Défense de la France. Créé autour de Philippe Viannay, Hélène Mordkovitch et Robert Salmon, celui-ci avait initialement développé une activité de presse clandestine avant de se tourner progressivement vers la lutte armée.

La Bibliothèque nationale de France confirme que Défense de la France est un mouvement de Résistance constitué autour d’étudiants parisiens et qu’il rejoint le Mouvement de libération nationale à la fin de 1943.

Organisation interne

Le maquis ne constitue pas une formation politiquement homogène. Un premier ensemble rassemble des résistants issus de Défense de la France sous l’autorité de Philippe Viannay. La documentation locale cite notamment des implantations à la ferme des Tuileries et dans le bois du Ménillet. Un second ensemble est composé de FTP, en particulier le détachement Patrie commandé par Kléber Dauchel et le détachement An II placé sous l’autorité de Corentin Quideau. Ces groupes sont installés notamment dans le secteur de Courcelles, à proximité immédiate des positions de Défense de la France.

Corentin Quideau joue un rôle important dans la liaison entre les FTP et les autres maquisards. Le Musée de la Résistance en ligne indique qu’il met son groupe à la disposition de Philippe Viannay, participe à l’organisation et à l’instruction militaire du maquis et assure notamment la formation au maniement des explosifs. Il est promu capitaine FFI le 7 juin 1944.

Actions menées pendant la Résistance

Les actions attestées portent principalement sur le sabotage des voies de communication, des lignes ferroviaires, des lignes téléphoniques, des ponts et des routes utilisées par l’armée allemande. Le maquis participe ainsi à l’application du « plan Vert », destiné à désorganiser les transports ferroviaires allemands au moment du débarquement allié.

Le 17 juin 1944, David Régnier conduit une opération contre la ligne ferroviaire Paris-Creil : un train transportant des chars en pièces détachées est déraillé, puis un convoi de troupes immobilisé est attaqué. Un rapport mentionné par le Musée de la Résistance en ligne attribue également au groupe de Corentin Quideau un sabotage de cette ligne dans le secteur de « La Ravine » le 18 juin 1944.

Les formations du secteur mènent plus largement des actions contre la ligne Creil-Pontoise, importante pour les autorités d’occupation, ainsi que des opérations de transport et de récupération d’armes et des attaques contre des convois allemands.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le maquis est directement lié au mouvement Défense de la France, qui constitue l’une de ses principales composantes. Défense de la France rejoint à la fin de 1943 le Mouvement de libération nationale. Les groupes armés de Ronquerolles coopèrent également avec des détachements FTP locaux et sont progressivement placés dans le cadre unificateur des Forces françaises de l’intérieur.

Les archives du Service historique de la Défense conservent un fonds spécifique consacré au mouvement Défense de la France sous la cote GR/18/P/11, attestant son homologation et son traitement comme mouvement de Résistance intérieure française.

Chefs et figures marquantes

Philippe VIANNAY, alias « Indomitus » dans la presse clandestine et « commandant Philippe » dans les FFI, est le principal dirigeant de Défense de la France et prend le commandement FFI de Seine-et-Oise Nord en 1944. Il échappe à l’encerclement de Ronquerolles et poursuit le combat. Il est ensuite grièvement blessé au cours des opérations de la Libération et survit à la guerre. Il meurt à Paris, France, le 27 novembre 1986.

David RÉGNIER, alias « David », membre de Défense de la France et responsable du corps franc de protection à partir d’avril 1944, rejoint le maquis de Seine-et-Oise Nord et participe aux sabotages du plan Vert. Blessé et fait prisonnier lors des combats du 19 juin 1944, il est fusillé le 20 juin 1944 à L’Isle-Adam, Val-d’Oise, France. Il est nommé Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 17 novembre 1945.

Corentin QUIDEAU, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, dirige le détachement FTP An II et devient l’un des responsables du maquis après avoir placé son groupe à la disposition de Philippe Viannay. Blessé et capturé le 19 juin 1944, il est fusillé le lendemain à L’Isle-Adam, Val-d’Oise, France.

Kléber DAUCHEL commande le détachement FTP Patrie associé au maquis. Il survit à l’attaque de Ronquerolles et poursuit ensuite l’activité clandestine de son groupe, notamment dans le maquis constitué ultérieurement dans le secteur de Trie-Château.

Maurice ROUX, alias « Marceau », externe des hôpitaux de Paris et membre de Défense de la France, est tué le 19 juin 1944 au cours de l’attaque du maquis alors qu’il assure une garde. Il reçoit la mention « Mort pour la France » et est homologué au titre de la Résistance intérieure française.

Victimes et morts

L’attaque allemande du 19 juin 1944 constitue l’événement central de l’histoire du maquis. David Régnier et d’autres résistants sont capturés après l’encerclement des positions du maquis. La documentation mémorielle de la Fondation de la Résistance indique que le maquis est alors composé d’environ trente FFI commandés par Philippe Viannay et d’une cinquantaine de FTP. Trente-quatre résistants sont arrêtés et interrogés ; onze résistants blessés sont exécutés le 20 juin 1944 dans le secteur de L’Isle-Adam.

Les onze sont : Corentin QUIDEAU, David RÉGNIER, Pierre MEIFREID-DEVALS, Émile BRUNET, Yves LEVALLOIS, Pierre MERCIER, Jean-Charles FRITZ, Gaston LANNELUE, Raymond LAURENT, Jean SALMON-LEGAGNEUR et Louis PUCCINELLI.

Les sources individuelles établissent notamment la mort de David Régnier, Corentin Quideau et Maurice Roux. La documentation locale et commémorative contient les noms d’autres combattants et victimes, mais la composition précise des groupes et les circonstances individuelles diffèrent selon les listes. Il convient donc de ne pas transformer ces listes mémorielles en état nominatif exhaustif sans vérification dossier par dossier dans les fonds d’homologation du Service historique de la Défense et dans Mémoire des Hommes.

Survivants identifiés

Philippe VIANNAY survit aux combats et poursuit ses engagements après la Libération, notamment dans le journalisme et la formation professionnelle.

Kléber DAUCHEL survit à Ronquerolles et poursuit l’action armée avec son détachement FTP.

Plusieurs autres combattants du maquis échappent à l’encerclement ou aux arrestations. Les sources locales identifient notamment des membres des groupes Défense de la France et FTP, mais tous les parcours individuels n’ont pas été retrouvés dans les bases institutionnelles consultées ; seuls les survivants dont le parcours est explicitement attesté sont donc mentionnés ici.

Fin du maquis

Le maquis sous sa forme concentrée à Ronquerolles et Belle-Église cesse d’exister après l’attaque allemande du 19 juin 1944. L’encerclement provoque des morts, des arrestations et la dispersion d’une partie des combattants. Philippe Viannay parvient à échapper aux forces allemandes et continue le combat. Des rescapés des groupes FTP poursuivent également leurs activités dans d’autres maquis jusqu’à la Libération.

Il ne s’agit donc pas d’un démantèlement total de l’ensemble des structures résistantes du secteur, mais de la destruction de l’implantation concentrée de Ronquerolles et de la dispersion de ses composantes.

Conséquences et mémoire

L’action du maquis contribue à la campagne de sabotages menée contre les communications et les transports allemands dans les semaines suivant le débarquement de Normandie. Son rôle est essentiellement local et régional ; aucune source institutionnelle consultée ne permet d’attribuer au seul maquis de Ronquerolles un effet stratégique autonome sur le déroulement général de la campagne de France.

La mémoire des combats est matérialisée par plusieurs monuments et stèles. Un monument aux résistants est inauguré le 20 juin 1945 dans le secteur de L’Isle-Adam. Une stèle commémorative est également implantée au Ménillet, près de Belle-Église, et des cérémonies commémoratives sont régulièrement organisées en souvenir de l’attaque du maquis.

Divergences et précautions

Les sources ne donnent pas toutes les mêmes chiffres pour les effectifs présents, les arrestations et la localisation précise des différents groupes au moment de l’attaque. Certaines parlent d’une soixantaine de combattants directement engagés face aux forces allemandes ; d’autres présentent l’ensemble des composantes du maquis comme comprenant environ trente FFI de Défense de la France et une cinquantaine de FTP. Ces données ne sont pas nécessairement incompatibles, car elles peuvent correspondre à des périmètres et à des moments différents.

La désignation « Ronquerolles » doit également être comprise comme une appellation historique couvrant plusieurs implantations proches, notamment Ronquerolles, Belle-Église et Courcelles, et non comme un camp unique strictement limité aux limites administratives actuelles de Ronquerolles.

Fiabilité A . L’existence, le commandement, les principales composantes, les actions, l’attaque du 19 juin 1944 et plusieurs parcours individuels sont confirmés par des sources croisées : Service historique de la Défense, Ordre de la Libération, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne et association mémorielle locale spécialisée.

Références bibliographiques

Une certaine idée de la France : Défense de la France, 1940-1949, Olivier Wieviorka, Paris, Éditions du Seuil, 1995. Ouvrage de référence sur le mouvement Défense de la France, cité notamment par la Bibliothèque nationale de France dans sa notice d’autorité consacrée au mouvement.

Du bon usage de la France : Résistance, journalisme, Glénans, Philippe Viannay, édition annotée par Claire Paulhan, Paris, Ramsay, 1988. Mémoires du fondateur et dirigeant de Défense de la France.

Les témoins qui se firent égorger, Défense de la France, première édition 1946, réédition Paris, L’Harmattan, 2007. Recueil issu du mouvement Défense de la France et utilisé dans la documentation mémorielle relative aux victimes de Ronquerolles.

Histoire de Ronquerolles et des pays de Beaumont, de Chambly et de Persan, Marina Polet-Morange, Les Éditions du Menhir, 2026, 306 p. Ouvrage d’histoire locale consacré au territoire dans lequel s’inscrit le maquis.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne notice consacrée à Philippe Viannay et à son commandement du maquis de Seine-et-Oise Nord. Musée de la Résistance en ligne – Philippe Viannay

Ordre de la Libération notice biographique de David Régnier, détaillant son engagement à Ronquerolles, ses sabotages, son arrestation et son exécution. Ordre de la Libération – David Régnier

Chemins de mémoire – ministère des Armées notice de synthèse consacrée à Philippe Viannay et à l’évolution de Défense de la France vers la lutte armée. Chemins de mémoire – Philippe Viannay

Résistance 60 dossier historique local « Le maquis de Ronquerolles », établi par Jean-Pierre Besse et présentant les différentes composantes et les lieux de mémoire. Résistance 60 – Maquis de Ronquerolles

Service historique de la Défense inventaire des archives des mouvements de la Résistance intérieure française, comprenant le fonds Défense de la France sous la cote GR/18/P/11. Service historique de la Défense – GR 18 P

Sources consultées

Maitron Résistance : recherches sur Ronquerolles, Philippe Viannay, David Régnier et les principaux responsables ; aucune notice directement consacrée au maquis retrouvée dans les résultats indexés.

Fondation de la Résistance : documentation sur la répression et la mémoire du maquis de Ronquerolles. Fondation de la Résistance

Musée de la Résistance en ligne : notices Philippe Viannay et Corentin Quideau. Musée de la Résistance en ligne

Mémoire des Hommes : recherches sur Ronquerolles et plusieurs combattants ; aucun dossier collectif directement exploitable dans les résultats indexés.

Ordre de la Libération : notice David Régnier. Ordre de la Libération

Gallica / Bibliothèque nationale de France : Défense de la France et notices bibliographiques et d’autorité. Catalogue général de la BnF – Défense de la France

Service historique de la Défense : fonds Défense de la France GR/18/P/11. Service historique de la Défense

Résistance 60 : dossier local sur le maquis de Ronquerolles et notices de résistants. Résistance 60

ANACR-Oise : documentation commémorative contemporaine relative au maquis et aux cérémonies anniversaires. ANACR-Oise

Wikipédia : consultation uniquement complémentaire ; aucune information décisive n’a été retenue sur sa seule autorité.

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