La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

1. La Vérité – organe clandestin du Parti communiste internationaliste (PCI)

Journal clandestin lié au Parti communiste internationaliste, organisation trotskiste française active dans la clandestinité pendant l’Occupation.

La publication clandestine de La Vérité reprend après la défaite de 1940 lorsque les militants trotskistes décident de maintenir l’activité politique malgré l’interdiction des organisations révolutionnaires. Le journal est diffusé principalement à Paris et dans plusieurs centres industriels, notamment dans les milieux ouvriers et étudiants.

Le journal poursuit plusieurs objectifs :

  • diffuser les positions politiques du PCI
  • dénoncer le régime de Vichy et l’occupation allemande
  • informer les militants grâce à des informations issues notamment de la radio alliée
  • maintenir une organisation politique clandestine dans les milieux ouvriers.

Organisation et fonctionnement

La rédaction fonctionne de manière clandestine et collective. Les textes sont imprimés à l’aide de duplicateurs ou de presses clandestines et diffusés par des militants organisés en petits groupes afin de limiter les risques d’arrestation.

Marcel HIC Dirigeant trotskiste français et responsable important du Parti communiste internationaliste. Il participe à l’organisation clandestine du mouvement et à la diffusion du journal. Arrêté en 1943, il est déporté au camp de concentration de Buchenwald où il meurt en 1944.

Yvan CRAIPEAU Militant trotskiste actif dans la clandestinité. Il participe à l’activité politique et organisationnelle du mouvement durant l’Occupation. Il survit à la guerre et poursuit son engagement politique après 1945.

Pierre FRANK Dirigeant du mouvement trotskiste français. Il joue un rôle important dans la direction politique du PCI et dans l’organisation clandestine du mouvement pendant l’Occupation. Après la Libération, il devient l’un des responsables de la Quatrième Internationale.

Sort du journal

La publication clandestine cesse progressivement à la Libération en 1944 lorsque la presse politique peut paraître légalement.

2. La Vérité – feuilles clandestines locales portant le même titre

Dans plusieurs régions de France occupée, des groupes de Résistance ou des organisations politiques utilisent ponctuellement le titre La Vérité pour leurs feuilles clandestines. Ces publications ne sont pas toujours liées au Parti communiste internationaliste.

Caractéristiques

  • tirages généralement faibles
  • diffusion locale ou régionale
  • rédactions anonymes pour des raisons de sécurité
  • impression par duplicateur ou ronéotype.

Responsables

Dans la majorité des cas, les responsables restent anonymes dans les publications clandestines. Les historiens disposent rarement d’informations complètes sur les rédacteurs ou les imprimeurs de ces feuilles locales.

Objectifs

  • diffuser des informations interdites par la censure
  • encourager la résistance à l’occupation
  • dénoncer la collaboration.

Comparaison des principaux journaux clandestins intitulés La Vérité

PublicationOrganisationZone principaleResponsables identifiés
La Vérité (PCI)Parti communiste internationalisteParis et centres industrielsMarcel HIC, Yvan CRAIPEAU, Pierre FRANK
La Vérité (feuilles locales)groupes résistants diversdiffusion régionaleresponsables souvent anonymes

Actions menées pendant la Résistance

Les journaux clandestins intitulés La Vérité participent à la lutte contre l’occupation en :

  • diffusant des informations non censurées
  • encourageant la résistance politique et sociale
  • dénonçant la collaboration et la propagande de Vichy
  • maintenant un lien politique entre militants clandestins.

La diffusion de ces journaux constitue un acte de résistance passible d’arrestation, d’emprisonnement ou de déportation.

Victimes et morts

La répression frappe plusieurs militants impliqués dans la publication clandestine. Marcel HIC est arrêté par la Gestapo en 1943 puis déporté au camp de concentration de Buchenwald où il meurt en 1944.

D’autres militants engagés dans les réseaux de diffusion de presse clandestine sont arrêtés ou déportés pendant la guerre.

Survivants identifiés

Plusieurs responsables du mouvement trotskiste survivent à la guerre et poursuivent leur activité politique après la Libération.

Yvan CRAIPEAU continue son activité politique et intellectuelle dans la gauche française.

Pierre FRANK poursuit son engagement dans le mouvement trotskiste international et devient l’un des dirigeants de la Quatrième Internationale.

Fin du réseau

Avec la Libération de la France en 1944, la presse clandestine disparaît progressivement et les organisations politiques peuvent publier légalement leurs journaux. Les structures clandestines utilisées pour l’impression et la diffusion sont alors dissoutes.

Conséquences et mémoire

Les journaux clandestins portant le titre La Vérité illustrent la diversité politique de la Résistance intérieure. La presse clandestine constitue l’un des instruments essentiels de la lutte contre l’occupation et contre la censure imposée par le régime de Vichy.

Ces publications sont aujourd’hui étudiées dans les travaux historiques consacrés à la presse clandestine et à l’histoire des mouvements politiques durant l’Occupation.

Références bibliographiques

La presse clandestine 1940-1944 Jacques MARCILLY, Presses universitaires de France, 1970. Étude détaillée de l’organisation et du rôle de la presse clandestine pendant l’Occupation, incluant les publications politiques issues de différents courants de la Résistance.

Histoire de la Résistance 1940-1945 Olivier WIEVIORKA, Perrin, 2013. Synthèse historique présentant les formes de résistance politique et les réseaux de diffusion de la presse clandestine.

Dictionnaire historique de la Résistance sous la direction de François MARCOT, Robert Laffont, 2006. Ouvrage de référence décrivant les mouvements, réseaux et acteurs de la Résistance française.

Les trotskistes en France pendant la Seconde Guerre mondiale Philippe RAYNAUD, Presses universitaires de France, 1988. Analyse du rôle du mouvement trotskiste dans la clandestinité et de la publication de ses journaux.

La Résistance en France Henri MICHEL, Presses universitaires de France, 1980. Étude classique de l’histoire de la Résistance française évoquant le rôle de la presse clandestine.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne Le site propose plusieurs dossiers sur la presse clandestine et sur les réseaux de diffusion utilisés par les mouvements de Résistance pendant l’Occupation.
https://www.museedelaresistanceenligne.org

Fondation de la Résistance Le site met à disposition des dossiers historiques et pédagogiques consacrés à la presse clandestine et à l’histoire des mouvements résistants.
https://www.fondationresistance.org

Gallica – Bibliothèque nationale de France La bibliothèque numérique contient de nombreuses études et documents sur la presse clandestine et les mouvements politiques clandestins pendant l’Occupation.
https://gallica.bnf.fr

Maitron – Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et de la Résistance Le site fournit des notices biographiques sur les militants impliqués dans les organisations politiques clandestines.
https://maitron.fr

Ordre de la Libération Le site contient des notices biographiques de résistants et des ressources historiques sur la Résistance française.
https://www.ordredelaliberation.fr

Sources consultées

Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Ordre de la Libération, Gallica BnF, Service Historique de la Défense, sites mémoriels régionaux, Wikipédia recoupée.

Date de vérification : 9 mars 2026.

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