La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Les maquis de l’Ain et du Haut-Jura ont joué un rôle crucial dans la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale. Leur engagement a conduit à deux grandes offensives allemandes : l’opération « Caporal » en février 1944 et l’opération « Treffenfeld » en juillet 1944.

Circonstances et déroulement des combats

Opération Caporal (5–13 février 1944) Lancée par les forces allemandes, cette opération visait à anéantir les camps de maquisards situés entre le Rhône à l’est, la RN 84 au nord et à l’ouest, et la voie ferrée Ambérieu-Culoz au sud.

Malgré l’engagement de 250 soldats allemands contre 22 maquisards au PC de l’Abergement-de-Varey, les résistants ont opposé une résistance héroïque.

Au total, 339 personnes furent arrêtées, dont 287 déportées.

Opération Treffenfeld (11–21 juillet 1944) Cette offensive de grande envergure mobilisa environ 9 000 soldats allemands, dont des unités de la 157e division de réserve et de la Freiwilligen-Stamm-Division.

L’objectif était de reprendre le contrôle des villes de Nantua et d’Oyonnax, alors aux mains des maquisards.

Les combats furent intenses, avec des attaques simultanées sur plusieurs axes, notamment Neuville-sur-Ain, Cerdon, La Cluse, Champagne-en-Valromey, Bellegarde et Orgelet.

Malgré la supériorité numérique et matérielle des forces allemandes, les maquisards réussirent à se replier et à poursuivre leurs actions de guérilla.

Forces en présence

  • Résistance : Environ 7 000 maquisards, principalement issus des Forces françaises de l’intérieur (FFI), sous le commandement du colonel Henri Romans-Petit.
  • Forces allemandes : Environ 9 000 soldats, incluant des unités de la 157e division de réserve, de la Freiwilligen-Stamm-Division, de la Sicherheitspolizei et des miliciens français.

Héros et pertes

Parmi les figures emblématiques de ces combats, on peut citer le colonel Henri Romans-Petit, chef des maquis de l’Ain, et Marcel Appriou, qui disparut le 12 juillet 1944 lors d’une mission de liaison vers Nantua. Les pertes furent lourdes des deux côtés, avec de nombreux maquisards tués ou déportés.

Conséquences concrètes

Malgré les offensives allemandes, les maquis de l’Ain et du Haut-Jura ont réussi à maintenir une pression constante sur l’occupant, perturbant les lignes de communication et facilitant les opérations alliées. Leur résilience a contribué à la libération progressive de la région et à l’affaiblissement du contrôle allemand.

Lieux de mémoire

Plusieurs monuments commémorent ces combats :

  • Mémorial des Maquis de l’Ain et de la Résistance : Situé à Cerdon, dans le Val d’Enfer, ce monument, inauguré en 1951, rend hommage aux 700 maquisards tombés au combat. Il est orné de la citation de Louis Aragon : « Où je meurs renaît la Patrie ».
  • Stèle de Chézery : Érigée en mémoire du poste de commandement et de l’hôpital de campagne installés au pied du crêt de Chalam durant l’opération Treffenfeld.
  • Mémorial du Maquis du Haut-Jura : Situé à Saint-Claude, il honore l’ensemble des combats menés par le maquis dans le territoire.

Références bibliographiques

  • Une porte ouverte sur le Maquis, par Patrick Veyret, La Taillanderie, 2002. Cet ouvrage offre un aperçu détaillé de l’organisation et des actions des maquis de l’Ain, mettant en lumière les défis et les succès de la Résistance dans cette région.
  • La formation des maquis de l’Ain : décembre 1942 – février 1944, par Yves Martin, A.M.A.-H.J. Cet ouvrage retrace la genèse des maquis de l’Ain, depuis les premiers groupes de réfractaires jusqu’à leur structuration en forces de combat organisées.
  • Histoire de la Résistance armée dans l’Ain : enjeux stratégiques et services secrets, par Patrick Veyret, La Taillanderie. L’auteur analyse les aspects stratégiques de la Résistance dans l’Ain, en mettant l’accent sur les interactions avec les services secrets alliés.

Références internet

Photo

Magnifique et émouvant Mémorial des Maquis de l’Ain et de la Résistance : Situé à Cerdon, dans le Val d’Enfer, ce monument, inauguré en 1951, rend hommage aux 700 maquisards tombés au combat. Il est orné de la citation de Louis Aragon : « Où je meurs renaît la Patrie ». Au  pied du mémorial il y a un cimetière des résistants morts au combat.

Mémorial de CERDON

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