Le 3 août 1944, les Allemands mènent dans le Gers une opération de police qui aboutit à des arrestations et à des exécutions sommaires à Maulichères, au carrefour de Monplaisir. Le Maitron des fusillés établit que cinq résistants et un civil y sont capturés puis fusillés. Les sources mémorielles gersoises replacent cette opération dans un ensemble plus large comprenant, le même jour, l’incendie du château de Saint-Gô, domicile de Maurice PARISOT, et des prises d’otages à Termes-d’Armagnac.
Le caractère précis de l’épisode ressort surtout des notices nominatives du Maitron. Elles permettent d’identifier parmi les fusillés Maurice FOUQUÉ, Ernest HECKER et Pierre LANSAC, exécutés sommairement à Maulichères le 3 août 1944. La notice d’Ernest HECKER donne en outre la liste complète des six victimes de Monplaisir : René BRÉMENT, Maurice FOUQUÉ, Ernest HECKER, Pierre LANSAC, Armand LONGEPÉE et Gilbert MAGENC.
Circonstances
L’embuscade de Maulichères survient dans une zone déjà fortement agitée par les actions résistantes de l’été 1944 et par les réactions allemandes. Le secteur de Riscle, Termes-d’Armagnac, Maulichères et Le Houga se trouve alors au croisement des activités du Bataillon de l’Armagnac et d’autres groupes résistants. Les sources gersoises présentent l’opération du 3 août comme une action de répression allemande appuyée sur de bons renseignements, destinée à frapper l’encadrement et les soutiens locaux de la Résistance.
Héros et figures marquantes
Maurice PARISOT n’est pas présent à Monplaisir au moment des exécutions, mais il est directement visé le même jour par l’incendie de son domicile à Saint-Gô. Parmi les victimes identifiées à Monplaisir figurent Maurice FOUQUÉ, Ernest HECKER, Pierre LANSAC, Armand LONGEPÉE, Gilbert MAGENC et René BRÉMENT. Les notices du Maitron rattachent plusieurs d’entre eux aux Forces françaises de l’intérieur ou au Corps franc Pommiès.
Victimes
Les six victimes exécutées à Maulichères le 3 août 1944 sont, d’après la notice événementielle et la notice individuelle d’Ernest HECKER, René BRÉMENT, Maurice FOUQUÉ, Ernest HECKER, Pierre LANSAC, Armand LONGEPÉE et Gilbert MAGENC. Les sources consultées identifient cinq résistants et un civil. Cette liste est le point le plus solidement établi du dossier.
Survivants
Les sources ouvertes consultées ne permettent pas d’établir une liste nominative sûre des survivants de l’embuscade elle-même. Elles permettent seulement d’affirmer que la répression du 3 août n’interrompt pas les opérations du Bataillon de l’Armagnac, qui continue ses actions dans les jours suivants et participe ensuite à l’attaque d’Aire-sur-l’Adour puis aux combats de L’Isle-Jourdain.
Conséquences
L’embuscade de Maulichères est l’un des épisodes les plus nets de la répression allemande dans l’ouest du Gers au début d’août 1944. Elle se double d’une intimidation contre l’entourage de Maurice PARISOT avec l’incendie de Saint-Gô. Sur le plan mémoriel, Monplaisir est devenu un lieu de commémoration régulière, précisément parce que l’événement a combiné exécutions sommaires, prise d’otages et frappe contre un haut responsable de la Résistance gersoise.
Mémoire et lieux commémoratifs
Le principal lieu de mémoire est la stèle de Monplaisir, sur la commune de Maulichères, qui rappelle les six victimes du 3 août 1944. Le château de Saint-Gô, à Bouzon-Gellenave, constitue un autre lieu de mémoire associé à la journée du 3 août, en raison de son incendie par les Allemands lors de la recherche de Maurice PARISOT.
Références bibliographiques
Le bataillon de l’Armagnac. La Gascogne en résistance Jacques LASSERRE, Privat, 2018. Cet ouvrage permet de replacer Maulichères dans la chronologie des coups durs subis par le bataillon à l’été 1944. Il éclaire aussi les rapports entre action armée et répression allemande.
Le Bataillon de guérilla de l’Armagnac, 158e R.I. Au cœur de la Résistance en Gascogne dans la libération du Sud-Ouest de la France, 1940-1945 ouvrage collectif dirigé par Jacques POTET, 2002. Cette référence demeure centrale pour suivre l’unité et ses pertes, ainsi que les événements de l’ouest gersois au mois d’août 1944.
Maquis de Gascogne Raymond ESCHOLIER, 1945. Ce témoignage aide à comprendre le climat de violence et de traque dans lequel s’insère l’épisode de Monplaisir.
Du Bataillon de l’Armagnac au 158e RI Stéphane WEISS, Bulletin de la Société archéologique du Gers, 2014. Utile pour replacer l’événement dans la dynamique opérationnelle du bataillon et éviter les simplifications mémorielles.
Dictionnaire historique de la Résistance sous la direction de François MARCOT, Robert Laffont, 2006. Outil de repérage pour les structures FFI, le Corps franc Pommiès et les acteurs locaux cités dans les notices nominatives.
Références internet
Maitron des fusillés 1940-1944 Cette notice événementielle est la source la plus directe sur Maulichères. Elle établit la date du 3 août 1944, la nature de l’opération et le nombre des victimes. https://fusilles-40-44.maitron.fr/maulicheres-gers-3-aout-1944/
Maitron La notice d’Ernest HECKER apporte la liste complète des six fusillés de Monplaisir et permet de consolider l’identification des victimes. https://maitron.fr/hecker-ernest-adolphe/
Maitron La notice de Maurice FOUQUÉ confirme son exécution sommaire à Maulichères le 3 août 1944. https://maitron.fr/fouque-maurice-alexandre/
Maitron des fusillés 1940-1944 La notice de Pierre LANSAC confirme sa mort à Maulichères et son appartenance résistante. https://fusilles-40-44.maitron.fr/lansac-pierre-alfred/
Hauts Lieux de Mémoire du Gers La page consacrée au secteur du Houga rappelle que le 3 août 1944 correspond à l’incendie de Saint-Gô, à des prises d’otages et à des exécutions au carrefour de Monplaisir, ce qui replace l’embuscade dans la répression régionale. https://resistance-gers.fr/lieux/le-houga/
Sources consultées : Maitron, Maitron des fusillés, Hauts Lieux de Mémoire du Gers, Archives départementales du Gers, Service historique de la Défense, articles commémoratifs locaux recoupés, Wikipédia recoupée. Date de vérification : 8 mars 2026.