Le réseau Jade‑Fitzroy est fondé en décembre 1940 par Claude LAMIRAULT, 22 ans, ancien Camelot du Roi, en liaison directe avec le MI6 britannique .
Son nom, dérivé du minéral “jade” et du pseudonyme “Fitz” utilisé par Lamirault, illustre son affiliation à l’Intelligence Service
Organisation
- Initialement rattaché au réseau Jade‑Amicol, il s’en sépare en 1942-1943 après plusieurs arrestations
- Un réseau structuré autour d’environ dix sous-réseaux répartis géographiquement (Nord/Sud) et par spécialisation technique (renseignements portuaires, militaires, télécoms, rampes V1/V2…)
Actions pendant la Résistance
- Collecte méticuleuse de renseignements militaires : déplacements de troupes, production aéronautique, transmissions, Mur de l’Atlantique, V1/V2
- Photographie clandestine de documents, réduction au format microfilms, et envoi via avions Lysander ou bateaux de la flotte britannique .
- À partir de juillet 1944, reconstitution sous le nom de “groupe Panta” dirigé par Georges Tournon, affilié au BCRA, et contribution active à la libération de Paris
Réseaux et chefs
- Co-fondateur : Pierre Hentic (“Maho”), ancien Jeunesses communistes et chef des opérations maritimes/aériennes dès 1943
- Autres figures reconnues : Eugène Pérot (arrêté et fusillé en 1942), Madeleine Guex, Jean-Daniel Jurgensen, Georges Tournon, Denise Lamirault, René Boltz, Jean-Emile Weibel…
Héros et victimes
- Jusqu’à 708 membres recrutés, principalement en région parisienne
- Plusieurs arrestations majeures : en 1942 (E. Pérot), décembre 1943 (Claude Lamirault), janvier 1944 (Hentic), avril 1944 (Denise Lamirault)
- En août 1944, arrestations durant libération de Paris, quatre agents du groupe Panta sont fusillés près de Louvres
Fin du réseau
- Après l’arrestation de Denise en avril 1944, le réseau est temporairement désorganisé avant d’être reconstitué en “groupe Panta”
- Intégré au BCRA, il prend part à la campagne de Paris et cesse ses activités après la libération complète .
Références bibliographiques
- Mémoires résistantes. Histoire du réseau Jade‑Fitzroy, 1940‑1944, Alya Aglan, Éditions du Cerf, 1994.
Ce récit, basé sur des enquêtes poussées, retrace la fondation, le développement, les missions et la liquidation du réseau. - Un réseau français de l’“Intelligence Service” : Jade‑Fitzroy, Alya Aglan, in Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine, 1993.
Étude académique traitant des liens entre Jade-Fitzroy et le MI6 ainsi que de ses opérations techniques. - Tant qu’il y aura des étoiles, Pierre Hentic (Maho), Éditions Maho, 2009.
Mémoires de l’un des chefs d’opérations, riche en détails sur les missions et l’organisation clandestine. - Agent de l’ombre. Mémoires, 1941‑1945, Pierre Hentic, Éditions de la Martinière, 2012.
Témoignages personnels approfondis sur l’action, la sécurité, et les arrestations au sein du réseau. - Le réseau Jade, André Kervella, ed. Nouveau Monde.
Histoire synthétique du réseau mettant en perspective son importance dans le renseignement national.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne
Article richement illustré, présentant statuts, bulletins d’amicale, rapports et photos d’époque du réseau.
https://museedelaresistanceenligne.org/media9327‑Archives‑de‑lamicale‑du‑réseau‑Jade‑Fitzroy - Wikipédia (français) – Jade-Fitzroy
Présentation structurée de l’histoire, des membres, des actions, distinctions, scission et intégration au BCRA.https://fr.wikipedia.org/wiki/Jade-Fitzroy - Résistance Pas-de-Calais – Jade-Fitzroy
Synthèse régionale sur la création par Lamirault et Pérot, ses spécificités et événements marquants.https://resistancepasdecalais.fr/jade-fitzroy/