Le réseau Druide est créé au début de l’année 1942, sous l’impulsion du BCRA (Bureau Central de Renseignements et d’Action) à Londres. Il s’agit d’un réseau de renseignement militaire et de contre-espionnage opérant en zone Nord et zone occupée, ayant pour mission de recueillir des informations sur l’organisation et les mouvements de la Wehrmacht et de la Luftwaffe en France.
Le réseau est structuré autour :
- D’un chef réseau en France, en contact direct avec Londres via des opérateurs radios parachutés.
- D’agents de renseignement recrutés parmi des ingénieurs, des cadres des télécommunications, des cheminots et des employés d’administrations.
- D’équipes spécialisées dans la surveillance des transports ferroviaires et des aérodromes.
Actions pendant la Résistance
- Collecte de renseignements stratégiques sur les déplacements de troupes, la logistique allemande, les convois ferroviaires et maritimes.
- Transmission d’informations à Londres pour préparer les bombardements alliés sur des cibles précises (gares de triage, dépôts, bases aériennes).
- Mise en place de filières d’exfiltration de pilotes alliés abattus, en lien avec d’autres réseaux BCRA et Comète.
Druide coopérait directement avec :
- Le BCRA, service de renseignement de la France libre.
- Les réseaux Centurie, Phalanx, Alliance pour la mise en commun des informations stratégiques.
- Les réseaux SOE britanniques pour l’exfiltration et la logistique.
Ses chefs
- Pierre Brossolette, l’un des créateurs intellectuels du réseau, qui fut son contact privilégié au BCRA.
- André Dewavrin (colonel Passy), chef du BCRA, qui dirigeait et orientait ses missions.
Ses héros
- Les agents anonymes cheminots et ingénieurs qui ont, au péril de leur vie, transmis les informations cruciales pour la planification du Débarquement et des bombardements stratégiques.
Ses morts
Le réseau Druide subit de lourdes pertes en 1943-1944, notamment lors de l’infiltration d’agents doubles. Plusieurs membres furent arrêtés par l’Abwehr ou la Gestapo, torturés et exécutés, ou déportés à Mauthausen et Buchenwald où beaucoup périrent.
Le réseau Druide est dissous en août 1944, après la Libération de Paris. Ses agents survivants rejoignent la DGER (Direction générale des études et recherches), ancêtre du SDECE puis de la DGSE.
Références bibliographiques
- Les services secrets du Général – Le BCRA 1940-1944, par Olivier Wieviorka, Éditions Perrin, Paris, 2019. Cet ouvrage analyse la structure et le fonctionnement du BCRA, présente les réseaux de renseignement comme Druide, leur création, leurs missions et leurs liens avec Londres.
- Histoire politique de la Résistance, par Henri Noguères, Éditions Robert Laffont, Paris, 1967.
Un volume complet présente la mise en place des réseaux BCRA, dont Druide, et leurs actions stratégiques en zone occupée, ainsi que la répression subie. - Pierre Brossolette, un héros de la Résistance, par Claude Pennetier et Jean-Pierre Besse, Éditions Tallandier, Paris, 2013. Biographie complète de Pierre Brossolette, évoquant son rôle dans la mise en place et la coordination du réseau Druide et des autres réseaux de renseignement du BCRA.
Références internet
- Fondation de la Résistance : https://www.fondationresistance.org/pages/recherche/?q=réseau+Druide
Article présentant l’historique du réseau Druide, son organisation, ses missions de renseignement et ses liens avec le BCRA.
- Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media5521-R%C3%A9seau-Druide
Notice détaillée sur la création, les actions et la dissolution du réseau Druide après la Libération.