Le Père Marie‑Benoît, de son vrai nom Pierre Péteul, est né le 3 mars 1895 à Bourg‑d’Iré (Maine‑et‑Loire) et est décédé le 5 février 1990 à Angers(Maine‑et‑Loire). Prêtre capucin, il est mondialement reconnu pour avoir sauvé des milliers de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, il servit en Afrique du Nord et fut blessé à Verdun. Il reçut la Croix de guerre et cinq citations pour son courage. Après la guerre, il entra dans l’ordre des Capucins, poursuivit des études de théologie à Rome et obtint un doctorat. Il y enseigna ensuite.
En 1940, basé à Marseille, il transforma le couvent des Capucins (51, rue de la Croix de Régnier) en centre clandestin.
Il organisa la fabrication de faux papiers (passeports, certificats de baptême, papiers “aryens”), en collaboration avec des comités juifs de Marseille, Nice et Cannes, permettant ainsi à d’innombrables persécutés de franchir les frontières vers l’Espagne ou la Suisse.
Sans appartenir à un réseau structuré de la Résistance intérieure française, il travailla en étroite collaboration avec des organisations juives, des résistants civils et bénéficia du soutien indirect du Vatican. En novembre 1942, après l’occupation de la zone libre, il déplaça son action vers Nice, obtenant la protection de responsables italiens favorables.
Il poursuivit son action à Rome, rejoignant ou présidant la DELASEM, une organisation juive d’assistance aux réfugiés, et menant des opérations de soutien aux évadés juifs, grâce à un vaste réseau de dissimulation et de faux papiers.
Il organisa l’évasion de milliers de personnes depuis la France vers des zones sûres, et de Rome vers l’Afrique du Nord, à l’aide de faux documents, de collaborations diplomatiques (notamment avec le pape Pie XII), et de structures d’accueil religieuses et civiles.
Arrestation / évasion / déportation
Il fut plusieurs fois traqué par la Gestapo et la police fasciste. Dans un guet-apens à Milan, il réussit à s’échapper, alors que son assistant fut capturé. Il dut ensuite se cacher hors de son couvent.
Camarades de combat
Il collabora avec des membres des comités juifs, des résistants comme Antoine Zatarra, le RP Parceval, André Bass, et Pierre Chaix Bryan, ainsi qu’avec des responsables religieux ou diplomatiques.
Après la guerre, il poursuivit son engagement pour la réconciliation entre Juifs et chrétiens, prit part à des conférences œcuméniques telles que celle de Seelisberg (1947), et fut un acteur intellectuel dans le dialogue religieux lors du concile Vatican II.
Décorations
Il fut reconnu comme Juste parmi les nations par Yad Vashem le 1er décembre 1966.
Il reçut également la Légion d’honneur, à une date non précisée mais confirmée par plusieurs sources.
Lieux de mémoire
Aucun lieu spécifique (rue, placette, établissement scolaire) ne semble porter son nom dans les sources consultées.
Références bibliographiques
- Père Marie-Benoît and Jewish Rescue : How a French Priest Together with Jewish Friends Saved Thousands during the Holocaust La biographie de Susan Zuccotti (Indiana University Press, 2013 ; Éditions Bayard, 2015) retrace son action en détail
Références internet
- Wikipédia (version française) fournit sa biographie, ses actes et distinctions Wikipédia.
- Wikipédia (version anglaise) fournit un complément en anglais sur ses actions à Marseille, Nice et Rome, son titre de Juste parmi les nations, et sa carrière suivante Berghahn Journals.
- Yad Vashem consacre une page à son statut de Juste parmi les nations yadvashem.orgBibliothèque Virtuelle Juive.
- Résistance spirituelle au nazisme en France (Wikipédia) reconnaît son rôle parmi les figures religieuses résistantes Amazon+3Wikipédia+3Wikipédia+3.