Le maquis de Souesmes, également connu sous le nom de maquis du Grand Clou, fut l’un des foyers de la Résistance française en Sologne durant l’année 1944.
Création et organisation
Le maquis de Souesmes a été établi en avril 1944 sous l’impulsion du capitaine Philippe de Vomécourt, agent du Special Operations Executive (SOE) britannique, avec l’appui de Stanislaw Makowski, capitaine polonais parachuté en France.
Leur mission consistait à structurer la Résistance dans la région de Romorantin et Salbris, en préparant notamment des terrains pour les parachutages d’armes et en formant les maquisards aux techniques de sabotage.
Le maquis s’est installé au hameau du Grand Clou, sur la commune de Souesmes, en raison de sa situation isolée et boisée, propice à la dissimulation.
Il comptait environ 150 hommes, répartis en cinq sections numérotées de 2 à 6, auxquelles s’ajoutait une section des Francs-tireurs et partisans (FTP).
Chaque section était dirigée par un chef de section, assisté de trois chefs de groupe.
Les chefs de section comprenaient Henri Hemme, Klébert Lucas, Charles Lemius, Paul Lepretre, Bernard Lehoux et Jean Maynaud pour la section FTP. Le capitaine Jean Petitfils, officier français, était nommé commandant en second par Makowski. L’encadrement comprenait également des agents de liaison et un secrétaire, fils de Jean Petitfils.
Le ravitaillement était assuré par des commerçants locaux et des habitants des environs, tandis que l’armement provenait de parachutages britanniques, comprenant des fusils-mitrailleurs, des mitraillettes Sten et Thompson, des carabines américaines, des grenades et des munitions en quantité.
Actions pendant la Résistance
Le maquis de Souesmes a mené des actions de sabotage et de harcèlement contre les forces d’occupation allemandes, notamment en perturbant les lignes de communication et en détruisant des infrastructures ferroviaires.
Ces actions visaient à soutenir le débarquement allié en Normandie en juin 1944 en désorganisant les mouvements de troupes ennemies.
Combat du 17 juin 1944
Le 17 juin 1944, le maquis fut attaqué par environ 700 soldats allemands au bois du Grand Clou.
Les maquisards, mal équipés et en infériorité numérique, opposèrent une résistance acharnée.
Des divergences stratégiques entre les capitaines Makowski et Petitfils sur la conduite à tenir face à l’ennemi entraînèrent une désorganisation du commandement.
Le combat fit neuf morts parmi les résistants et quatre prisonniers, tandis que les pertes allemandes s’élevèrent à plus de 120 tués et 65 blessés. Malgré la défaite tactique, cette bataille infligea un revers psychologique aux forces allemandes.
Victimes et répression
Le combat du 17 juin 1944 coûta la vie à plusieurs maquisards, dont Robert Alliot (22 ans), Alphonse Barthélémy (40 ans), Honoré Béchade (21 ans), André Brizzy (49 ans), Jean Compagnon (18 ans), Sylvain Gaillard (41 ans), André Garnier (20 ans), Pierre Meunier (22 ans) et Edmond Soubrat (20 ans).
Parmi les prisonniers capturés le 17 juin, Louis Bouton (19 ans) mourut en déportation, tandis que François Chavanon (42 ans), Raoul Courtat (36 ans) et André Séné (22 ans) furent fusillés.
Lors de la rafle du 21 juin, Henri Bradu (48 ans), Anatole Charderet (40 ans), Jeanne Petitfils (23 ans), Marie-Louise Petitfils (57 ans) et Albertine Peuf (35 ans) furent arrêtés et moururent en déportation.
Fin du maquis
Après la bataille du 17 juin, le maquis de Souesmes fut dispersé. Certains survivants rejoignirent d’autres groupes de résistants, contribuant à renforcer la lutte contre l’occupant. Le capitaine Stanislaw Makowski, blessé et capturé lors d’une opération ultérieure, mourut des suites des mauvais traitements infligés par les Allemands.
Références bibliographiques
Le Maquis de Souesmes en Sologne – Enquête sur un combat héroïque de la Résistance, par Alain Rafesthain, préface de Claude Seignolle, Éditions Royer, Collection Passé simple, 1992.
Cet ouvrage retrace en détail la formation, l’organisation et les actions du maquis de Souesmes, avec un focus particulier sur le combat du 17 juin 1944. L’auteur s’appuie sur des témoignages et des documents d’époque pour offrir une analyse approfondie de cet épisode de la Résistance.
Le Combat de Souesmes en Sologne (17 juin 1944) – Histoire du Maquis du Grand Clou, par Alain Rafesthain, autoédition, Fussy, 1983.
Ce livre propose une première étude sur le maquis de Souesmes, mettant en lumière les circonstances du combat du 17 juin 1944 et les conséquences de cette bataille sur la Résistance locale.
La Résistance en Sologne, par Paul Guillaume, Orléans, J. Loddé, probablement 1946.
Cet ouvrage offre une vue d’ensemble de la Résistance en Sologne, incluant des informations sur le maquis de Souesmes et ses actions contre l’occupant.
Au Temps de l’Héroïsme et de la Trahison, par Paul Guillaume, Orléans, Imprimerie nouvelle, 1948.
L’auteur y relate des épisodes marquants de la Résistance en Sologne, mettant en lumière les actes de bravoure et les trahisons qui ont jalonné cette période, avec des références au maquis de Souesmes.
Références internet
Maitron des Fusillés : Article détaillant les événements du 17 juin 1944 à Souesmes, avec une liste des victimes et des informations sur le monument commémoratif érigé en leur mémoire.
Ciclic Mémoire : Vidéo d’une cérémonie d’hommage au monument du maquis de Souesmes, illustrant la mémoire perpétuée autour de cet épisode de la Résistance.
Monument de mémoire
Un monument commémoratif a été érigé sur les lieux du combat à Souesmes en hommage aux 18 maquisards tués le 17 juin 1944. Inauguré le 16 juin 1946 par le maréchal de Lattre de Tassigny, il est le site de cérémonies annuelles honorant la mémoire des résistants tombés pour la liberté.