Le Kommando de Flöha est un détachement de travail forcé lié au camp de concentration de Flossenbürg, situé en Saxe. Sa création en 1944 répond aux besoins de l’industrie de guerre allemande, particulièrement pour l’usine d’aviation Bernsdorf & Co.
Ce groupe est indissociable de l’histoire de la Résistance française car il fut le lieu de déportation d’un contingent important de résistants issus de divers réseaux et mouvements, notamment ceux capturés lors des combats du Vercors ou du Massif Central.
L’organisation du Kommando est celle d’un sous-camp (Aussenkommando) sous l’autorité de la SS.
Les détenus sont logés dans une ancienne filature de coton aménagée en camp de travail.
Bien que soumis à une discipline de fer, les résistants français y maintiennent une hiérarchie clandestine pour soutenir le moral des troupes et organiser des formes passives de sabotage industriel. Le lien avec l’extérieur est inexistant, le groupe étant totalement isolé au cœur du Reich.
Au sein de l’usine, les membres du Kommando pratiquent le sabotage “au ralenti” ou la malfaçon discrète sur les pièces d’avions de chasse Messerschmitt.
Ces actions de résistance en déportation visent à enrayer la machine de guerre nazie depuis l’intérieur.
Le Kommando regroupe des membres de multiples organisations dont le réseau Gallia, les Francs-Tireurs et Partisans, et l’Organisation de Résistance de l’Armée. Cette concentration de cadres de la Résistance en un seul lieu de déportation a créé une micro-communauté résistante unie par une origine commune de lutte sur le sol français.
Chefs et figures marquantes
Robert HUGUET, chef départemental des FFI du Puy-de-Dôme, figure parmi les personnalités marquantes déportées à Flöha. Pierre SUDREAU, futur ministre et membre du réseau Brutus, y fut également détenu.
Le capitaine Jean MABUT, officier de carrière engagé dans la Résistance, y a exercé une influence morale notable sur ses camarades de détention.
Victimes / morts
Le Kommando a connu une mortalité élevée due aux mauvais traitements et aux marches de la mort lors de l’évacuation du camp en avril 1945. De nombreux résistants anonymes ont succombé à l’épuisement ou aux exécutions sommaires lors du transfert vers Theresienstadt.
Pierre SUDREAU est l’un des survivants les plus célèbres, ayant par la suite témoigné de l’enfer des usines souterraines et du courage des déportés résistants. Robert HUGUET a également survécu, reprenant ses activités après la guerre et contribuant à la mémoire des déportés du Puy-de-Dôme.
Le Kommando cesse d’exister en avril 1945 avec l’approche des troupes alliées. Les déportés sont jetés sur les routes pour une marche de la mort vers la Tchécoslovaquie. Les survivants sont libérés par les troupes soviétiques à Theresienstadt en mai 1945.
Conséquences et mémoire
La mémoire du Kommando de Flöha est entretenue par les associations de déportés de Flossenbürg.
Une plaque commémorative a été apposée sur le bâtiment de l’ancienne filature à Flöha pour honorer le sacrifice des résistants français. Ce lieu symbolise la poursuite du combat résistant jusque dans le système concentrationnaire.
Références bibliographiques
Au-delà de toutes les frontières, Pierre Sudreau, Éditions Plon, 1991. Ce témoignage relate l’expérience de l’auteur depuis son engagement dans le réseau Brutus jusqu’à sa déportation au Kommando de Flöha, soulignant la fraternité entre résistants.
Mémorial des déportés de France, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, 2004. Cet ouvrage de référence répertorie les convois et les lieux de détention, offrant des données statistiques et biographiques sur les déportés passés par Flöha.
Références internet
Fondation pour la mémoire de la déportation. Le site propose des fiches historiques sur les camps et les Kommandos rattachés à Flossenbürg, détaillant les effectifs et les conditions de vie. https://www.bddm.org
Musée de la Résistance en ligne. Cette ressource offre des documents iconographiques et des témoignages sur les parcours de résistants déportés en Saxe. https://www.museedelaresistanceenligne.org
Sources consultées : Date de vérification : 18 février 2026
Maitron Résistance (recherche sur les noms cités), Fondation de la Résistance (fiches thématiques sur la déportation), Musée de la Résistance en ligne (recherche Flöha), Mémoire des Hommes (vérification des statuts de déportés résistants), Wikipédia (pour les dates de libération du camp).