La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le camp de Morez (aussi appelé camp Marco) est l’un des sites fondateurs des maquis de l’Ain et du Haut-Jura, créé à la mi‑août 1943.

Situé dans la ferme de Morez, sur le plateau d’Hotonnes près de Bellegarde, le camp est formé à l’initiative du caporal-pilote Pierre MARCAULT (alias Marco), ancien aviateur et passeur, alors collaborant avec le colonel Henri ROMANS‑PETIT.

Dès ses débuts, il accueille environ 40 réfractaires au STO et volontaires, encadrés par Charles FAIVRE, Julien et Marius ROCHE, Roger TANTON et d’autres. En septembre 1943, l’afflux croissant conduit à la création à 1 km du camp des Combettes, emmené par Maurice NICOLE (ex-Organisation Todt) et Jean‑Baptiste ZWENGER.

Le camp s’inscrit dans le groupement sud des maquis de l’Ain, sous l’autorité de Henri ROMANS‑PETIT, chef régional des maquis (armée secrète). Il est rattaché aux réseaux AS/FFI, coopérant avec les camps voisins (Verduraz, Cize, Pré‑Carré, Combettes).

Sa première mission notable est la prise du dépôt d’intendance des Chantiers de la jeunesse à Artemare le 10 septembre 1943, qui aboutit à la récupération de dix tonnes de vivres. Le 11 novembre, des sections du camp participent au prestigieux défilé armé à Oyonnax, organisé sous la direction de ROMANS-PETIT, avec la présence de cadres du camp de Morez. Fin 1943, des actions de coupe-logistique et de vols d’équipement visent à soutenir la croissance des maquis

Chefs, héros et pertes

  • Pierre MARCAULT, fondateur et chef initial ;
  • Charles FAIVRE, Julien et Marius ROCHE, Roger TANTON, principaux cadres ;
  • Maurice NICOLE et Jean‑Baptiste ZWENGER, qui dirigent ensuite Combettes.
    Le camp manque de pertes humaines importantes documentées, mais plusieurs maquisards sont tués en affrontements (notamment à Cize et en embuscades).

Dès octobre 1943, le camp de Morez fusionne avec les Combettes. En janvier 1944, il intègre le groupement sud FFI du colonel ROMANS-PETIT. Poursuivant ses actions lors du Débarquement (juin 1944), il fournit des combattants aux futures colonnes et régiments (RMCL). Avec la libération du département en août 1944, les camps sont démobilisés ou dissous.

Monument et mémoire

Le monument du Val d’Enfer près de Cerdon, œuvre de Charles Machet, rend hommage à tous les maquis, y compris ceux de Morez et Combettes.

 Le musée de la Résistance de Nantua conserve des cartographies, armes, archives issus du camp.

Références bibliographiques

  • Maquis de l’Ain et du Haut-Jura, collectif, Éditions Maquis de l’Ain, 2001. Étude détaillée des camps (Morez, Combettes…) et de l’organisation régionale.
  • Histoire de la Résistance armée dans l’Ain, Patrick Veyret, La Taillanderie, 1999. Approche précise de la progression militaire locale, avec chiffres et témoignages.
  • Mémoires du camp Nicole, Pierre MARCAULT, auto-édition, 1995. Témoignage du fondateur, couvrant sa vision, ses choix pour le camp de Morez et la création de Combettes.

Références internet

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