Le camp de concentration de Semlin, également connu sous le nom de camp de Sajmište, était l’un des principaux lieux de détention et d’extermination en Serbie occupée par les nazis. Il incarne une étape tragique dans l’histoire de la Shoah dans les Balkans.
1. Localisation
Le camp de Semlin était situé sur le territoire de l’actuelle Serbie, à proximité de Belgrade, sur la rive sud de la rivière Save. Il était installé sur un ancien site d’exposition commerciale, d’où son autre nom, Sajmište. Le camp se trouvait sur le territoire administré par le régime collaborateur serbe sous contrôle nazi.
2. Nombre d’internés et de morts
- Internés : Entre 40 000 et 50 000 personnes furent détenues à Semlin entre 1941 et 1944. Les internés comprenaient principalement des Juifs, mais aussi des résistants serbes, des Roms, des prisonniers politiques, et des civils arrêtés dans des opérations de représailles.
- Morts : Environ 20 000 à 23 000 personnes furent assassinées dans le camp, notamment par fusillades ou gazage dans des camions à gaz. Parmi elles, près de 6 500 Juifs furent tués au début de 1942.
3. Les bourreaux
- Herbert Andorfer : Commandant du camp de Semlin, impliqué dans la supervision des massacres et des transferts de prisonniers.
- Willy Friedrich : Officier SS ayant joué un rôle central dans les opérations d’extermination, notamment par l’utilisation de camions à gaz.
- Unité spéciale des Einsatzgruppen : Cette unité SS mobile était responsable des fusillades et de la gestion des gazages.
4. Victimes renommées
Le camp de Semlin ne conservait pas de prisonniers à long terme ; la plupart des internés étaient rapidement exécutés ou transférés vers d’autres camps. Par conséquent, peu de noms spécifiques sont associés au camp, mais les principales victimes comprenaient :
- Les Juifs de Belgrade et de Serbie occupée : Environ 6 000 Juifs furent gazés dans des camions mobiles entre mars et mai 1942, marquant la quasi-disparition de la communauté juive de Serbie.
- Résistants serbes : Nombre de membres des mouvements de résistance locaux furent arrêtés et exécutés à Semlin.
5. Évadés et survivants
Évasions
Les évasions documentées à Semlin étaient rares, en raison de la sécurité stricte et de la nature exterminatrice du camp. Quelques prisonniers résistants auraient réussi à s’échapper lors des transferts.
Survivants connus
- Peu de survivants ont été enregistrés, en raison du caractère systématique et rapide des exécutions dans le camp. Les rares survivants étaient des résistants transférés avant d’être exécutés.
6. Dates et libération
- Démantèlement : Le camp fut utilisé comme centre de détention et d’extermination jusqu’en 1944. Avec l’avancée de l’Armée rouge et des partisans yougoslaves, les nazis commencèrent à évacuer le camp en automne 1944.
- Libération : Semlin fut libéré en octobre 1944 par les forces partisanes dirigées par Tito, soutenues par l’Armée rouge. À leur arrivée, le camp était pratiquement vide, les nazis ayant tenté de détruire les preuves des crimes.
7. Fonctionnement du camp
- Origine et rôle :
- Semlin fut ouvert en décembre 1941 pour interner les Juifs de Belgrade après la destruction du ghetto de la ville.
- En 1942, il devint un centre d’extermination pour les Juifs et les résistants serbes.
- Méthodes d’extermination :
- Les camions à gaz furent utilisés pour tuer des milliers de Juifs en quelques semaines, entre mars et mai 1942. Ces camions hermétiquement clos faisaient circuler des gaz d’échappement pour asphyxier les victimes.
- Les résistants serbes et autres prisonniers politiques étaient souvent fusillés dans des fosses communes.
- Conditions de vie :
- Les prisonniers vivaient dans des conditions insalubres, avec très peu de nourriture et sans soins médicaux.
- La mortalité par famine et maladie était élevée, même parmi les prisonniers conservés temporairement pour des travaux forcés.
- Utilisation ultérieure :
- Après l’extermination de la majorité des Juifs de Serbie, le camp servit principalement à la détention temporaire des résistants et des civils avant leur exécution ou leur transfert vers d’autres camps nazis.
8. Références bibliographiques
- “The Holocaust in Serbia” de Christopher Browning : Analyse approfondie de la Shoah dans les Balkans, incluant le rôle de Semlin.
- “Shoah en Serbie” de Milan Koljanin : Un ouvrage détaillant les persécutions des Juifs et le fonctionnement des camps en Serbie.
- “Belgrade under German Occupation” de Jozo Tomasevich : Étude historique sur la période de l’occupation allemande, avec des sections sur Semlin.
- “The Nazi Genocide in the Balkans” de Paul Mojzes : Analyse globale incluant le rôle de Semlin.
9. Liens internet
- Mémorial de Semlin : Site officiel consacré à la mémoire des victimes.
https://semlin-memorial.org - United States Holocaust Memorial Museum (USHMM) : Une ressource complète sur l’histoire du camp et des victimes.
https://encyclopedia.ushmm.org - Yad Vashem – Semlin : Témoignages et informations historiques sur le camp.
https://www.yadvashem.org
10. Conclusion
Le camp de concentration de Semlin est un symbole de la brutalité nazie dans les Balkans. Il fut le théâtre de l’élimination quasi totale des Juifs de Serbie et d’exécutions massives de résistants serbes. Malgré les efforts nazis pour dissimuler leurs crimes, les témoignages et les recherches historiques ont permis de préserver la mémoire de ce lieu tragique.
Cette synthèse est avant tout destinée à permettre aux élèves faisant le concours de la Résistance d’aborder le sujet et de disposer de quelques références Bibliographiques et de quelques liens utiles. Ce document est libre de droits sont auteur n’ayant fait que rassembler et organiser pour cette synthèse des informations accessibles sur le net. N’hésitez pas à attirer notre attention sur toute erreur ou tout manque que vous pourriez constater.