Antoine Guillaume LE BRIS, alias « Laou », né le 3 novembre 1920 à Plouaret (Côtes-du-Nord), mort le 10 avril 1945 à Lunebourg (Allemagne), français.
Étudiant en droit, Antoine Le Bris travaille en 1943 aux PTT à Paris. Il entre alors en relation avec des réseaux de renseignement et devient lui-même réfractaire au STO.
Engagement dans la Résistance
Installé à Quimper en juin 1943, il rejoint en août, à l’initiative de Laurent Jacq, alias « capitaine Quézennec », Libération-Nord. Il devient chef de secteur et adjoint de Laurent Jacq. Ses missions comprennent le renseignement, la surveillance des communications entre Paris et la Bretagne et le recrutement d’agents.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Libération-Nord, secteur de Quimper. La documentation le présente comme responsable quimpérois du mouvement et comme chef militaire local.
Missions et actions
À la mi-septembre 1943, Antoine Le Bris et Louis Kernéis deviennent rédacteurs à la Direction départementale du STO. Ils falsifient des dossiers et fournissent de faux documents aux réfractaires.
Le 14 janvier 1944, Antoine Le Bris joue un rôle dirigeant dans l’opération destinée à faire disparaître le fichier : 44 000 dossiers sont enlevés puis brûlés à Ergué-Gabéric.
Arrestation / évasion / déportation
Il est arrêté par la Gestapo le 14 février 1944. Durement interrogé et torturé, il ne livre pas ses camarades.
Il est emprisonné à Mesgloaguen jusqu’au 4 juin, transféré à Rennes, puis à Compiègne. Il est déporté à Neuengamme le 28 juillet 1944.
Il meurt le 10 avril 1945 à Lunebourg, frappé par un SS alors qu’il est évacué vers Bergen-Belsen.
Camarades de combat
Laurent Jacq, Louis Kernéis, Jeannette Cras, Jean Le Bris, Jean Le Corre, René Fauvel, Hervé Bénéat, François Balès et les autres participants au sabotage du STO constituent son principal groupe de camarades identifié.
Retour à la vie civile
Mort en déportation, Antoine Le Bris ne revient pas à la vie civile.
Décorations
Médaille de le Résistance Française à titre posthume par décret du 27 Décembre 1954 JO 06 Janvier 1955 Source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O36489
Aucune autre décoration individuelle n’a été retenue sans vérification institutionnelle complémentaire.
Lieux de mémoire
Le square Antoine-Le-Bris à Quimper porte son nom. Une plaque y rappelle que, le 14 janvier 1944, un groupe de résistants participa au sabotage du STO et à la destruction de ses 44 000 dossiers. La plaque a été inaugurée en janvier 1994.
Références bibliographiques
La documentation AERI consacrée à la Résistance en Bretagne et les témoignages relatifs au « coup du STO » constituent le principal corpus documentaire retrouvé pour cette notice.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne. La page « Square Antoine Le Bris, Quimper » constitue la source biographique la plus développée retrouvée. Elle fournit son état civil, son parcours dans Libération-Nord, son rôle au STO, l’opération du 14 janvier 1944, son arrestation, son itinéraire carcéral et sa mort. Elle indique également comme source le dossier SHD 16 P 347989. Musée de la Résistance en ligne — Antoine Le Bris https://museedelaresistanceenligne.org/media6831-Square-Antoine-Le-Bris-Quimper?utm_source=chatgpt.com
Ville de Quimper. Le livret municipal Quimper 39-45 confirme le sabotage administratif mené avec Jeanne Cras et Louis Kerneis et la destruction des dossiers. Ville de Quimper — Quimper 39-45 https://www.quimper.bzh/cms_viewFile.php?idtf=53110&path=Livret-Quimper-39-45.pdf&utm_source=chatgpt.com
ANACR du Finistère / Pôle Jean Moulin. La documentation mémorielle confirme sa qualité d’adjoint de Laurent Jacq, sa responsabilité militaire à Quimper et sa mort en déportation. ANACR du Finistère — Antoine Le Bris et le coup du STO https://polejeanmoulin.com/page362/page361/?utm_source=chatgpt.com
Dossier d’homologation consulté
SHD GR 16 P 347989, cote indiquée comme source par le Musée de la Résistance en ligne. La cote a été identifiée mais le dossier original n’a pas été directement visualisé dans son intégralité lors de la présente recherche.
Observations
La documentation retrouvée est exceptionnellement précise pour l’opération et la déportation, mais moins développée sur la famille et la jeunesse d’Antoine Le Bris.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — Fiabilité excellente. L’identité, l’appartenance à Libération-Nord, l’opération du 14 janvier 1944, l’arrestation, la déportation et le décès sont documentés de manière concordante ; une cote SHD nominative est en outre identifiée.
Chronologie
| Date | Événement |
| 3 novembre 1920 | Naissance à Plouaret |
| juin 1943 | Installation à Quimper |
| août 1943 | Entrée à Libération-Nord |
| mi-septembre 1943 | Rédacteur au service du STO |
| 14 janvier 1944 | Participation dirigeante à la destruction de 44 000 dossiers |
| 14 février 1944 | Arrestation par la Gestapo |
| 28 juillet 1944 | Déportation à Neuengamme |
| 10 avril 1945 | Mort à Lunebourg |
Sources consultées
Musée de la Résistance en ligne. « Square Antoine Le Bris, Quimper ». Source essentielle pour son état civil, ses responsabilités dans Libération-Nord, le sabotage du STO, son arrestation, son parcours de déporté et sa mort ; elle donne également la cote SHD 16 P 347989. Musée de la Résistance en ligne — Antoine Le Bris
Ville de Quimper. Quimper 39-45. Source municipale confirmant le rôle des trois employés résistants et la destruction des dossiers. Ville de Quimper — livret 1939-1945
ANACR du Finistère / Pôle Jean Moulin. Documentation consacrée aux douze résistants du « coup du STO », utilisée pour recouper son pseudonyme, ses responsabilités et son sort. ANACR — hommage aux résistants de Quimper