Joseph Lavoué, né le 14 janvier 1893 à Rennes (Ille-et-Vilaine), mort : date et lieu non retrouvés dans les bases officielles consultées, de nationalité française.
Né rennais en 1893, Joseph Lavoué suit des études de médecine et exerce comme docteur en ville avant-guerre. Une annonce professionnelle dans la presse locale atteste son cabinet au 18, boulevard de la Liberté à Rennes dans l’entre-deux-guerres, signe d’une implantation médicale reconnue au cœur de la cité.
Dès 1941, il s’agrège aux premiers noyaux rennais de Résistance. Autour de l’employé municipal Étienne Maurel, du professeur Victor Janton et d’un groupe d’étudiants, se structure l’équipe qui crée le journal clandestin rennais La Bretagne enchaînée. Le docteur Lavoué fournit la ronéo et le papier, participe à la rédaction des « Échos » et, à l’automne 1941, entre dans le réseau de renseignement Johnny.
Il appartient au réseau Johnny (Johny dans certains dossiers du SHD), actif en Bretagne dès 1940, et collabore aussi avec Overcloud, réseau « résistance-action » lié à des projets de sabotage ferroviaire en Bretagne. Des notices du Musée de la Résistance en ligne mentionnent explicitement « Joseph Lavoué, membre du réseau Johny, travaillant aussi avec Overcloud ».
Missions et actions
À Rennes, Joseph Lavoué sert de contact pour l’obtention de renseignements sur l’organisation du trafic ferroviaire. Dans ce cadre, il est l’intermédiaire local sollicité par des agents en mission, tel le radio Pierre Pétillon du réseau Johnny.
Parallèlement, il contribue à la fabrication et à la diffusion de La Bretagne enchaînée, feuille ronéotypée tirée dès novembre 1941 et distribuée notamment dans les lycées et facultés rennais.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté à Rennes le 17 mars 1942, il est ultérieurement déporté « NN » : le 8 juillet 1943, un convoi part de Paris-Est pour Natzweiler-Struthof où il arrive le 9 juillet 1943, matricule 4351. Plusieurs bases recoupent ces éléments (Fondation pour la Mémoire de la Déportation – BDDM ; sites mémoriels bretons).
Il est libéré à Dachau le 29 avril 1945.
Camarades de combat
Son parcours renvoie au « groupe Maurel » et au cercle rennais de La Bretagne enchaînée :
- Étienne et Renée Maurel,
- Victor Janton,
- André Simon,
- les étudiants André Ménard, Louis et Pierre Normand, Édouard Le Deuff ;
côté réseaux, les agents de Johnny et d’Overcloud opérant en Bretagne (notamment Pierre Pétillon). Ces noms ressortent des études et notices consacrées au journal et aux réseaux.
Retour à la vie civile
Les bases officielles et mémorielles consultées confirment sa libération à Dachau le 29 avril 1945, mais ne documentent pas, à ce stade, sa trajectoire professionnelle et personnelle après retour.
Décorations
- Médaille de la résistance avec rosette par décret du 24 Avril 1946
Aucune autre décoration n’a pu être confirmée dans les bases officielles obligatoires (Ordre de la Libération – section Médaille de la Résistance et Compagnons, Base Léonore pour la Légion d’honneur, Mémoire des hommes/THR).
Lieux de mémoire
Aucun odonyme ou monument identifié à ce nom dans les bases consultées. Les notices rennaises sur l’époque citent toutefois son rôle dans La Bretagne enchaînée sans qu’un lieu ne porte son nom. (Vérification effectuée sur les bases et notices du Musée de la Résistance en ligne.)
Références bibliographiques
- Des agents ordinaires, le réseau « Johnny » – 1941-1943, Emmanuel Couanault, Locus Solus, 2016. Cet ouvrage retrace la genèse et l’activité du réseau Johnny en Bretagne, avec un accent sur ses acteurs « ordinaires ». Le lecteur y trouve une mise en contexte précise des méthodes de renseignement utilisées, des liaisons radio et des liaisons avec d’autres réseaux, ainsi que des notices individuelles utiles pour reconstituer des itinéraires comme celui de Joseph Lavoué.
- Histoire de la Résistance : 1940-1945, Olivier Wieviorka, Perrin, rééd. 2013. Une synthèse de référence sur la Résistance française, articulant clandestinité intérieure, réseaux de renseignement et mouvements, qui permet de situer l’action des réseaux bretons (Johnny, Overcloud) dans l’ensemble national, leurs techniques, et la chronologie des répressions.
- La Bretagne d’une guerre à l’autre : 1914-1945, Christian Bougeard, Presses universitaires de Rennes, 2014. Panorama régional richement documenté qui éclaire la spécificité bretonne de l’Occupation et de la Résistance. On y comprend les sociologies militantes, les articulations entre milieux cheminots, étudiants et professions libérales, ainsi que le rôle des journaux clandestins rennais.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne – « Rue Joseph-Vaillant, Rennes » (notice contextuelle). La notice biographique de Joseph Vaillant contient un développement sur les réseaux Johnny et Overcloud à Rennes et cite explicitement Joseph Lavoué comme contact rennais et agent Johnny opérant aussi pour Overcloud, avec sources SHD. URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media10140-Rue-Joseph-Vaillant-Rennes-Ille-et-Vilaine
- La Bretagne enchaînée (Wikipédia, article contextualisé). Article de synthèse qui situe la création du journal clandestin rennais et mentionne le rôle du « docteur Lavoué » comme fournisseur de papier et animateur des « Échos ». À croiser avec les sites officiels ; utile pour l’écosystème militant rennais. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bretagne_encha%C3%AEn%C3%A9e
- Mémoire de Guerre – la Résistance en Bretagne (site associatif local). Plusieurs pages listent les déportés d’Ille-et-Vilaine et rappellent la fiche « LAVOUÉ Joseph », avec les dates d’arrestation et de déportation NN. Source utile pour recouper les mouvements de convoi. URL : https://memoiredeguerre.free.fr/ccmr/p6-list-l.htm
- Fondation pour la Mémoire de la Déportation – BDDM (transport I.114). Tableau du convoi parti de Paris le 8 juillet 1943 vers Natzweiler : « 4351, LAVOUÉ, Joseph, 14/01/1893 ». Donnée clef pour la déportation et le matricule. https://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.114
- Les Français Libres (base contributive, à utiliser comme recoupement). Fiche « Joseph Charles Lavoué » reprenant les informations d’arrestation, de convoi NN, de matricule et de libération à Dachau le 29/04/1945 ; utile comme relais vers sources mémorielles locales. https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=78663
- Gallica – L’Ouest-Éclair. Annonce professionnelle attestant le cabinet du « Docteur LAVOUÉ » à Rennes, boulevard de la Liberté, dans les années 1930 ; utile pour situer sa présence sociale et professionnelle avant l’Occupation. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6595929
- Kristian Hamon (blog historique). Article de contexte sur La Bretagne enchaînée rappelant que la ronéo appartenait au docteur Joseph Lavoué, qui intègre le réseau Johnny en octobre 1941 ; à manier comme source secondaire militante, mais utilement recoupée avec le Musée de la Résistance en ligne. https://kristianhamon.blogspot.com/2015/04/un-journal-clandestin-rennais-la.html