La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La Milice française fut créée le 30 janvier 1943 par le régime de Vichy, sous l’impulsion de Pierre Laval et Joseph Darnand.

Elle avait pour but principal de lutter contre la Résistance intérieure française et d’imposer l’ordre dans un pays en proie aux troubles, tout en collaborant activement avec l’occupant nazi.

Création et objectifs

La Milice est née dans un contexte d’aggravation de la guerre et d’extension de la Résistance.

Elle est instituée pour pallier l’inefficacité des forces de police traditionnelles face aux actions de sabotage et aux maquis.

Elle se présente officiellement comme une organisation visant à défendre l’État français contre les « terroristes », mais elle devient rapidement un instrument de terreur et de répression, collaborant étroitement avec la Gestapo.

Son objectif est double : traquer et éliminer les résistants, mais aussi maintenir l’ordre moral et politique voulu par le maréchal Pétain et le gouvernement de Vichy.

Dirigeants

La Milice est dirigée par Joseph Darnand, ancien combattant décoré de la Première Guerre mondiale et militant d’extrême droite.

Darnand, fervent partisan de la collaboration, prête personnellement serment à Adolf Hitler en août 1943, faisant de la Milice un véritable auxiliaire des nazis.

Parmi ses autres dirigeants notables figurent Henri Fenet et Paul Touvier, tous deux impliqués dans des exactions et des crimes de guerre.

Actions

La Milice mène des opérations contre la Résistance, multipliant arrestations, tortures, assassinats et exécutions sommaires.

Elle participe aux rafles de Juifs et d’opposants politiques, livre les résistants à la Gestapo et commet des représailles brutales dans les régions où les maquis sont actifs.

Elle agit principalement en zone sud mais étend ses activités dans toute la France après l’occupation totale en novembre 1942.

Ses membres sont armés et dotés d’un uniforme spécifique : veste et pantalon gris, chemise bleu ciel, cravate noire, béret bleu marine.

La fin de la Milice

À partir de 1944, la Milice est de plus en plus rejetée par la population.

Après la Libération, ses membres fuient vers l’Allemagne ou l’Italie, certains rejoignant la division SS Charlemagne.

Ceux capturés en France sont jugés pour collaboration et crimes de guerre. Beaucoup sont exécutés sommairement dans des « épurations » locales.

La Milice disparaît officiellement après la Libération, mais son souvenir reste associé à la répression la plus violente du régime de Vichy.

Références bibliographiques

La Milice française, par Pierre Giolitto, Éditions Perrin, Paris, 1997.
Cet ouvrage retrace l’histoire complète de la Milice, de sa création à sa dissolution, en s’appuyant sur des témoignages et des archives. L’auteur met en lumière les motivations de ses membres et la brutalité de leurs actions.

Les Collaborateurs, par Pascal Ory, Éditions du Seuil, Paris, 1976.
Pascal Ory consacre un chapitre important à la Milice dans cet ouvrage sur la collaboration. Il analyse son rôle spécifique dans le maintien de l’ordre intérieur et la répression politique.

Histoire de la Milice, par François Marcot, Éditions Fayard, Paris, 1998.
François Marcot offre une synthèse approfondie sur la Milice, ses effectifs, son idéologie, ses pratiques et son poids dans la politique de répression menée par Vichy et l’occupant.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?media=3262

Article détaillant l’histoire de la Milice française, ses origines, ses actions et son implication dans la lutte contre la Résistance, avec des documents d’archives.

Chemins de mémoire : https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/la-milice

Article historique sur la Milice, expliquant son rôle de bras armé du régime de Vichy, ses méthodes et son effondrement après la Libération.

Lumni Enseignement : https://www.lumni.fr/article/la-milice-francaise

Fiche pédagogique décrivant les caractéristiques de la Milice, ses chefs, ses activités et son implication dans les crimes de guerre.

Monument commémoratif

Un monument commémoratif aux victimes de la Milice et de la répression est situé à Bron, dans le Rhône, en mémoire des fusillés du fort de Bron exécutés par la Milice et la Gestapo en août 1944.

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