33. Waffen-Grenadier-Division der SS Charlemagne (französische Nr. 1)
La division Charlemagne est formée officiellement à l’automne 1944 au camp de Wildflecken en Bavière. Elle regroupe les débris de la LVF, les survivants de la Sturmbrigade Frankreich, des membres de la Milice française en exil et divers volontaires issus de la Kriegsmarine ou de l’Organisation Todt.
En février 1945, forte d’environ 7 000 hommes, la division est envoyée en Poméranie pour tenter de stopper l’offensive soviétique. Face à la supériorité écrasante de l’Armée rouge, l’unité est morcelée et subit des pertes effroyables lors des combats d’Elsenau et de Körlin.
Fin avril 1945, un contingent de volontaires rescapés, commandé par Henri FENET, est envoyé à Berlin. Ces derniers participent aux combats de rue ultimes pour la défense du centre-ville et de la Chancellerie du Reich. Ils sont parmi les derniers défenseurs du bunker de Hitler avant la capitulation de la ville le 2 mai 1945.
La création de la division Charlemagne intervient à un moment où le territoire français est presque totalement libéré. Pour le commandement nazi, il s’agit de mobiliser toutes les forces disponibles pour la défense du Reich.
Pour les collaborateurs français réfugiés en Allemagne (notamment à Sigmaringen), c’est l’ultime moyen de poursuivre un combat politique qui a déjà échoué en France.
La division est placée sous le commandement nominal du général SS allemand Gustav KRUKENBERG, secondé par le colonel français Edgar PUAUD.
Edgar PUAUD, Oberführer de la SS, commandant français de la division, disparu en Poméranie en mars 1945.
Henri FENET, Hauptsturmführer, qui commande le bataillon de marche à Berlin et reçoit la Croix de Chevalier de la Croix de Fer pour ses actions défensives.
Jean BOQUET, cadre de la Milice, impliqué dans l’encadrement des troupes.
Gustav KRUKENBERG, général allemand qui assure le commandement opérationnel lors des derniers combats de Berlin.
Victimes
Les pertes en Poméranie s’élèvent à plusieurs milliers de morts, blessés et prisonniers. À Berlin, sur les 300 à 400 hommes engagés, seule une poignée survit.
En mai 1945, douze soldats de la division capturés par les troupes du général LECLERC sont fusillés à Bad Reichenhall sans procès régulier, événement qui reste l’un des épisodes les plus sombres de la fin du conflit pour les troupes françaises.
Survivants
Les survivants sont pour la plupart capturés par les Soviétiques (et souvent envoyés au camp de Tambov) ou par les Alliés occidentaux.
Henri FENET est condamné à vingt ans de travaux forcés à son retour en France avant d’être libéré prématurément.
Christian de LA MAZIÈRE, dont le parcours a été médiatisé par le film “Le Chagrin et la Pitié”, est l’un des rares membres de l’unité à avoir laissé un témoignage détaillé sur son engagement.
Conséquences
La destruction de la division Charlemagne marque la fin physique de la collaboration militaire française. Sur le plan historique, son engagement à Berlin a acquis une dimension symbolique forte dans les milieux de l’extrême droite radicale.
Sur le plan juridique, le retour des survivants a donné lieu aux derniers grands procès de l’épuration judiciaire en France.
Mémoire et lieux commémoratifs
Un monument privé dédié aux Français tombés en Poméranie existe en Pologne, mais il ne fait l’objet d’aucune reconnaissance officielle. La mémoire de l’unité est quasi exclusivement portée par des associations privées d’anciens combattants ou des cercles historiques spécialisés.
Références bibliographiques
Charlemagne : les Français dans la Waffen-SS par Robert FORBES, éditions de l’Aencre, 2005. Cet ouvrage monumental détaille jour par jour les combats en Poméranie et à Berlin. Il est fondé sur une étude minutieuse des archives militaires et des témoignages des survivants de toutes les compagnies.
Berlin : les 300 Français de la Charlemagne par Jean MABIRE, éditions Grancher, 1995. Ce livre se concentre exclusivement sur l’odyssée du bataillon Fenet dans les ruines de Berlin. Bien que le ton soit hagiographique, les détails topographiques et chronologiques des combats de rue sont historiquement précis.
Le Rêveur casqué par Christian de LA MAZIÈRE, éditions Robert Laffont, 1972. Ce témoignage personnel d’un engagé de la division Charlemagne offre une plongée psychologique dans les motivations d’un jeune Français rejoignant la Waffen-SS à la fin de la guerre.
La division Charlemagne : des Français dans l’enfer de la SS par Grégory BOUYSSE, éditions Dualpha, 2012. Une étude récente qui répertorie de nombreux cadres et soldats de l’unité, apportant des précisions sur leur parcours avant et après l’engagement dans la division.
L’épopée de la division Charlemagne par Jean-Luc LELEU, dans “La France sous l’Occupation”, éditions PUF, 2011. Ce chapitre d’un ouvrage collectif replace l’histoire de la division dans le cadre plus large de la chute du système de collaboration et de l’agonie du IIIe Reich.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne Propose des ressources sur la fin de la collaboration et le destin des unités françaises en Allemagne en 1945. https://museedelaresistanceenligne.org/
Ordre de la Libération Le site contient des mentions de la lutte contre les unités de la Charlemagne lors de la progression des troupes françaises en Allemagne. https://www.ordredelaliberation.fr/
Fondation de la Résistance Analyse la transition entre la LVF, la Milice et la division Charlemagne dans le cadre de l’exil à Sigmaringen. https://www.fondationresistance.org/
Le Maitron Dictionnaire biographique contenant les notices de certains membres de la division ayant eu un parcours politique ou syndical avant ou après la guerre. https://maitron.fr/
Mémoire des Hommes Permet d’identifier les fiches de décès ou de disparition de certains membres de l’unité, bien que ces archives soient complexes à consulter pour les engagés sous uniforme ennemi. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Sources consultées Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Service Historique de la Défense, Gallica BnF, Archives Nationales.