À cette date, la Sicile est entièrement aux mains des Alliés.
Les forces allemandes ont réussi une évacuation méthodique vers le continent, tandis que le gouvernement italien tente de négocier en secret avec les Anglo-Américains.
Les préparatifs sont en cours pour l’invasion de l’Italie continentale.
La Sicile devient un tremplin opérationnel pour l’attaque du sud de l’Italie, mais aussi un choc psychologique pour l’Axe, et un signe fort envoyé à la population italienne et allemande.
Difficultés de la campagne
Le succès a été coûteux et difficile :
- Terrain accidenté, favorable à la défense.
- Résistance acharnée des forces allemandes dans le nord et l’est de la Sicile (Troina, Randazzo).
- Coordination difficile entre commandants alliés (Patton et Montgomery en conflit ouvert).
- Conditions climatiques éprouvantes pour les troupes.
Forces en Présences
Alliés :
- Plus de 470 000 hommes déployés pour la campagne de Sicile.
- Commandement : général Dwight D. Eisenhower (commandement suprême), avec Montgomery (8e armée) et Patton (7e armée).
- Contrôle aérien total avec la RAF et l’USAAF.
- Supériorité navale indiscutable.
Axe :
- Les Italiens sont militairement hors-jeu après la chute de Mussolini.
- Environ 40 000 soldats allemands ont été évacués de Sicile entre le 11 et le 17 août, avec presque tout leur matériel lourd.
- Commandement : Maréchal Albert Kesselring pour la défense de l’Italie.
A la fin Aout 1943
- Le front est temporairement calme : la Sicile est entièrement conquise, et aucun combat majeur n’a lieu à la fin août.
- Le calme apparent masque une tension stratégique majeure.
- Les Alliés planifient deux débarquements : à Reggio de Calabre (opération Baytown) et à Salerne (opération Avalanche).
- Les Allemands préparent leurs défenses sur la péninsule, notamment la ligne Gustav, au sud de Rome.
Zones contrôlées
- Toute la Sicile est sous contrôle allié.
- Les ports de Palerme, Catane et Messine sont entre les mains des Anglo-Américains et deviennent des bases logistiques pour les futures opérations.
Pertes humaines cumulées (juillet-août 1943)
Alliés :
- Environ 24 850 pertes (tués, blessés, disparus).
- Dont environ 5 000 morts.
Axe :
- Environ 167 000 pertes, dont :
- 30 000 Allemands (4 000 à 5 000 tués).
- 130 000 Italiens (dont la majorité capturée ou disparue après la capitulation de l’île).
Evolutions stratégiques en cours
Les rapports de renseignement, les transmissions décryptées et les agents de terrain montrent clairement une fissure majeure dans l’Axe :
- L’Italie cherche une sortie de guerre. Le maréchal Badoglio, nouveau chef du gouvernement, négocie en secret avec les Alliés depuis Lisbonne et Alger.
- L’Allemagne prend le contrôle : elle prépare une occupation militaire totale de l’Italie (Opération Achse), en prévision d’un armistice.
- Les Alliés veulent capitaliser sur la chute de Mussolini avant que les Allemands ne verrouillent le nord de l’Italie.
Informations aux dirigeants
- Roosevelt reçoit des télégrammes quotidiens d’Eisenhower confirmant que l’invasion de l’Italie peut commencer dès septembre.
- Churchill insiste pour que Rome soit atteinte rapidement, considérant la prise de la capitale comme un coup symbolique.
- Hitler apprend que Badoglio négocie avec les Alliés. Il décide de déployer plus de divisions en Italie, notamment les divisions blindées SS. Il prépare la libération de Mussolini (opération Eiche) afin d’établir un régime fasciste parallèle dans le nord.
Décisions militaires
Alliés :
- Ordre est donné de lancer l’opération Baytown (débarquement britannique à Reggio de Calabre) le 3 septembre.
- L’opération principale, Avalanche (débarquement à Salerne), est fixée au 9 septembre.
- L’objectif est de couper l’Italie en deux avant que l’Allemagne n’occupe tout le pays.
Axe :
- Ordre de Kesselring : ralentir l’avance alliée par une défense mobile.
- Construction des lignes défensives : Volturno, Barbara, puis Gustav.
- Préparation de la prise de contrôle complète de l’Italie dès que l’armistice italien sera officiel.
La fin août 1943 marque un tournant décisif.
L’Italie s’effondre politiquement, l’Allemagne prend le relais et se prépare à une guerre défensive sur la péninsule.
Les Alliés ont remporté leur première grande victoire sur le sol européen et s’apprêtent à enchaîner sur une campagne beaucoup plus longue et plus coûteuse, celle de l’Italie continentale.