La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

KRATZAT Gerhard Johannes

Gerhard Johannes KRATZAT, alias Jean l’Allemand, Jan, Pierre Vanhaeren, né le 8 janvier 1909 à Burg, Allemagne, mort fusillé le 12 juillet 1944 à Lyon, Rhône, France. Nationalité allemande.

Gerhard Johannes Kratzat est né le 8 janvier 1909 à Burg, Allemagne. Le Maitron le présente comme fils d’un contrôleur des postes. Il est d’abord employé de banque, puis devient marin à partir de 1927. Les sources allemandes et le Maitron le rattachent très tôt aux milieux syndicaux et communistes de marins.

Engagement dans la Résistance

Avant son engagement dans la Résistance française, Gerhard Kratzat est déjà un militant antinazi. Il participe aux luttes syndicales de marins au début des années 1930. Après l’arrivée des nazis au pouvoir, il est arrêté et interné au camp de concentration de Sonnenburg de mars à juillet 1933, où il subit des violences graves.

De 1934 à 1936, il travaille dans les réseaux de l’Internationale des marins et dockers à Rotterdam et à Anvers. Pendant la guerre d’Espagne, il occupe des fonctions dans les réseaux liés à la solidarité internationale et aux Brigades internationales. Réfugié en France, il rejoint ensuite la Résistance française.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Gerhard Kratzat appartient au Mouvement de Résistance des Prisonniers de Guerre et Déportés, également lié au réseau Charette. Il y est connu sous le nom de Jean l’Allemand. Les sources françaises le mentionnent aussi sous le nom de Pierre Vanhaeren. Le Maitron donne le pseudonyme Jan.

Son activité est rattachée au service de renseignement du MRPGD en Allemagne. Une source mémorielle landaise le présente comme Gérard Kratzat, alias Jean l’Allemand, chargé du service de renseignement du MRPGD Allemagne.

Missions et actions

Gerhard Kratzat joue un rôle dans le renseignement du MRPGD, notamment par ses liens avec des milieux allemands antinazis. Les sources relatives au réseau Charette indiquent que le MRPGD dispose d’antennes dans l’Allemagne nazie et de contacts avec des opposants allemands, dont Freies Deutschland.

Il est lié au groupe de Pechbonnieu, près de Toulouse, où il trouve refuge entre 1942 et 1943. Ce lieu abrite des résistants, des réfugiés, des enfants juifs et des réfractaires. Les sources de presse locale indiquent qu’il réside à Pechbonnieu pendant environ dix-huit mois, dans la maison Robène, avant son arrestation.

Il travaille dans l’environnement d’Edgar Morin. Les sources récentes relatives à sa reconnaissance comme Mort pour la France le présentent comme adjoint d’Edgar Morin, responsable de l’organisation en région 4, c’est-à-dire le Sud-Ouest.

Arrestation / évasion / déportation

Gerhard Kratzat est arrêté à Paris le 10 mars 1944. Les sources divergent légèrement sur les modalités : certaines indiquent une arrestation par les Allemands, tandis que la presse locale mentionne une capture par la Milice avant remise à la Gestapo.

Il est ensuite transféré à Lyon, jugé par un tribunal militaire allemand, condamné à mort et fusillé le 12 juillet 1944.

Les sources soulignent qu’il ne livre aucun nom ni aucune information sur les opérations du MRPGD ou sur la cache de Pechbonnieu pendant les mois passés aux mains de ses geôliers.

Camarades de combat

Edgar Morin travaille dans le même environnement de Résistance et les sources récentes présentent Gerhard Kratzat comme son adjoint dans l’organisation régionale.

Michel Cailliau dirige le MRPGD et le réseau Charette.

Clara Malraux, Henriette Rolls et les Robène apparaissent dans l’environnement de Pechbonnieu.

Les sources consultées mentionnent aussi Heinz Preis, antifasciste allemand réfugié avec lui dans la région toulousaine.

Retour à la vie civile

Gerhard Kratzat ne revient pas à la vie civile après la guerre. Il est exécuté à Lyon le 12 juillet 1944.

Décorations

Aucune décoration trouvée dans les bases consultées. Cela ne signifie pas cependant que Gerhard Kratzat n’ait pas reçu de décorations, mais qu’elles n’ont pu être trouvées par les présentes recherches.

La reconnaissance « Mort pour la France » est attestée par des sources de presse et associatives indiquant que l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre a validé cette reconnaissance le 27 mars 2023. Cette reconnaissance mémorielle n’est pas une décoration.

Lieux de mémoire

Un Stolperstein, ou pavé de mémoire, a été posé le 30 juillet 2009 à Burg, Allemagne, en mémoire de Gerhard Kratzat. L’inscription rappelle son année de naissance, son engagement en Belgique, dans les Brigades internationales en Espagne, dans la Résistance en France, son arrestation le 10 mars 1944 et son exécution le 12 juillet 1944 à Lyon.

À Pechbonnieu, Haute-Garonne, France, la mémoire de Gerhard Kratzat est associée à la maison Robène, où il fut caché avec d’autres réfugiés, résistants et enfants juifs. En 2023, plusieurs articles locaux ont signalé sa reconnaissance comme Mort pour la France.

Références bibliographiques

Michel Cailliau, Histoire du Mouvement de résistance des prisonniers de guerre et déportés de 1941 à 1945. Ouvrage essentiel pour l’histoire du MRPGD et du réseau Charette, utile pour replacer Gerhard Kratzat, alias Jean l’Allemand, dans l’organisation du renseignement du mouvement.

Michel Goubet, La résistance étrangère à Toulouse (1940-1944), Bulletin de l’Institut d’Histoire du Temps Présent, supplément n° 8, 1995. Article universitaire sur les résistants étrangers dans la région toulousaine, utile pour contextualiser l’action de militants antifascistes allemands réfugiés dans le Sud-Ouest.

Clara Malraux, … et pourtant j’étais libre, Grasset, 2006. Témoignage cité par la presse locale et les travaux mémoriels sur Pechbonnieu, utile pour replacer Gerhard Kratzat dans le milieu des réfugiés et résistants hébergés dans la région toulousaine.

Laurent Robène, Pechbonnieu 1940-1944, novembre 2018. Ouvrage cité par la presse locale à propos de la reconnaissance de Gerhard Kratzat comme Mort pour la France et du rôle de la maison Robène à Pechbonnieu.

Références internet

Le Maitron Notice « KRATZAT Gerhard Johannes. Pseudonyme : Jan ». Source biographique principale : identité, naissance, activité militante, rattachement aux réseaux communistes, exécution à Lyon. https://maitron.fr/kratzat-gerhard-johannes-pseudonyme-jan/

Persée Michel Goubet, « La résistance étrangère à Toulouse (1940-1944) ». Article universitaire apportant le contexte de la Résistance étrangère à Toulouse et de la présence antifasciste dans la région. https://www.persee.fr/doc/ihtp_1256-5733_1995_num_8_1_1921

CPRD Landes Article « Un réseau de résistance peu connu : le Mouvement de Résistance des Prisonniers de Guerre et Déportés ». Mention de Gérard Kratzat, alias Jean l’Allemand, chargé du service de renseignement du MRPGD Allemagne. https://cprd-landes.org/les-landes-dans-la-guerre/la-resistance-dans-les-landes/un-reseau-de-resistance-peu-connu-le-mouvement-de-resistance-des-prisonniers-de-guerre-et-deportes/

La Dépêche du Midi Article sur la reconnaissance de Gerhard Kratzat comme Mort pour la France, indiquant sa présence à Pechbonnieu, son appartenance au MRPGD, son arrestation et son exécution à Lyon. https://www.ladepeche.fr/2023/07/12/cet-allemand-heros-meconnu-de-lest-toulousain-obtient-le-statut-de-mort-pour-la-france-11337994.php

Stolpersteine / Wikimedia Commons / Wikidata Ressources iconographiques et mémorielles relatives au Stolperstein de Gerhard Kratzat à Burg, Allemagne. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Stolperstein_f%C3%BCr_J._Gerhard_Kratzat_(Burg_(Dithmarschen)).jpg

Dossier d’homologation  

Aucun dossier d’homologation SHD nominatif n’a été consulté directement dans les sources accessibles lors de cette recherche. La reconnaissance Mort pour la France est signalée par des sources de presse et associatives comme validée par l’ONACVG le 27 mars 2023, mais la décision administrative elle-même n’a pas été consultée directement.

Observations

Les sources emploient plusieurs noms et pseudonymes : Gerhard Johannes Kratzat, Gérard Kratzat, Jean l’Allemand, Jan et Pierre Vanhaeren. La forme d’état civil retenue est Gerhard Johannes Kratzat.

Le prénom « Gérard » est une francisation de Gerhard. Le nom Pierre Vanhaeren semble relever d’une identité utilisée dans la Résistance ou d’une forme mémorielle associée au MRPGD ; il ne doit pas être retenu comme état civil sans source primaire.

La mention initiale selon laquelle Pierre Vanhaeren aurait survécu à la guerre est contredite par les sources consultées. Les sources concordantes indiquent que Gerhard Kratzat fut arrêté le 10 mars 1944 et exécuté à Lyon le 12 juillet 1944.

Aucune notice individuelle MVR portant précisément le nom Gerhard Kratzat ou Pierre Vanhaeren n’a été retrouvée lors de la vérification préalable. Les mentions MVR ou MRPGD relèvent de notices de réseau ou de contexte.

Chronologie du résistant

DateÉvénement
8 janvier 1909Naissance à Burg, Allemagne
1927Devient marin, selon le Maitron
1931Participation aux luttes syndicales de marins dans les ports de la Baltique
Mars-juillet 1933Internement au camp de concentration de Sonnenburg
1934-1936Activité militante dans les réseaux de marins à Rotterdam et Anvers
1937-1939Activités liées à la guerre d’Espagne et aux Brigades internationales
1942-1943Refuge à Pechbonnieu, Haute-Garonne, France
1943-1944Activité dans le MRPGD, service de renseignement Allemagne
10 mars 1944Arrestation à Paris
12 juillet 1944Exécution à Lyon, Rhône, France
30 juillet 2009Pose d’un Stolperstein à Burg, Allemagne
27 mars 2023Reconnaissance comme Mort pour la France signalée par les sources de presse

Indice de fiabilité Niveau A

La fiche repose sur une notice biographique du Maitron, sur des sources mémorielles allemandes relatives au Stolperstein, sur des articles de presse et associatifs concernant la reconnaissance Mort pour la France, ainsi que sur des sources historiques relatives au MRPGD et à la Résistance étrangère à Toulouse. Les éléments essentiels d’identification, de pseudonymes, d’engagement, d’arrestation et de décès sont confirmés par plusieurs sources concordantes. Les seules réserves portent sur la hiérarchie exacte de ses fonctions dans le MRPGD et sur le statut précis de l’identité Pierre Vanhaeren.

Sources consultées le 5 juin 2026

Le Maitron : notice « KRATZAT Gerhard Johannes. Pseudonyme : Jan ». Information apportée : identité, naissance, activité professionnelle et militante, pseudonyme Jan, exécution à Lyon. https://maitron.fr/kratzat-gerhard-johannes-pseudonyme-jan/

Persée : Michel Goubet, « La résistance étrangère à Toulouse (1940-1944) ». Information apportée : contexte de la Résistance étrangère à Toulouse et rôle des antifascistes étrangers dans la région. https://www.persee.fr/doc/ihtp_1256-5733_1995_num_8_1_1921

CPRD Landes : article « Un réseau de résistance peu connu : le Mouvement de Résistance des Prisonniers de Guerre et Déportés ». Information apportée : Gérard Kratzat, alias Jean l’Allemand, chargé du service de renseignement du MRPGD Allemagne. https://cprd-landes.org/les-landes-dans-la-guerre/la-resistance-dans-les-landes/un-reseau-de-resistance-peu-connu-le-mouvement-de-resistance-des-prisonniers-de-guerre-et-deportes/

La Dépêche du Midi : article du 12 juillet 2023 sur Gerhard Kratzat. Information apportée : naissance en 1909 à Burg, refuge à Pechbonnieu, appartenance au MRPGD, reconnaissance Mort pour la France par l’ONACVG, exécution à Lyon le 12 juillet 1944. https://www.ladepeche.fr/2023/07/12/cet-allemand-heros-meconnu-de-lest-toulousain-obtient-le-statut-de-mort-pour-la-france-11337994.php

La Dépêche du Midi : article du 24 juillet 2023 sur la reconnaissance de Gerhard Kratzat comme Mort pour la France. Information apportée : rôle de la maison Robène, capture, silence sous la torture, appartenance au MRPGD. https://www.ladepeche.fr/2023/07/24/un-resistant-allemand-qui-setait-cache-a-pechbonnieu-reconnu-en-tant-que-mort-pour-la-france-11359585.php

Wikimedia Commons : photographie du Stolperstein de Gerhard Kratzat. Information apportée : existence matérielle du lieu de mémoire. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Stolperstein_f%C3%BCr_J._Gerhard_Kratzat_(Burg_(Dithmarschen)).jpg

Wikidata : entrée « Gerhard Kratzat » et entrée « Stolperstein dedicated to Gerhard Kratzat ». Information apportée : dates, lieu de mémoire, inscription du Stolperstein, exécution à Lyon. https://www.wikidata.org/wiki/Q1511970 ; https://www.wikidata.org/wiki/Q43651318

Fondation de la Résistance : recherche consultée pour le contexte du MRPGD et du réseau Charette. Aucune notice individuelle spécifique Gerhard Kratzat retrouvée dans cette recherche. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : recherche consultée. Aucune notice individuelle spécifique Gerhard Kratzat retrouvée dans cette recherche. https://museedelaresistanceenligne.org/

Ordre de la Libération : recherche consultée. Aucune notice individuelle Gerhard Kratzat retrouvée. https://www.ordredelaliberation.fr/

Mémoire des Hommes : recherche consultée. Aucun dossier individuel directement exploitable retrouvé dans cette recherche. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Base Léonore : recherche consultée. Aucun dossier nominatif certain retrouvé. https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/

Gallica BnF : recherche consultée pour les références imprimées, le Journal officiel et les mentions éventuelles de décorations. Aucun décret de décoration retrouvé dans cette recherche. https://gallica.bnf.fr/

Legifrance : recherche consultée pour les décrets et textes réglementaires. Aucun décret nominatif exploitable retrouvé dans cette recherche. https://www.legifrance.gouv.fr/

Aucune photo retrouvée dans les bases officielles consultées, mais une photographie de Gerhard Kratzat est reproduite dans la presse locale et une photographie de son Stolperstein est disponible sur Wikimedia Commons.

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