Marie Jeanne JUVÉNAL, également enregistrée sous le nom de Marie-Antoinette JUVÉNAL, née FINO, née le 23 juillet 1918 à Demonte, Italie, morte le 1er septembre 2011 à Saint-Mandrier-sur-Mer, Var, France. Française.
Marie Jeanne Fino est née à Demonte, commune italienne du Piémont située dans la province de Coni.
Trois dates de naissance apparaissent dans les documents consultés : le 21, le 23 et le 25 juillet 1918. La date du 23 juillet 1918 est retenue dans cette notice, car elle figure à la fois dans la notice nominative du Service historique de la Défense et dans les données issues du fichier français des décès.
Les sources ne permettent pas de connaître ses parents, son arrivée en France, ses études ni sa formation professionnelle. La carte de la Fédération nationale des déportés et internés de la Résistance communiquée pour cette recherche porte la mention « SP », vraisemblablement « sans profession », mais cette lecture demande confirmation.
Elle épousa Maximin Victor Juvénal, dit Max Juvénal, avocat aixois et futur responsable régional des Mouvements unis de la Résistance. Le Maitron la désigne sous le prénom Antoinette, tandis que le rapport Flora l’enregistre comme Marie Fino et que la carte de la FNDIR porte les prénoms Marie Jeanne.
Ces différentes mentions paraissent concerner une même personne en raison de la concordance du nom de naissance, du lieu de naissance, de l’année de naissance et du lien matrimonial avec Max Juvénal.
Engagement dans la Résistance
L’existence d’un dossier individuel conservé par le Service historique de la Défense dans la série AC 21 P, intitulé « JUVENAL, MARIE-ANTOINETTE / FINO », établit qu’elle a fait l’objet d’une procédure administrative au titre du statut de résistant. La notice publique du SHD indique une naissance le 23 juillet 1918.
La carte FNDIR n° 13.128, délivrée le 25 octobre 1949, la présente sous le nom de Marie Jeanne Juvénal et semble lui attribuer la qualité d’« internée de la Résistance ». Elle porte sa photographie et mentionne Demonte comme lieu de naissance ainsi qu’une adresse comportant « Trois-Moulins » à Aix-en-Provence.
Il convient cependant de distinguer cette carte associative de la carte officielle de déporté ou interné résistant délivrée par l’administration. La photographie communiquée montre une carte de membre de la Fédération nationale des déportés et internés de la Résistance. Elle constitue une preuve de reconnaissance par cette association, mais ne suffit pas, isolément, à démontrer l’attribution du titre administratif officiel.
Une difficulté historiographique subsiste. Dans son carnet rédigé pendant la clandestinité, Max Juvénal affirme que son épouse « ne faisait pas partie de la Résistance ». Cette appréciation, formulée immédiatement après son arrestation, doit être rapprochée de l’existence ultérieure du dossier de statut résistant au SHD et de la carte de la FNDIR. Le dossier individuel, qui n’a pas été consulté matériellement, pourrait seul préciser les actions reconnues après la guerre.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Marie Jeanne Juvénal évoluait dans l’environnement immédiat de la Résistance aixoise en raison des responsabilités de son époux. Max Juvénal était chef de l’Armée secrète d’Aix-en-Provence, puis responsable départemental de Combat et dirigeant régional des Mouvements unis de la Résistance.
Aucune source publique consultée ne permet toutefois d’attribuer formellement Marie Jeanne Juvénal à Combat, à l’Armée secrète ou aux Mouvements unis de la Résistance. Aucun pseudonyme ni aucune fonction clandestine précise n’ont été retrouvés.
Missions et actions
Les sources actuellement accessibles ne permettent pas de préciser les missions qu’elle aurait accomplies. Aucun transport de courrier, hébergement, renseignement, liaison ou autre activité clandestine ne peut lui être attribué avec certitude.
Un document pédagogique publié par l’académie d’Aix-Marseille affirme qu’elle fut torturée et qu’elle ne parla pas, protégeant ainsi son époux et d’autres résistants. Cette information est cohérente avec le contexte de son arrestation, mais elle n’a pas été retrouvée sous cette forme dans une seconde source primaire. Elle doit donc rester présentée comme un témoignage mémoriel nécessitant confirmation.
Arrestation / évasion / déportation
Le 11 mai 1943, des agents de la SIPO-SD de Marseille se présentèrent au domicile des époux Juvénal à Aix-en-Provence. Marie Jeanne Juvénal pressentit le danger et demanda à son mari de ne pas descendre immédiatement. Cette intervention permit à Max Juvénal de s’échapper par une petite porte et de prévenir plusieurs responsables de la Résistance.
Marie Jeanne Juvénal fut alors arrêtée. Dans son carnet, Max Juvénal rapporte qu’elle fut battue puis emmenée par la Gestapo, tandis que leur enfant fut recueilli par une voisine. Elle fut ensuite détenue à Marseille. Le témoignage de Max Juvénal publié par la Fondation Charles de Gaulle constitue ici la source la plus directe.
Le rapport Flora, document interne de la police allemande signé le 17 juillet 1943, l’enregistre comme « Femme JUVENAL née FINO Marie », née à Demonte et domiciliée à Aix-en-Provence. Il la classe parmi les dix-sept personnes relâchées faute de preuves, parfois sous condition.
Le rapport reproduit par Mémoire Vive de la Résistance confirme ainsi son arrestation, mais la transcription comporte plusieurs erreurs ou divergences d’état civil.
Aucune preuve de son transfert hors de France ou de son internement dans un camp de concentration allemand n’a été retrouvée. Le terme « internée » figurant sur sa carte de la FNDIR doit donc être compris comme relatif à sa détention en France, sauf découverte contraire dans son dossier administratif.
Camarades de combat
Aucun camarade de combat ne peut lui être personnellement attribué à partir des sources disponibles. Son arrestation s’inscrit néanmoins dans l’affaire Flora, vaste opération de répression dirigée contre les organisations de la Résistance de la région R2.
Par son époux, elle se trouvait dans l’environnement de résistants tels que Maurice Chevance, Maurice Plantier, Jean Fontenaille, Henri Malacrida, Martin Bret et les responsables aixois de Combat et de l’Armée secrète. Cette proximité ne permet pas de conclure qu’elle travaillait directement avec chacun d’eux.
Retour à la vie civile
Une carte de la FNDIR datée du 25 octobre 1949 montre qu’elle était alors reconnue au sein du monde associatif des déportés et internés de la Résistance. Elle était domiciliée dans le secteur des Trois-Moulins à Aix-en-Provence.
Les sources publiques consultées ne permettent pas de reconstituer précisément sa vie professionnelle, familiale ou associative après la guerre. Les données issues du fichier des décès indiquent qu’une Marie-Jeanne Fino, née en Italie le 23 juillet 1918, est morte le 1er septembre 2011 à Saint-Mandrier-sur-Mer. La concordance avec la date du SHD, l’origine italienne et la commune où mourut également Max Juvénal permet de retenir raisonnablement cette identification, sous réserve de consultation de l’acte de décès.
Décorations
Aucune décoration trouvée dans les bases consultées, cela ne signifie pas cependant que la personnalité n’ait pas reçu de décorations, mais qu’elles n’ont pu être trouvées par les présentes recherches.
La carte FNDIR n° 13.128 n’est pas une décoration. Aucun décret d’attribution de la Médaille de la Résistance française, de la Légion d’honneur ou d’une autre distinction n’a été retrouvé à son nom.
Lieux de mémoire
Aucune rue, plaque, stèle ou autre lieu de mémoire portant personnellement le nom de Marie Jeanne Juvénal n’a été retrouvé.
Son parcours est néanmoins évoqué dans le cadre des actions pédagogiques consacrées à Max Juvénal et à la Résistance aixoise. Sa photographie figure sur la carte de la FNDIR communiquée pour cette recherche.
Références bibliographiques
Témoins de la Résistance en R2, Madeleine Baudouin, thèse de doctorat, Université de Provence, tome II, notamment pages 67 à 118. Cette étude reproduit une traduction du rapport Flora et constitue une source essentielle sur la répression des Mouvements unis de la Résistance dans la région R2.
Histoire des Groupes francs (M.U.R.) des Bouches-du-Rhône, de septembre 1943 à la Libération, Madeleine Baudouin, Presses universitaires de France, collection « Esprit de la Résistance », Paris, 1962. L’ouvrage étudie l’organisation des Groupes francs et les conséquences des arrestations provoquées par l’affaire Flora.
Présumé Jean Moulin (1940-1943), Jacques Baynac, Grasset, Paris, 2007. Cet ouvrage analyse notamment l’affaire Flora, Jean Multon et l’utilisation historiographique des rapports établis par les services allemands.
Jean Moulin, l’unificateur, Henri Michel, Hachette, Paris, 1971. L’ouvrage replace l’affaire Flora dans le démantèlement des structures régionales et nationales de la Résistance.
Midi rouge, ombres et lumières, tome III : Résistance et Occupation (1940-1944), Robert Mencherini, Éditions Syllepse, Paris, 2011. Cette étude fournit le contexte politique, social et résistant de Marseille et des Bouches-du-Rhône sous l’Occupation.
Références internet
Service historique de la Défense — Notice du dossier individuel « JUVENAL, MARIE-ANTOINETTE / FINO », dans la série des dossiers de statut résistant AC 21 P. Elle confirme l’existence d’un dossier nominatif et indique la date de naissance du 23 juillet 1918. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1415566
FranceArchives — Instrument de recherche « Statut résistant – Lettre J (AC 21 P) », signalant le dossier individuel de Marie-Antoinette Juvénal née Fino et sa conservation au Service historique de la Défense. https://francearchives.gouv.fr/findingaid/c9232d28b029a9772847ebc29e90f64bd6de0807
Fondation Charles de Gaulle — « Carnet de route de “Maxence” (Max Juvénal) », présenté par Jean-Marie Guillon. Le texte contient le récit direct de l’arrestation de l’épouse de Max Juvénal le 11 mai 1943. https://www.charles-de-gaulle.org/blog/2024/07/05/carnet-de-route-de-maxence-max-juvenal-par-jean-marie-guillon/
Mémoire Vive de la Résistance — Reproduction du rapport final sur l’affaire Flora. Ce document mentionne Marie Fino, épouse Juvénal, son arrestation et son classement parmi les personnes finalement relâchées. https://mvr.asso.fr/wp-content/uploads/2025/05/Rapport-Final-sur-lenquete-sur-laffaire-FLORA.pdf
Le Maitron — Notice consacrée à Max Juvénal, mentionnant son épouse Antoinette Fino, sa naissance à Demonte et son arrestation par la Gestapo le 11 mai 1943. https://maitron.fr/juvenal-max-juvenal-maximin-victor-juvenal-dit-max/
Dossier d’homologation consulté
La notice descriptive du dossier individuel « JUVENAL, MARIE-ANTOINETTE / FINO », conservé au Service historique de la Défense dans la série AC 21 P, a été retrouvée.
Le contenu matériel du dossier n’est pas accessible dans les résultats publics consultés et n’a donc pas été examiné. La cote individuelle complète n’a pas pu être relevée. Une consultation du dossier au SHD est recommandée afin de déterminer la nature exacte du statut reconnu, les services homologués, les dates d’internement et les témoignages produits.
Observations
La vérification préalable sur le site Mémoire Vive de la Résistance n’a révélé aucune notice individuelle portant précisément le nom de Marie Jeanne ou Marie-Antoinette Juvénal. Le site contient en revanche une notice sur Max Juvénal et une reproduction du rapport Flora dans laquelle son épouse est citée.
Trois dates de naissance divergent :
| Élément biographique | Source 1 | Source 2 | Décision retenue |
| Date de naissance | Rapport Flora et Maitron : 21 juillet 1918 | SHD et fichier des décès : 23 juillet 1918 ; carte FNDIR : 25 juillet 1918 | 23 juillet 1918, sous réserve de l’acte de naissance italien |
| Prénoms | Rapport Flora : Marie ; carte FNDIR et fichier des décès : Marie Jeanne | SHD et Maitron : Marie-Antoinette ou Antoinette | Marie Jeanne, également enregistrée comme Marie-Antoinette |
| Domicile en 1943 | Rapport reproduit par la MVR : lecture incertaine « 86 boulevard Aristide-Briand » | Autre transcription du rapport : 56 boulevard Aristide-Briand | Adresse exacte non retenue |
| Appartenance à la Résistance | Max Juvénal écrit en mai 1943 que son épouse ne faisait pas partie de la Résistance | Dossier de statut résistant au SHD et carte FNDIR n° 13.128 | Statut administratif à préciser par consultation du dossier |
| Traitement après l’arrestation | Max Juvénal : battue et détenue à Marseille | Document pédagogique : torturée et demeurée silencieuse | Les coups et la détention sont retenus ; la torture reste à confirmer |
Chronologie du résistant
| Date | Événement |
| 23 juillet 1918 | Naissance vraisemblable à Demonte, Italie |
| Avant mai 1943 | Mariage avec Maximin Victor Juvénal |
| 11 mai 1943 | Arrestation au domicile familial à Aix-en-Provence |
| 1943 | Détention à Marseille, puis libération faute de preuves selon le rapport Flora |
| 25 octobre 1949 | Délivrance de la carte FNDIR n° 13.128 |
| 1er septembre 2011 | Décès vraisemblable à Saint-Mandrier-sur-Mer, Var, France |
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — fiabilité bonne.
L’identité de Marie Jeanne Juvénal, son lieu de naissance, son arrestation et l’existence d’un dossier de statut résistant sont attestés par des sources institutionnelles ou primaires. La carte FNDIR communiquée constitue également une pièce nominative importante.
Le niveau A ne peut cependant pas être attribué en raison des divergences sur les prénoms et la date de naissance, de l’absence de consultation du dossier individuel du SHD et du manque d’informations vérifiées sur ses éventuelles activités clandestines.
Sources consultées
Service historique de la Défense
Notice du dossier « JUVENAL, MARIE-ANTOINETTE / FINO » :
FranceArchives
Inventaire de la série AC 21 P :
Fondation Charles de Gaulle
Carnet de route de Max Juvénal :
Mémoire Vive de la Résistance
Rapport final sur l’affaire Flora :
https://mvr.asso.fr/wp-content/uploads/2025/05/Rapport-Final-sur-lenquete-sur-laffaire-FLORA.pdf
Notice consacrée à Max Juvénal :
Le Maitron
Notice biographique de Max Juvénal :
Ordre de la Libération :
Fondation de la Résistance :
Musée de la Résistance en ligne :
Mémoire des hommes :
Base Léonore — Légion d’honneur :
Gallica — Bibliothèque nationale de France :
Légifrance :
Wikipédia :

