Tadeusz Witold JEKIEL, dit Thadée JEKIEL, alias « Doctor », né le 7 juin 1912 à Varsovie (Pologne), mort le 9 août 1992 en Floride (États-Unis), polonais.
Jeunesse et formation
Tadeusz Witold Jekiel naquit à Varsovie, fils de Stanisław Jekiel et de Janina Ancerewicz. Il suivit une formation d’officier et d’ingénieur de marine, achevée en 1933 à l’École navale de Toruń, puis poursuivit ses études en France à l’École nationale supérieure du génie maritime, dont il sortit en 1937.
Officier de la marine polonaise, il se trouvait en France pendant la campagne de 1940. Après l’armistice, l’état-major polonais lui confia l’organisation de l’embarquement vers la Grande-Bretagne des militaires polonais souhaitant poursuivre la guerre. Il quitta lui-même la France sur l’un des derniers navires d’évacuation.
Engagement dans la Résistance
En août 1940, l’Amirauté polonaise à Londres lui proposa de retourner en France afin d’y organiser un service clandestin de renseignement maritime travaillant au profit des Alliés. Il revint en France au début de septembre 1940 sous le pseudonyme de « Doctor ».
Jekiel établit son poste de commandement à Nice et recruta principalement des Français refusant l’armistice. Le réseau devait observer les mouvements de navires, les arsenaux, les installations portuaires, les chantiers navals, les défenses côtières et, plus largement, les activités militaires allemandes et italiennes sur le littoral français.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Thadée Jekiel fonda et dirigea le réseau Marine, ensuite incorporé au réseau de renseignement franco-polonais connu sous les noms de réseau F, Interallié puis F2. Cette structure dépendait des autorités polonaises en exil et entretenait des liaisons avec les services britanniques.
Il fut secondé par Léon Śliwiński, alias « Jean-Bol », ainsi que par Władysław Potocki, alias « Calixte ». Claude Horowicz, Toussaint Raffini et Stéphane Fuchs prirent en charge une partie du secteur Marseille–Port-Vendres.
Missions et actions
Dès septembre 1940, Jekiel organisa les premières transmissions clandestines vers Londres. Le réseau établit une surveillance des ports méditerranéens et des mouvements navals, puis étendit ses ramifications à Toulon, Marseille, Bordeaux, Brest, Le Havre, Paris et Lyon.
Outre le renseignement maritime, le dispositif contribua à l’exfiltration de militaires polonais et de volontaires alliés par voie maritime. Les informations recueillies étaient transmises par radio ou par courrier clandestin aux services polonais et britanniques.
En août 1941, Jekiel quitta la métropole pour l’Afrique du Nord, où il devait organiser un réseau comparable. Léon Śliwiński lui succéda à la tête du secteur Marine. Jekiel revint ensuite clandestinement vers la Grande-Bretagne en septembre 1942 par une opération maritime organisée depuis la côte languedocienne.
Arrestation / évasion / déportation
Les sources disponibles mentionnent des risques d’arrestation et des déplacements clandestins, mais ne permettent pas d’établir une détention durable en France métropolitaine.
Dans le cadre de ses activités en Afrique du Nord, son séjour clandestin fut interrompu dans des circonstances que les sources ouvertes décrivent de manière incomplète. Il parvint néanmoins à rejoindre les territoires alliés et survécut à la guerre.
Camarades de combat
Retour à la vie civile
Après la guerre, Tadeusz Jekiel poursuivit une carrière liée à la marine, à l’ingénierie et aux activités industrielles. Il s’installa aux États-Unis en 1961 et y exerça comme cadre d’entreprise. Il mourut en Floride le 9 août 1992, à l’âge de quatre-vingts ans.
Décorations
Les sources ouvertes consultées n’ont pas permis d’établir une liste complète et officiellement vérifiée de ses décorations polonaises, françaises ou britanniques.
Aucune décoration ne peut donc être reproduite avec sa date de décret ou d’attribution sans consultation des dossiers militaires polonais et britanniques.
Lieux de mémoire
Les archives de la marine polonaise et de l’Institut polonais et musée Sikorski à Londres conservent des documents relatifs à Tadeusz Jekiel et à la création du réseau F2.
Le Musée de la Résistance en ligne conserve plusieurs documents et organigrammes relatifs au réseau Marine et identifie Jekiel comme son fondateur.
Références bibliographiques
Léon Śliwiński, Historique du réseau F2, juillet 1974. Ce texte, conservé notamment aux Archives nationales, fournit une reconstitution interne de la fondation du réseau Marine, de son organisation territoriale et de l’action de Thadée Jekiel.
Jean Medrala, La Résistance polonaise en France, Association pour des études sur la Résistance intérieure, 2013. Cette étude documente les structures polonaises de renseignement, la création du réseau F2 et la place prise par les agents français dans son fonctionnement.
Tadeusz Wyrwa, travaux sur la Résistance polonaise en France. Ces recherches replacent F2 dans la politique militaire du gouvernement polonais en exil et dans les relations entre services polonais, britanniques et français.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne. La notice « Thadée Jekiel » et l’organigramme du réseau Marine établissent son pseudonyme, sa fonction de fondateur et l’organisation initiale du réseau.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=20469
https://museedelaresistanceenligne.org/media6193-Organigramme-du-rseau-Marine-en-dcembre-1940
Poles in America Foundation. La notice biographique « Tadeusz Witold Jekiel » fournit sa date et son lieu de naissance, sa formation navale, ses études en France et son installation aux États-Unis.
https://www.poles.org/db/J_names/Jekiel_TW.html
Musée de la Marine polonaise. La revue Nasze Sygnały annonce sa mort en Floride le 9 août 1992 et le présente comme fondateur du réseau F2.
Dossier d’homologation
Aucune cote française certaine du Service historique de la Défense n’a été retrouvée.
Les archives polonaises signalent des dossiers et une notice nécrologique consacrés à Tadeusz Jekiel, mais leur contenu complet n’a pas été consulté.
Observations
Les sources emploient les formes Tadeusz Jekiel, Tadeusz Witold Jekiel et Thadée Jekiel. « Doctor » fut son principal pseudonyme clandestin.
Certaines synthèses anciennes présentent Jekiel comme un simple opérateur radio envoyé par les Britanniques. Les archives et études polonaises le décrivent plus précisément comme un officier de marine chargé d’organiser et de commander le renseignement maritime clandestin.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, la formation, le grade d’officier, la fondation du réseau Marine, le pseudonyme « Doctor » et le parcours après-guerre sont établis par plusieurs sources institutionnelles polonaises et françaises concordantes.
Chronologie
| Date | Événement |
| 7 juin 1912 | Naissance à Varsovie (Pologne). |
| 1933 | Achèvement de la formation d’officier de marine à Toruń. |
| 1937 | Diplôme d’ingénieur du génie maritime obtenu en France. |
| Juin 1940 | Organisation de l’évacuation de militaires polonais vers la Grande-Bretagne. |
| Septembre 1940 | Retour clandestin en France et création du réseau Marine. |
| 1940-1941 | Développement du renseignement maritime sur les côtes françaises. |
| Août 1941 | Départ pour une mission en Afrique du Nord. |
| Septembre 1942 | Exfiltration maritime vers la Grande-Bretagne. |
| 1961 | Installation aux États-Unis. |
| 9 août 1992 | Mort en Floride. |
Sources consultées
Le Musée de la Résistance en ligne, notices consacrées à Thadée Jekiel et au réseau Marine, a fourni les renseignements sur la création du réseau, ses collaborateurs et ses missions.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=20469
https://museedelaresistanceenligne.org/media6193-Organigramme-du-rseau-Marine-en-dcembre-1940
La base Poles in America Foundation, notice « Tadeusz Witold Jekiel », a fourni les éléments d’état civil, de formation et de carrière civile.
https://www.poles.org/db/J_names/Jekiel_TW.html
Le Musée de la Marine polonaise, revue Nasze Sygnały, a confirmé sa mort en Floride le 9 août 1992 et son rôle fondateur dans le réseau.