Georges JAUNEAU, alias Capitaine Jacques, né le 11 février 1913 à Ivry-sur-Seine, Val-de-Marne, France, mort le 14 mai 1990 à Suresnes, Hauts-de-Seine, France.
Après des études scientifiques supérieures, il obtient son diplôme d’ingénieur chimiste. Il s’installe dans le département de l’Oise pour des raisons professionnelles et travaille dans une usine de produits chimiques implantée à Saint-Just-en-Chaussée. Homme de culture et de rigueur technique, il suit avec préoccupation la dégradation du climat international à la fin des années trente mais reste éloigné des structures politiques partisanes avant le début des hostilités.
Engagement dans la Résistance
Au début de l’Occupation allemande, il refuse d’intégrer ses compétences de chimiste dans l’effort de guerre industriel imposé par l’occupant. Dès le premier hiver de la guerre, il cherche à entrer en contact avec des noyaux de résistance locaux. Sa formation scientifique devient un atout précieux pour les groupes clandestins qui cherchent à saboter les installations ferroviaires et industrielles utilisées par l’armée allemande.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Il s’engage au sein du mouvement du Front national de lutte pour l’indépendance de la France. Parallèlement, il intègre l’organisation militaire des Francs-tireurs et partisans français FTPF où il prend des responsabilités opérationnelles directes dans la zone nord de l’Oise.
Missions et actions
Il mène de front une double activité clandestine de commandement militaire et de propagande écrite. Sous le pseudonyme de Capitaine Jacques, il prend la direction du détachement de Francs-tireurs et partisans Jacques-Bonhomme, planifiant et encadrant des déraillements de trains de munitions allemands et des destructions de transformateurs électriques.
En raison de ses capacités de rédaction, il s’impose également comme l’un des principaux rédacteurs du journal clandestin Le Patriote de l’Oise. Il rédige de nombreux articles techniques et politiques visant à saboter la production industrielle et à encourager les ouvriers de la région à la désobéissance.
Arrestation / évasion / déportation
Ses activités militaires finissent par attirer l’attention des services de répression. Il est arrêté le 20 juillet 1944 à Saint-Just-en-Chaussée par la Gestapo au cours d’une souricière. Interné au camp de Compiègne-Royallieu, il subit des interrogatoires brutaux.
Face à l’avance alliée, il est intégré au dernier grand convoi de déportation qui quitte Compiègne le 17 août 1944 à destination du camp de concentration de Buchenwald.
Malgré des conditions de détention extrêmes, il survit à l’internement et est libéré par les troupes américaines au printemps 1945.
Camarades de combat
Il travaille en liaison technique pour la rédaction du journal avec Pierre Auzi et Edmond Léveillé. Sur le terrain militaire, il dirige les FTP du détachement Jacques-Bonhomme et s’appuie sur le réseau de distribution géré clandestinement par Albert Maury.
Retour à la vie civile
Après son rapatriement d’Allemagne en 1945, il suit une longue convalescence pour effacer les séquelles de sa déportation. Il reprend ensuite son activité d’ingénieur chimiste, s’installant en région parisienne. Il s’implique activement dans les associations de mémoire de la déportation, témoignant du système concentrationnaire nazi jusqu’à sa retraite professionnelle et son décès à l’aube des années quatre-vingt-dix.
Décorations
- Médaille de la Résistance française, décret du 14 juin 1946, JO du 11 juillet 1946.
Lieux de mémoire
- Son nom figure sur les registres matricules des déportés du camp de Buchenwald conservés par les associations mémorielles internationales.
Références bibliographiques
Les cahiers du camp de Buchenwald Étude historique incluant les listes nominatives et les témoignages des déportés scientifiques survivants des convois de l’été 1944.
La presse clandestine de la zone Nord Ouvrage de synthèse répertoriant les rédacteurs et les lieux d’impression des publications liées au Front national.
Références internet
Le Maitron Notice biographique contenant les éléments essentiels sur sa profession d’ingénieur, son activité dans les FTP et son parcours de déportation. https://maitron.fr
Mémoire des Hommes Base des déportés-résistants du ministère des Armées, confirmant son internement à Buchenwald et la validation de ses services de guerre. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Dossier d’homologation consulté
- Service historique de la Défense, Vincennes : Dossier individuel de résistant et de déporté au nom de Georges Jauneau, cote de référence GR 16 P 308892.
Observations
Aucune divergence d’état civil n’est relevée. Son lieu de naissance et son parcours concentrationnaire sont confirmés de manière concordante par les archives du SHD et de la déportation.
Indice de fiabilité : Niveau B — fiabilité bonne
Ce profil est attesté par une notice biographique au dictionnaire d’histoire sociale Le Maitron et dispose d’une fiche d’homologation officielle dans les archives du Service historique de la Défense au titre de la déportation.
Chronologie du résistant
| Date | Événement |
| 11 février 1913 | Naissance à Ivry-sur-Seine, Val-de-Marne, France. |
| mars 1942 | Intégration régulière à l’équipe de rédaction du Patriote de l’Oise. |
| 20 juillet 1944 | Arrestation par les services de la Gestapo à Saint-Just-en-Chaussée, Oise, France. |
| 17 août 1944 | Départ en déportation depuis le camp de Compiègne vers l’Allemagne. |
| 14 mai 1990 | Décès à Suresnes, Hauts-de-Seine, France. |
Sources consultées le 24 mai 2026
- Le Maitron : Notice consultée en ligne pour l’analyse de son action technique et de son engagement de rédacteur. https://maitron.fr
- Mémoire des Hommes : Base des déportés de la Seconde Guerre mondiale pour la confirmation de son parcours en Allemagne. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
- Légifrance : Vérification du décret d’attribution de sa décoration dans les archives du Journal officiel de la République française. https://www.legifrance.gouv.fr
- Mémoire Vive de la Résistance : Recherche sur mvr.asso.fr. Aucune fiche individuelle portant le nom de Georges Jauneau n’est répertoriée, ce qui autorise la diffusion de cette présente notice. https://mvr.asso.fr