La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

JABOULAY henri

Henri Jaboulay, né le 5 août 1897 à Izieux (Loire), France, mort le 11 juin 1977 à Johannesburg, Afrique du Sud.

Henri Jaboulay naît dans une famille d’industriels de la région stéphanoise. Après ses études secondaires, il suit une formation technique à l’école professionnelle de Saint-Chamond.

La Première Guerre mondiale interrompt sa formation. Mobilisé en 1915, il suit l’instruction d’officier à Saint-Maixent puis demande son affectation dans l’aviation. Il devient observateur aérien en 1916 dans l’escadrille 19. Au cours d’une mission, il abat à la mitrailleuse un avion allemand, ce qui lui vaut une citation et l’attribution de la Croix de guerre. Il termine la guerre avec le grade de sous-lieutenant.

Après la guerre, il s’oriente vers l’industrie textile. Il dirige plusieurs entreprises avant d’intégrer le Comptoir des Textiles Artificiels, où il occupe des fonctions de direction.

Lieutenant de réserve dans l’Armée de l’air, il est mobilisé en septembre 1939. Il est affecté à une compagnie de transport de munitions et envoyé brièvement en Afrique du Nord avant l’armistice de juin 1940. Après la défaite française, il est démobilisé et reprend ses activités civiles.

Après l’armistice de 1940 et l’installation du régime de Vichy, Henri Jaboulay refuse la politique de collaboration économique avec l’Allemagne. Industriel dans le secteur textile, il cherche notamment à limiter la production destinée à l’économie de guerre allemande et apporte une aide ponctuelle à des personnes recherchées.

À partir de 1942, il abandonne progressivement ses activités professionnelles pour se consacrer entièrement à l’action clandestine. Il rejoint le mouvement Combat, fondé par Henri Frenay, et s’intègre à la Résistance organisée dans la région lyonnaise, notamment au sein des Mouvements unis de Résistance (MUR).

Dans ce cadre, il reçoit une mission importante : organiser les maquis dans la région R1 (région lyonnaise), qui regroupe alors onze départements. Sous l’autorité de Michel Brault, responsable national du service des maquis, Henri Jaboulay participe à la mise en place d’une structure territoriale clandestine destinée à coordonner l’implantation des groupes armés.

Ses activités comprennent notamment :

  • la désignation de chefs départementaux et sous-régionaux des maquis,
  • l’organisation et l’inspection des camps de maquis,
  • la mise en place de filières permettant l’acheminement des volontaires vers les zones de maquis,
  • la coordination logistique entre les différents groupes armés.

Il contribue ainsi au développement et au ravitaillement de plusieurs maquis importants du sud-est de la France, notamment ceux de :

  • l’Ain,
  • la Savoie et la Haute-Savoie,
  • la région du Grésivaudan,
  • le massif du Vercors.

Ces activités font de lui l’un des organisateurs essentiels de la structuration des maquis dans la région lyonnaise.

Henri Jaboulay participe également à plusieurs actions de propagande clandestine destinées à affirmer la présence et la capacité d’action de la Résistance. Il contribue notamment à l’organisation du défilé des maquisards à Oyonnax le 11 novembre 1943, manifestation symbolique au cours de laquelle les résistants déposent une gerbe portant l’inscription :« Les vainqueurs de demain à ceux de 14-18 ».

Cette opération, largement relayée par la propagande de la Résistance, constitue une démonstration publique de la vitalité des maquis.

Il participe également à une opération de propagande clandestine menée à Lyon le 31 décembre 1943, consistant à diffuser dans les kiosques un faux numéro du journal collaborationniste Le Nouvelliste, tiré à environ 25 000 exemplaires et contenant des articles favorables à la Résistance.

Au début de l’année 1944, lors de la mise en place des Forces françaises de l’intérieur (FFI), Henri Jaboulay est nommé sous-chef d’état-major régional chargé du 4e bureau, responsable notamment des questions d’organisation et de logistique.

Après le débarquement allié du 6 juin 1944, il reçoit la mission d’organiser et de coordonner l’action des maquis dans les départements de l’Ain, du Jura et de la Saône-et-Loire. Installé dans les maquis de l’Ain, il se déplace fréquemment pour structurer les unités locales, organiser les sabotages et préparer les opérations destinées à perturber les communications allemandes.

Arrestation / évasion / déportation

Les sources consultées indiquent que Henri Jaboulay mène ses activités clandestines jusqu’à la Libération de la région lyonnaise en 1944.

Au cours de l’été 1944, les forces allemandes lancent plusieurs opérations contre les maquis de l’Ain. Lors de ces combats, Henri Jaboulay participe à la coordination des unités résistantes et parvient notamment à organiser la retraite et l’évacuation de plusieurs groupes encerclés.

Il échappe aux opérations de répression menées contre les maquis et poursuit son engagement jusqu’à la Libération.

Camarades de combat

Dans ses activités résistantes, Henri Jaboulay travaille en lien avec plusieurs responsables de la Résistance régionale et nationale, notamment :

  • Henri Frenay, fondateur du mouvement Combat ;
  • Henri Romans-Petit, chef des maquis de l’Ain ;
  • Michel Brault, responsable national du service des maquis au sein des MUR.

Il agit également en coordination avec les responsables militaires de la Résistance de la région R1 et avec l’état-major des FFI.

Retour à la vie civile

Après la Libération, Henri Jaboulay rejoint l’état-major militaire régional placé sous l’autorité du général Descours.

Il participe ensuite à la direction d’une école d’officiers FFI de l’Armée de l’air installée au château de Monfrin dans le Gard.

Après la guerre, il quitte la France et s’installe en Afrique du Sud, où il dirige plusieurs sociétés industrielles et commerciales. Il exerce également les fonctions de conseiller du commerce extérieur de la France.

Décorations

  • Commandeur de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération – décret du 26 septembre 1945
  • Croix de Guerre 14/18
  • Croix de Guerre 39/45
  • Médaille de la Victoire (Interalliée)
  • Médaille Commémorative de la Grande Guerre

Source ordre de la libération

Il meurt le 11 juin 1977 à Johannesburg.

Lieux de mémoire

Le nom d’Henri Jaboulay figure parmi les Compagnons de la Libération, distinction créée par le général Charles de Gaulle pour honorer les personnes ayant joué un rôle éminent dans la libération de la France.

Références bibliographiques

Dictionnaire historique de la Résistance. Ouvrage collectif de référence consacré à l’histoire de la Résistance française. Il contient des notices sur les principaux événements et acteurs de la Résistance, notamment les responsables de l’organisation des maquis dans la région lyonnaise.

Références internet

Ordre de la Libération. Site officiel présentant la notice biographique complète des Compagnons de la Libération. https://www.ordredelaliberation.fr

Musée de la Résistance en ligne. Base historique contenant des fiches biographiques de résistants et des notices sur les réseaux et mouvements de la Résistance. https://www.museedelaresistanceenligne.org

Maitron – Fusillés 1940-1944. Base historique spécialisée consacrée aux résistants exécutés pendant l’Occupation. https://fusilles-40-44.maitron.fr

Dossier d’homologation consulté

Les bases consultées lors de cette recherche ne permettent pas d’identifier la cote précise d’un dossier d’homologation conservé au Service historique de la Défense.

Observations

Les informations biographiques relatives à Henri Jaboulay sont principalement connues grâce à la notice publiée par l’Ordre de la Libération. Cette source permet de documenter de manière relativement précise son rôle dans l’organisation des maquis et dans la structuration des Forces françaises de l’intérieur dans la région lyonnaise.

Sources consultées le 13 mars 2026

Ordre de la Libération — notice « Henri Jaboulay ».
Musée de la Résistance en ligne — base biographique.
Maitron – Fusillés 1940-1944 — base de données prosopographique sur la Résistance.

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